Blacks blocs ou casseurs : les infiltrés.

Ce qui dérange en premier lieu chez les BB c'est leur moyen de lutte contraire à une morale qui, sans être bourgeoise, est empreinte d'une respectable éducation chrétienne dans laquelle nous baignons depuis notre enfance. Ils nous dérangent car ils parlent autant à nos émotions qu'à notre conscience.

Blacks blocs ou casseurs : les infiltrés.

 

Comment ne pas comprendre cette interrogation de citoyens ordinaires concernant les violences commises par les blacks blocs. Ils font peur. Néanmoins, il est bon de rappeler que toutes les violences dont le peuple est accusé par le pouvoir ou les médias, sont avant tout l'expression de violences exercées par ce même pouvoir contre le peuple ; violences sociales, politiques, syndicales, économiques, judiciaires... Max Weber en son temps en avait décrit les mécanismes.

Les scènes vues et largement commentées de ces actes montrant des blacks blocs déchaînés saccageant les symboles du capitalisme sont donc les actes ultimes et visibles d'un rejet d'une certaine idée du monde que veulent nous imposer nos dirigeants. Ces violences ressemblent à s'y méprendre à des poussées de furoncles ou de bubons sur le corps d'un agonisant atteint d'une maladie incurable. Notre société est malade, sclérosée, moribonde. Ces abcès sont pour ma part, si ce n'est nécessaire tout au moins indispensable à l'expression de ce malaise sociale. Ils sont d'autant plus indispensables que le pouvoir reste sourd et aveugle à apporter des solutions réelles à part quelques beaux discours et des mesurettes censées calmer le peuple. Je dirais l'endormir à la manière jupitérienne ce qui se traduit par « parler pour ne rien dire ». Non, le mal doit être expurgé. Comment ? Là est toute la question et aussi le dilemme pour beaucoup.

Maintenant revenons au blacks blocs. Ceux-ci sont visibles dans nombre de pays européens. Ils ont manifesté leur présence à presque toutes les rencontres internationales G7, G8, G20 ou Davos réunissant les décideurs de ce monde ; chefs d'état ou chefs d'entreprise. Il est certain que si des troubles ont éclaté lors de ces colloques ou conférences, ils ont opposé ces blacks blocs aux forces de l'ordre défendant non le peuple mais ces élites qui pensent détenir la Vérité sur l'avenir du monde. Ceci est indéniable comme il est indéniable que leur engagement est un engagement politique au sens large du terme. C'est à ce titre qu'ils ont accompagné le mouvement des GJ pour le meilleur ou pour le pire, diront certains. Je n'en disconviens pas. Ce sont pour la plupart des jeunes assez motivés, engagés, décidés comme nous pouvions l'être à vingt ans et non des jeunes décérébrés, incultes et arriérés. L'âge, l'expérience ou la fatigue nous ont conduit nous les plus âgés à d'autres méthodes de luttes. Sont-elles plus ou moins efficaces ? Je n'en sais rien. Je ne fais pas l'apologie de la violence, loin de moi cette idée. Je tente simplement de dire que les BB, à ne pas confondre avec les casseurs, ne sont pas sans idéologie ou conscience, ce que voudraient nous faire croire certains médias. Au contraire, leurs opinions sont construites, établies, pensées, réfléchies. Ce qui dérange en premier lieu c'est leur moyen de lutte violent contraire à une morale qui, sans être bourgeoise, est empreinte d'une respectable éducation chrétienne dans laquelle nous baignons depuis notre enfance. Ils nous dérangent en effet car ils parlent autant à nos émotions qu'à notre conscience. Si nous étions des apaches ou des comanches luttant pour notre liberté contre les yankees, notre vision de la violence serait bien différente. Nous prendrions les armes... Aujourd'hui les indiens sont parqués et nous les GJ sommes matraqués. Ainsi l'état utilise notre affect social de la peur pour nous désigner les BB comme seuls responsables en passant sous silence son rôle dans la violence sociale dont il est lui l'unique responsable et cela depuis bien plus longtemps.

L'autre problème soulevé est leur noyautage par des éléments extérieurs ; soient des infiltrés issus des forces de l'ordre, soient des casseurs venus par opportunisme profiter de magasins éventrés. Je le répète, les BB eux, ne tirent aucun bénéfice matériel de leurs actions. Le pouvoir politique a joué ensuite sur deux tableaux, d'une part ne pas intervenir quand cela était nécessaire en laissant les pilleurs s'activer, d'autre part inciter les casseurs et les infiltrés à encore plus de vandalisme et de pillage. Il est certain qu'aussi bien les infiltrés de la police que les casseurs ont été particulièrement redoutables pour discréditer le mouvement social. Les médias proches du gouvernement ont fini le travail de sape auprès de la population française en diffusant en boucle les mêmes images de manière intentionnelle. Pour ma part je n'ai jamais vu de violence à Vannes, à Auray, à Pontivy ou à Ploermel, ni dans d'autres petites villes de France. Cela s'est donc produit dans des métropoles régionales où les télévisions pouvaient parfaitement relayer ces images. Par contre, je connais personnellement des dizaines de GJ ayant subi la violence policière sans aucune raison valable et qui n'étaient pas BB. Je connais aussi les noms de Zineb, de Steeve et de nombreux éborgnés, amputés, blessés, gazés, matraqués sans que cela n'émeuve les consciences citoyennes de nos élus, de nos parents, de nos amis, de nos collègues. Pourquoi cette violence policière gratuite ? Simplement pour intimider les GJ de venir manifester. C'est ce que l'on peut qualifier de répression silencieuse dans le meilleur des cas ou de premier pas vers le totalitarisme. Il faut être assez naïf pour ne pas voir le jeu du gouvernement qui manipule donc la peur, l'intimidation, la sanction et la condamnation pour effacer du paysage social français toute contestation de sa politique contraire à sa caste. Comme supplétif, l'état utilise les relais médiatiques qui lui sont favorables. Présenter les blacks blocs comme violents, sauvages, cruels, féroces, participe à ce dénigrement incessant. Aujourd'hui, ils représentent les démons ou les pestiférés de la société, prenez garde demain qu'à votre tour vous ne soyez pas le maudit. Le nettoyage social commence donc toujours par les plus combatifs, il finit en général par emporter les plus mous, les plus fragiles. Rentrez dans le rang et soyez des moutons si vous le souhaitez, pour ma part je continuerai la lutte sans condamner systématiquement les BB.

La confusion qu'entretient le gouvernement via les médias devrait nous inciter à beaucoup de prudence, à beaucoup de réflexion. Jupiter, Bolloré, Vinci et compagnie sont les véritables fossoyeurs de notre modèle social, pire, de notre communauté humaine. Lentement, ils grignotent les avantages acquis par les générations passées sans proposer un autre modèle économique viable. Hier Gréta Thunberg était fréquentable, aujourd'hui par son discours du haut de la tribune de l'ONU, elle s'apparente pour Jupiter et sa clique ni plus ni moins à une jeune BB en jupon qui s'oppose aux ultra-riches. Elle est devenue ce qui est assez surprenant une nouvelle Louise Michelle 2.0 et ce malgré son jeune âge. Voilà comment se défend la caste des milliardaires du CAC40 ou du Dow Jones ; si tu n'es pas avec eux, tu es contre eux. Que tu sois GJ, Greta Thunberg ou BB n'y change rien. Alors n'oublie jamais, avec ou sans pavé, tu resteras toujours pour eux un ennemi de classe et surtout de profits. Le seul moyen qu'ils ont pour garder leurs profits est de nous diviser en nous désignant un ou des coupables. Restons donc tous unis dans la lutte pour un monde meilleur.

 

Spartacus 2022

 

 

 

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