Femmes de président, certes mais non élues... Brigitte l'assistée...

Les premières dames ont-elles droit à des régimes de faveurs ? Et quand est-il par le passé ?

Femmes de président, certes mais non élues... Brigitte l'assistée...

 

Le nouveau monde, c'est l'Amérique pour certains. Pour d'autres, c'est bousculer les anciennes habitudes pour de nouvelles plus respectueuses de la démocratie et du peuple. L'idée est bonne mais regardons de plus près les actes car il y a souvent un fossé entre les deux si ce n'est un océan de compromissions et de mensonges.

 

Tante Yvonne, la femme du Grand Charles, ne profitait d'aucun avantage spécifique comme tout le reste de sa famille. En effet, lorsque le Général invitait ses petits-enfants, c'est sur ses deniers personnels que ceux-ci étaient nourris. Preuve s'il en est que l'ancien monde avait du bon. Tante Yvonne était une personne discrète, simple et ne faisait pas la une des journaux pour exposer en long et en large sa vie et sa trombine. Non, cela aurait été considéré comme malséant, révoltant et inconvenant. Une autre époque en sorte.

Madame Pompidou, c'était autre chose. Elle appréciait l'art et la culture et fréquentait les cercles dit avant-gardistes dont la jet-set de Saint-Tropez. Elle apporta à son mari une ouverture intellectuelle sur un univers qu'il ignorait, lui le parfait banquier de chez Rothschild. Cette vie mondaine leur fut un temps reprochée cependant femme libre, elle n'avait nullement besoin des lustres élyséens pour exister. Elle était simplement l'égale de son époux de président.

Giscard, le grand aristocrate d'Auvergne, considérait les femmes sur le plan public plutôt comme des potiches. Dans la sphère privée, il affectionnait, dit-on, les femmes libérées. Mme Giscard était à l'opposée de celles-ci. Présente auprès de lui dans les voyages officiels, elle rappelait le rôle symbolique dévolu à l'épouse du chef de l'état, celui de première dame sans que ce rôle lui apporte de négligeables avantages. C'était pour l'accordéoniste du dimanche sa touche paternaliste. Elle n'a par ailleurs jamais fait scandale, du genre effacée et comme tante Yvonne discrète vis à vis de son rôle de première dame.

Avec Mme Mitterrand, nous entrons dans un autre espace. Danielle avait des idées, des convictions, des combats, des relations parfois discutables, et bien sûr, le faisait savoir. Sa vie ne se passait donc pas uniquement dans des réceptions mondaines même si elle savait en tirer profit. Ainsi sa vie de femme et de militante était bien remplie, captivante et non-inféodée à son mari qui de son côté menait une double vie sentimentale.

Le couple Chirac, car il faut parler de couple chez eux malgré les aventures supposées de Monsieur, semblait uni, dévoué l'un à l'autre et évitait tant que peu les grands déballages médiatiques. Les deux sphères, publique et privée ne se mélangeaient pas et c'est tout à leur honneur malgré quelques arrangements avec la loi d'où certains ennuis judiciaires pour Monsieur. Mais c'est un tout autre débat.

Sarko... Sarko... déballage... « Si tu reviens, j'annule tout ». Tout a été dit ou presque. C'est le mélange des genres, le grand n'importe quoi. Tout à la fois « Le Boléro » et « La grande vadrouille », la « La Traviata » et « Le gendarme se marie »... Amour sur papier glacé et désespoir sur coups de téléphone. À éviter à tout prix qui veut ne pas être ridicule un jour et ce pour le restant de sa vie.

Hollande et ses Maîtresses femmes car dans son cas, c'est à se demander qui porte la culotte. Avons-nous affaire à un preux chevalier sur son scooter ou à un pleutre annonçant une séparation tant attendue ? Ce n'est pas un homme à femme, en tout cas pas l'homme d'une seule femme. Mais il n'a jamais tenté de faire profiter de sa situation élyséenne sa compagne, que cela lui soit mis à son crédit. Je l'en remercie.

 

Maintenant le nouveau monde... Que doit se dire Tante Yvonne depuis là-haut ? « Ah oui, ce nouveau monde est bien différent du mieux. Moins vertueux». Et Mme Pompidou d'ajouter « Plus tape à l’œil et superficiel que le mien ». Tante Yvonne a aussi beaucoup de difficultés à comprendre pourquoi une professeure s'est amourachée d'un adolescent. « C'est le nouveau monde. » tente de lui expliquer en vain Georges Pompidou. Quant à Danielle, elle voudrait connaître les causes humanitaires que Brigitte a défendues avant d'être la femme du président car il est plus facile de se mettre en avant en utilisant la notoriété du Palais que de le faire dans un strict anonymat. Et puis pourquoi toutes ces unes de magasines ? Pourquoi tout cet argent pour son secrétariat alors que la misère ne recule pas, bien au contraire ? Pourquoi avoir changé la moquette ? demande de nouveau Tante Yvonne. Et pourquoi cette vaisselle ? renchérit le femme de Georges. Pourquoi tout ce faste, toutes ces dépenses, tout ce clinquant. Ceci est insupportable dans une époque où l'on demande au peuple de se serrer la ceinture. « Ceci est une honte à la misère » claironne le Grand Charles. Et tous ces frais supposés ou réels de coiffure, de maquillage, de tralala pour quelques photos les plupart retouchées pour éviter deux ou trois rides, là une mèche blanche... Ah vieillesse ennemie, n'ai-je donc tant vécu pour cette infamie... Non Brigitte, une mèche blanche n'est pas une infamie, juste le temps qui passe. L'infamie réside dans ces privilèges que s'octroient ces gens s'imaginant à tort au-dessus du peuple. Ils ne sont plus le peuple tellement ils se sont éloignés, déconnectés, déphasés, fous de leur image et asservis par leur aveuglement de puissance. Ceci est d'autant plus vrai que l'élection présidentielle voit la nomination d'une personne aux fonctions suprêmes et non son conjoint ou sa conjointe. Que le conjoint ou la conjointe en retire des bénéfices substantiels est dès lors contraire à la morale républicaine pour s'apparenter davantage au népotisme. Le peuple n'est pas là pour satisfaire les envies de nos dirigeants. Ce qui est vrai pour les parlementaires, c'est à dire l'impossibilité d'employer réellement ou fictivement un ou des membres de leur famille, doit l'être aussi pour le chef de l'état car avoir un secrétariat personnel au Palais est déjà un réel avantage financé par les dépenses publiques. L'exemple commence par le haut. Je trouve que Jupiter manque en la matière singulièrement d'impartialité. Et ce n'est pas Marlène Schiappa ou Sibeth Ndiaye qui vont remettre du bon sens là où subsiste qu'orgueil et suffisance. Elles sont toutes deux atteintes de cécité à force d'avoir trop admirées Jupiter. Je leur conseil néanmoins en tant que femmes éprises de « justice » de revisiter les vies de Tante Yvonne et de Mme Pompidou. Cela leur remettrait un peu les pieds sur terre. Quand à Jupiter, lui qui se dit héritier du Général, qu'il commence par mettre un compteur à l'Élysée pour calculer ses propres consommations.

À bon entendeur, salut.

 

Spartacus 2022

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