De bœufs carottes à gras-double ; l'IGPN se saborde !

L'IGPN a-t-elle encore les moyens ou la volonté de mener des enquêtes impartiales. À écouter Édouard Philippe, je crains que non.

De bœufs carottes à gras-double ; l'IGPN se saborde !

 

Édouard Philippe reconnaît la justesse de l'enquête de l'IGPN sur la mort de Steve. Comment pouvait-il en être autrement ? Le gouvernement sert donc les rangs au mépris de la plus élémentaire prudence vis à vis d'une mort qui soulève dans la France entière, mais aussi partout en Europe, un vent d'indignation. Mais le plus critiquable dans cette affaire reste cette enquête sur laquelle s'appuie le Premier Sinistre où la police est tout à la fois juge et partie. Il fut un temps où porter l'uniforme vous garantissait respect et honneur auprès d''une grande partie de la population. Il y a eut l'intermède du Bataclan où nous nous prîmes à rêver d'une police républicaine, droite, honnête et surtout respectueuse des libertés individuelles. Cet intermède est depuis bien longtemps qu'un lointain souvenir. Les bavures se sont accumulées, crise des Gilets Jaunes oblige. Le plus grave pour la police reste son incapacité à reconnaître ses torts. Le plus grave reste aussi la protection que lui accorde l'état qui n'a rien à gagner à défendre l'indéfendable mais qui le fait comme le ferait n'importe quel régime autoritaire et arbitraire tel le régime de Poutine en Russie.

 

Serge Moati avait, il y a fort longtemps, fait un reportage dans une école de police. On apprenait alors aux jeunes recrus la difficulté du métier sans oublier de leur répéter que tout manquement à la loi les condamneraient davantage qu'un simple citoyen. Et pour ce faire, il y avait comme gardien du temple, l'IGPN qui protégeait l'institution des ripoux. Ce temps là aussi est révolu. Le peuple ne fait plus confiance aux bœufs carottes longtemps craints devenus en quelques années les « gras-double » de la police, des copains plus promptes à masquer les bavures que de les dénoncer. Voilà pourquoi, il est nécessaire qu'une enquête impartiale soit menée, soit par un juge d'instruction indépendant du parquet, soit par le parlement. Cumuler juge et parlement seraient un plus.

Mais le gouvernement a peur pour des raisons obscures de perdre son maillon faible, le talentueux joueur de poker et ancienne relation du milieu marseillais, le prétendu Castaner. Il n'est pas à la hauteur de sa tâche, cela ne fait plus aucun doute pour nombre de journalistes et de commentateurs politiques. Cette incompétence chez lui confère à de la bêtise caractérisée. Il n'a ni la carrure, ni le charisme, ni le talent encore moins la probité pour rester le premier flic de France. Qu'il prenne donc une fonction de croupier au sein d'un tripot, cela lui irait tellement mieux de bosser avec ses ex-amis...

 

Les « Gras-double » seraient donc mieux avisés à mener des enquêtes sérieuses et dans ce cas à confier aux magistrats les flics ripoux plus enclin à jouer de la matraques et du LBD qu'à rassurer la veuve et l'orphelin. Ceux-là n'ont aucune place au sein d'une institution régalienne censée sécuriser plutôt que terroriser. En auront-ils le courage ? J'en doute. Il fut un temps où seuls les quartiers se méfiaient de la police. En 2019, une plus grande partie de la France ne fait plus confiance à ces gardiens de la paix qui voient en eux non des héros républicains de notre protection quotidienne mais des membre d'une milice d'état aux ordres de Jupiter. Cela devrait inquiéter leur hiérarchie car si cela continue, la cocotte-minute va finir par exploser causant un peu partout des dommages irréparables. Pour parfaire le paysage signalons aussi que d'autres pays européens considèrent désormais la police française comme l'une des forces de l'ordre les plus violentes du continent ce que confirme le rapport de l'ONU. Depuis la Place Rouge, Poutine doit bien se marrer en écoutant les critiques moralisatrices de Jupiter. C'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité ou bien le pékinois du Touquet qui fait la morale au tsarévitch Poutine. Une bouffonnerie de plus à mettre au compteur de l'arrogant...

 

Qu'est-ce qui pourrait un jour redonner à ce service ses lettres de noblesse ? Il y a une solution envisageable qui serait d'y nommer comme directeur général une personnalité au-dessus de tout soupçon. Cet homme on le connaît tous. Issu des rangs de la police, il l'honore à bien des titres notamment par sa probité, son engagement, son franc-parler et d'autres qualités dont seuls sont capables les honnêtes gens... Mais il n'est jamais bon de jouer les Éliot Ness lorsque le système devient opaque, arbitraire et dirigé par des personnes imbus de leurs prérogatives confondant autorité et autoritarisme. Alexandre Langlois, secrétaire du syndicat Vigie Police et mis à pied par Castaner, serait donc cet incorruptible mais il faire peur au pouvoir par sa rigueur digne des anciens directeurs de l'IGPN. En effet, je ne doute pas que d'anciens membres des « bœufs carottes » doivent éprouver un sentiment d'amertume voire plus en constatant dans quel état se trouve dorénavant ce service.

 

Les forces de l'ordre doivent dès à présent se ressaisir et évaluer avec lucidité leurs actes intolérables pour ne plus jouer les supplétifs d'un pouvoir aux aboies qui tôt ou tard tombera et entraînera dans sa chute des gens comme Nunès ou Lallemand. Ces deux personnes ont à l'égard du peuple aucune bienveillance particulière préférant l'obstination servile à la compassion. « Bœufs carottes » retrouvés donc votre fonction première qui est de protéger la société des galeux et des pervers, non de lui mentir par lâcheté ou complaisance. Si vous ne faites rien, tôt ou tard vous risquez à votre tour d'être marginalisés, voir haïs comme l'a été en son temps la Stasi de l'ex-RDA ou la police de Pétain. À vous de choisir votre camp entre l'honneur de votre pays ou le déshonneur avec Macron. Marianne restera dans nos cœurs tandis que le pékinois du Touquet disparaîtra dans les limbes de l'histoire.

 

Spartacus 2022

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.