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Bernard Arnault c’est surtout des scandales fiscaux, certainement ce « talent insensé » dont nous parle Emmanuel Macron. En juin 2024, nous apprenions dans un article du journal Le Monde que : «aujourd’hui, les milliardaires ne paient quasiment pas d’impôts, parce qu’une grande partie de leurs revenus provient du capital (comme les dividendes) et sont moins imposés, voire quasi pas, grâce aux diverses techniques d’optimisation qu’ils déploient. L’Observatoire européen de la fiscalité estime ainsi de 0 % à 0,5 % l’impôt sur le patrimoine qu’ils versent. Tous impôts confondus, ils sont donc moins imposés que les classes moyennes.»
PARADISE PAPERS OU LA "PUDEUR EXTREME" DE DEVENIR PROPRIÉTAIRE
En 2017, les "Paradise Papers" ont révélé des montages offshores utilisés par Bernard Arnault pour détenir des biens privés. L’exemple avec son yatch « Le Symphony » est révélateur. C’est un bateau de 101 mètres de long estimé à plus de 130 millions d’euros et acheté neuf en 2015. Le navire, détenu par une société maltaise Sonata Yachting Limited. « Une exploitation astucieuse de la législation permet de ne payer que 5,4% de TVA sur le montant du bateau au lieu du taux légal de 20%. » Le yacht est loué à Bernard Arnault et n'étant pas propriétaire du Symphony, le milliardaire n'avait pas à le déclarer en France au titre de l'impôt de la solidarité sur la fortune.
OPENLUX : LE FAMEUX "PATRIOTISME" EXILÉ DANS DES PARADIS FISCAUX
27% des filiales de LVMH se situent dans des paradis fiscaux, le plus fort taux du CAC 40. Cela représente 305 filiales dans des territoires considérés comme des paradis fiscaux et judiciaires. Le scandale OpenLux a ainsi montré que LVMH détient 24 filiales au Luxembourg, la 2e entreprise française la plus présente après BNP. Bernard Arnault possède aussi 31 sociétés au Luxembourg (en plus des 24 filiales de LVMH dans ce paradis fiscal). « Sur les trente et une holdings identifiées par Le Monde, à peine trois ont une activité identifiable. Quelques 634 millions d’euros de participations ne sont pas traçables à partir des comptes de ses sociétés ».
LA COUR DES COMPTES ÉPINGLE LE "TALENT INSENSÉ" DE BERNARD
En mai 2017, Marianne révélé que le chantier de la fondation Louis Vuitton avait atteint 790 millions d’euros. Très loin des 100 millions d’euros qui figuraient dans la convention signée avec la Mairie de Paris en 2006 autorisant LVMH à s’implanter au Bois de Boulogne. « LVMH a fait un usage intensif de la loi Aillagon de 2003 sur le mécénat fiscal, qui permet aux entreprises de déduire de leur impôt sur les sociétés (IS) 60% des dons effectués à une fondation ». « Le groupe de luxe a largement contribué à la dérive générale de ce dispositif, qui coûte désormais au contribuable plus de 900 millions par an, contre dix fois moins en 2004». En utilisant la fondation Louis Vuitton comme un outil d’optimisation fiscale, Bernard Arnault et LVMH ont économisé 518 millions d’euros d’impôts.
INGÉRENCE DANS LA VIE LA POLITIQUE : UNE SENSIBILITÉ POUR LE DÉNI DE DÉMOCRATIE
Bernard Arnault semble intouchable. Et pour cause ! Il faut savoir qu’il est ami avec le Président de la République. Dans la presse, l’entourage du président explique qu’il existe entre les deux hommes «une filiation intellectuelle, culturelle, un “crush” humain». Et ce crush n’hésite pas à s’ingérer dans les décisions politiques françaises quitte à pousser le Président à ne pas respecter le résultat d’une élection législative : «Il faut à tout prix éviter un Premier ministre de gauche !». Une exigence formulée par le multimilliardaire auprès d’Emmanuel Macron et de Nicolas Sarkozy durant l’été 2024. Cette amitié avec les hautes sphères du pouvoir lui a aussi permis de demander la classification « secret-défense » de son dossier fiscal personnel après l’élection du député La France insoumise Éric Coquerel à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Pas serein le Bernard. La Direction générale des finances publiques (DGFIP) a finalement rappelé que « les demandes de classification ne peuvent pas concerner des personnes physiques ». Raté Bernard !
Et ne soyez pas choqués par la photo illustrant cet article, ceci n’est pas un doigt d’honneur mais mon cœur que j’envoie à Bernard, le patriote exilé fiscal.