Aux armes citoyens, les mots ne servent plus à rien. Il faut la révolution.

Lorsque le pouvoir méprise les infirmières, offense les professeurs, néglige les métallos, vilipende les Gilets Jaunes, défie les avocats, dédaigne les pompiers, humilie les fonctionnaires, déconsidère les corps intermédiaires, nous assistons à une révolution en devenir.

Aux armes citoyens, les mots ne servent plus à rien. Il faut la révolution.

Chaque métier nécessite des qualités et des aptitudes propres à son exercice. Un artiste se sert de son imagination et de sa créativité. Le professeur de votre enfant tente de transmettre un savoir qui lui sera utile dans sa vie d'adulte. Tous, à leur manière, apportent à la nation leur compétence, leur envie, leur désir. L'infirmière de son côté soigne autant les petits bobos du quotidien que les maladies longues et éprouvantes. Depuis de nombreuses années, un certain nombre de professions indispensables au bien-être de la société se trouvent dévalorisées, abandonnées, mal-traitées, sous-payées. Cela va donc des conditions de travail devenues inhumaines aux salaires qui n'augmentent plus, pire qui diminuent compte tenu du nombre d'heures effectuées. C'est de toute part une société qui se déshumanise. Le travail est devenu au fil des ans une énorme souffrance. Ce qui est vrai pour un artiste, un professeur ou une infirmière l'est tout aussi vrai pour un métallo, une caissière de supermarché ou un éboueur. Toute notre société est touchée par une paupérisation continuelle et régulière qui va dans un avenir prochain commencer à toucher des professions jugées protégées comme les avocats. Les réformes voulues par Macron ne vont que dans un seul sens, celui de l'inégalité. Ce système est devenu fou, de partout il craque, non pas qu'il manque de moyens mais que ces moyens, financiers principalement, sont monopolisés par une minorité. Les mensonges éhontés que tentent de nous faire gober Macron et sa clique de bouseux ne passent plus sauf auprès du MEDEF et des privilégiés du système qui s'attachent à leurs intérêts (22% d'augmentation de dividendes versés aux actionnaires du CAC40 en 2018, premier payeur européen). Voilà le résultat de 20 ans de politique libérale, de mensonges, d'accaparement des richesses, de mauvaise gouvernance envers les services publics. Nos hommes politiques sont à la fois des menteurs, des voleurs, des incapables, des indigents intellectuels. Dans cette dernière catégorie, j'y mets aussi des politologues et des communicants plus prompts à faire l'éloge du business qu'à défendre la veuve et l'orphelin. Citons Dominique Régnier, Dominique Ceux ou Christophe Barbier. Maintenant, cela fait plus d'un an que le peuple essaie de se faire entendre. Cela fait plus d'un an que des Gilets Jaunes manifestent tous les samedis. Cela fait plus d'un an que le gouvernement fait la sourde oreille. Cela fait plus d'un an que la milice d'état nous gaze, nous éborgne, nous mutile, nous tabasse. Cela fait plus d'un an que rien ne change. Les mots ne suffisent plus pour dire notre colère. Hier soir, après la manif de Nantes où les miliciens aux ordres du pouvoir comme pouvaient l'être à leur époque les VOPOS de l'ex-RDA ou les Sections d'assaut du nazisme, nous ne pouvions que constater la folie de ce pouvoir qui continue à nier les évidences, notre pays va mal. Ni l'infirmière, ni le métallo, ni le professeur, ni l'avocat ne sont d'accord avec le monde selon Macron. Les mots et les slogans ne suffisent donc plus pour le dire. Philippe et son état major de sinistres aux ordres d'un paltoquet nombriliste continuent à tuer notre pays. Il se comporte comme Diavoirus dans la pièce de Molière « Le malade imaginaire », ce médecin qui pour soigner son patient, lui prescrit de fréquentes saignées. Macron nous saigne. Le dire ne suffit plus. Le peuple en a marre des constats, des regrets, des lamentations et des gémissements d'hommes politiques ou de syndicalistes qui attendent la prochaine élection pour se faire élire. Il faut tuer ceux qui nous maltraitent, ceux qui nous affament, ceux qui accaparent les richesses. Il faut tuer le système pour rétablir une plus grande justice. On ne peut pas demander cela à ceux qui sont assis sur les strapontins du pouvoir. Ils n'attendent qu'une chose, devenir le calife à la place du calife. Il faut une vraie révolution qui change les paradigmes tels que nous les connaissons aujourd'hui. Tout d'abord, la milice doit devenir une police républicaine, c'est à dire qu'elle doit respecter le peuple et être sanctionnée durement lorsqu'elle commet des actes injustifiables. Ensuite, avoir des hommes politiques intègres, révocables, non cumulards, au service de la nation et non pas au service d'eux-mêmes. Pour finir, bannir de notre démocratie les intérêts particuliers ou privés pour privilégier les intérêts communs au plus grand nombre. Mais les mots ne suffisent plus pour le dire. Tout cela, des millions de françaises et de français le savent déjà. Ce qu'il faut maintenant c'est renverser le pouvoir actuel. Mettre à la retraite ceux, qui derrière le paravent de la démocratie, ont profité d'avantages colossaux en vous expliquant stoïquement qu'ils sont le fruit de leur travail. À ceux là, je voudrais rappeler que le degré d'accaparement est devenu tel qu'il ne peut se justifier que par un déni de réalité, un déni de solidarité, un déni de fraternité. Ce dernier mot est inscrit au frontispice de nos mairies. Ces gens là, les Dominique Ceux, les Christophe Barbier n'honorent pas notre république en faisant la promotion du libéralisme contraire à la notion même de Fraternité. Les mots ne suffisent plus. Ces gens là doivent partir. Prendre les armes deviendra un jour une nécessité, une obligation. Ce jour là, les mots se seront tus pour laisser place aux cris de la révolte, pour laisser place aux crépitements des armes. Prenez garde, ceux qui tirent les ficelles de ce système injuste, que les tribunaux soient votre dernière tribune. Les sans-culottes, les communards avaient besoins de justice. Les Gilets Jaunes ont la même demande, le même désir. Lorsque le pouvoir méprise les infirmières, offense les professeurs, néglige les métallos, provoque les Gaulois, vilipende les Gilets Jaunes, exècre les illettrés, défie les avocats, dédaigne les pompiers, humilie les fonctionnaires, déconsidère les corps intermédiaires, défie les cheminots, nous assistons à une révolution en devenir. Elle est là. Elle n'attend plus que l'étincelle qui allumera le grand désordre car sans désordre rien ne changera véritablement. Les mots ne suffisent plus. Il nous faut la révolution qui demande l'abnégation de chacun et la volonté de tous. Aux armes citoyens... Sortons les guillotines.

Spartacus 2022

 

 

 

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