Appelons un chat « un chat », Macron est un fasciste.

Avec Adolf Hitler, nous avions le « en même temps » si cher à Emmanuel Macron c'est à dire une jambe droite dite nationaliste et une jambe gauche dite socialiste. Nous savons tous que les jambes gauches ont toujours eu du mal à s'entendre avec leurs composantes droitières.

Appelons un chat « un chat », Macron est un fasciste.

« Le fascisme a toujours été une entreprise de désensibilisation » disait le regretté Emile Ajar plus connu sous le nom de Romain Gary. Question fascisme, l'homme savait de quoi il parlait. Combattant de la France libre, il fut une sentinelle infatigable des égarements et des tragédies de son époque. Son histoire personnelle lui a donc permis de mieux sentir les penchants autoritaires de certains hommes à pervertir la démocratie en s'autoproclamant leader, guide, führer ou Jupiter. Je citerais aussi Albert Camus qui, dans « L'homme révolté » en 1951 disait, « Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou installe le fascisme ». Le fascisme est à mon humble avis de retour sur la scène mondiale. Pour qu'il existe, il doit se personnifier, prendre corps. Il doit s'incarner. Qui mieux qu'un jeune Rastignac plein d'ambitions et de mépris peut l'incarner à l'ombre d'une pyramide. En général, les dictateurs commencent leur carrière assez jeune dans l'espoir de la quitter au seuil de leur trépas. Parfois, une révolution de palais écourte leur ambition mais cette fin prématurée n'est que le début d'une nouvelle ambition. C'est la théorie des chaises musicales, un dictateur chassant un autre dictateur. L'Europe actuelle n'échappe pas à cette musique. Par goût du sophisme intellectuel, on parle d'illibéralisme ce qui signifie qu'un pays a le charme et la beauté de la démocratie sans en avoir ni l'esprit, ni la matière. L'illibéralisme est une variante moderne du fascisme. Je suis certain qu'un Adolf Hitler, qu'un Benito Mussolini ou qu'un Joseph Staline auraient apprécié cette variante moderne. Plus près de nous, Augusto Pinochet pouvait être fier de ses illustres aïeuls. Le fascisme est une histoire de groupuscules qui, arrivés au pouvoir de manière accidentelle ou inespérée, décident de le confisquer sans autre forme de procès que l'arbitraire. Avec Adolf Hitler, nous avions le « en même temps » si cher à Emmanuel Macron c'est à dire une jambe droite dite nationaliste et une jambe gauche dite socialiste. Nous savons tous que les jambes gauches ont toujours eu du mal à s'entendre avec leurs composantes droitières. Le III Reich a donc privilégié sans aucun état d'âme les industriels au détriment des salariés balayant d'un coup et d'un seul tous les syndicats favorables aux travailleurs. En 2020, avec la réforme des retraites, il est troublant de constater que les syndicats connaissent la même censure que sous Adolf Hitler. Les faits sont malheureusement là. Autre signe inquiétant est le rôle joué par les forces de l'ordre dans tous les régimes autoritaires. Elles sont dans leur grande majorité désensibilisées c'est à dire qu'elles ne sentent plus le lien charnel qui les liaient au peuple. Elle peuvent dès lors donner libre cours à leurs pulsions les plus barbares comme matraquer, gazer ou éborgner et cela en toute impunité puisque les sanctions à leur encontre sont minimes ou inexistantes. Voilà encore un fâcheux parallèle avec les régimes d'Adolf Hitler, d'Augusto Pinochet et du dictateur ibérique Francisco Franco ainsi qu'à leurs forces de répression. Je pense qu'Émile Ajar avait de l'âme humaine et de ses travers, une connaissance assez juste.

Tous ces régimes expliquent leur projet politique par une vision messianique du chef qui désire faire le bien de la nation même si des composants entiers de celle-ci s'y opposent. Emmanuel Macron, élu par une très faible minorité, se croit détenteur d'une vérité supérieure à toutes les autres. Il n'écoute pas, n'entend pas. Adolf Hitler ou Benito Mussolini étaient dans le même déni de réalités. Nous voyons a posteriori où de tels comportements proches de la folie ont conduit leurs nations. Quand je parle de vision messianique du chef, il faut d'abord et surtout parler de chef car évoquer le parti Nazi sans Adolf Hitler ou le parti Fasciste sans Benitto Mussolini n'aurait aucun sens. Il en est de même avec LREM car sans Emmanuel Macron, ce parti nombriliste et jupitérien n'est rien, juste un troupeau de sous-fifres et d'ambitieux. La figure du chef est donc prépondérante à tous les partis fascistes en général. Sans cette figure, il ne s'incarne pas. Il n'est rien. Le vide, rien que le vide. Mais le chef ne fait pas tout si les finances lui manquent. Pour cela, il doit compter sur des amis plutôt fortunés capable de porter son ambition et son projet. Que cela soit Krupp ou n'importe quel banquier, c'est l'autre rouage essentiel du fasciste en devenir. Le décor est planté, les personnages sont campées, l'action peut avoir lieu. Que manque-t-il ? Le peuple bien sûr qui, sans sa présence, rend caduc toutes les tragédies humaines.

Lorsque André Suarès, visionnaire par excellence, écrit à propos de son livre Vues sur l'Europe traitant de la montée du fascisme en Allemagne, « Attention ! Ce livre peut être dangereux », peu de monde pensait en 1936 qu'Hitler serait ce fou qui en 1939 embraserait l'Europe toute entière par une guerre si meurtrière. Aujourd'hui, certains penseurs nous mettent en garde sur un avenir qui s'annonce tout aussi mortel. Malgré cela, nos dirigeants libéraux, sourds aux enjeux écologiques et sociaux, continuent à jouer aux apprentis sorciers. Tôt ou tard, ils provoqueront par leur rapacité mercantile les guerres du futur. En fin de compte, Emmanuel Macron n'a rien à envier dans sa vision nationaliste et libérale à d'autres fascistes parmi lesquels Hitler, Mussolini, Pinochet, Franco... C'est le même bois qui les constitue, celui de la folie totalitaire. La mort de notre monde est donc devant nous. Paix à nos enfants et petits-enfants et honte à ceux qui ne veulent pas voir.

Spartacus 2022

 

 

 

 

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