La censure macronienne : un mensonge répété mille fois ne sera jamais une vérité.

La censure est un vaste et délicat sujet, tout autant pour ceux qui la subissent que pour ceux qui par confort l'ignore. On pensait qu'internet et la révolution numérique allaient nous en protéger. Il est désormais évident qu'avec Jupiter, il n'en est rien.

La censure macronienne : un mensonge répété mille fois ne sera jamais une vérité.

La censure est un vaste et délicat sujet, tout autant pour ceux qui la subissent que pour ceux qui par confort l'ignore. On pensait qu'internet et la révolution numérique allaient nous en protéger. Il est désormais évident qu'il n'en est rien. Bien au contraire, car les algorithmes veuillent jour et nuit sur notre monde et tout ce qu'il produit ; écrits, images, vidéos... Tout un chacun est concerné qu'on le veuille ou non. Ce n'est qu'une question de conscience. En avoir une, est déjà faire preuve d'intelligence.

Traitons d'abord de la première censure, celle qui nous occupe tous à différents niveaux, l'autocensure. Nous la pratiquons généralement pour préserver notre vie de toutes les intrusions que nous jugeons intempestives. Elle nous permet de vivre confortablement sous une cloche. Les bruits et les malheurs du monde ne nous préoccupent donc pas. Dans ce cas nous sommes de parfaits égoïstes, peut-être même asociaux. Il est évident que le mouvement des Gilets Jaunes représente pour ces individus égotistes le pire des cauchemars. En effet, ce mouvement par sa force et sa persévérance les oblige à sortir de leur zone de confort et à se positionner pour ou contre car les GJ ne laissent pas indifférents tant ils sont inscrits dans le paysage social de ce début de siècle au même titre que la Révolution Française de 1789, la Commune de Paris 1871 ou les Trois Glorieuses de juillet 1830. Gilet jaune, que tu sois riche ou pauvre, simple ouvrier ou professeur, étudiant ou retraité, tu pourras dire fièrement un jour, « j'y étais ». Cette conscience n'était pas innée. Il a fallu parfois lutter contre tes propres craintes, affronter ta famille, te séparer de certains de tes amis. D'autres n'ont jamais eu ce courage. Ils sont restés chez eux devant leur télé n'osant s'exposer aux regards hostiles ou haineux de leurs voisins, de leurs parents, de leurs collègues de travail. Voilà la première censure ; ne pas être soi-même par lâcheté. Je tiens donc à dire merci à tous ceux qui individuellement ont pris position pour notre mouvement en risquant, non leur vie mais leur réputation ou leur mise au placard comme Alexandre Langlois pour ne citer que lui.

Passons maintenant à la censure proprement dite. On pourrait par convention la séparer en deux : la censure publique émanant de l'état et la censure privée liée aux médias et aux réseaux sociaux par exemple. J'affirme qu'aujourd'hui cette dichotomie n'est plus vraiment de mise du simple fait qu'il y a une proximité d'intérêts entre ces deux entités ; publique et privée. Pour s'en convaincre, il suffit de se souvenir du soutien dont a bénéficié Jupiter en 2017 par ses amis du CAC40. Sa présence régulière, soit à la une de magazines propriétés de magnats de la finance ou de l'industrie, soit dans des articles tout à sa gloire le prouve. Par ce matraquage médiatique les hommes les plus riches de France mais aussi hors hexagone avaient choisi leur laquais mais aussi le futur président de notre pays que l'on pourrait traiter sans trop d'exagération de « République bananière ». Notre démocratie est donc aux mains de gangsters appelés pudiquement « entrepreneurs » ou « chefs d'entreprises ». Voilà pour les faits passés.

Ce que je remarque depuis plusieurs mois, disons fin juin, c'est le grand silence des médias sur le Mouvements des Gilets Jaunes, une censure organisée et voulue par le gouvernement. Je parle bien de mouvement et non de crise comme le répètent à l'unisson nombre de journalistes et de rédactions sous la férule d'intérêts financiers. Cette censure publique-privée a pour but d'installer en France mais aussi un peu partout dans le monde une gouvernance libérale favorable à une minorité d'ultra-riches. Ce qui nous semblait impossible hier, devient une triste réalité en 2019. La censure est partout et tend à discréditer tous les mouvements sociaux défavorables à cette minorité dont par exemple les Gilets jaunes qui réclament plus de justice tant sociale que fiscale. C'est donc bien une lutte des classes qui revient au grand galop malgré ce qu'affirment tous les éditorialistes pro-business. L'autre censure, plus pernicieuse encore, consiste à mentir sciemment au peuple comme dans la crise des urgences en promettant des millions d'euros alors qu'en réalité ce ne sont que des leurres pour endormir la contestation. La censure a donc plusieurs visages. Il y a l'omission, le caviardage, le mensonge, le silence ; toute action coordonnée et organisée entre l'état et des intérêts privés afin de cacher les ambitions hégémoniques de ces ultra-riches. L'état devient dès lors un paillasson et le peuple les poils de ce paillasson. Contrôler les médias revient à contrôler l'information et, qui contrôle l'information contrôle le peuple. Comprendre aujourd'hui qui contrôle les médias revient à dire qui possède le pouvoir réel.

Censurer consiste pour BFMtv ou le Figaro à caricaturer les fondements mêmes de toutes les luttes sociales. Ainsi on ne parle pas de la violence policière mais des vilains Gilets Jaunes. Ainsi on transforme une souricière à la Pitié-Salpêtrière en une attaque de Gilets Jaunes déchaînés. Ainsi on ne mentionne pas les arrestations abusives des forces de l'ordre, ni le gazage, ni le matraquage. Ainsi... ainsi... ainsi... La liste est trop longue des mensonges d'états relayés par une presse partisane aux ordres de Jupiter. Informer... semble être aujourd'hui une impossibilité quasi pathologique chez BFMtv ou au Figaro, à Challenge, ou avec des journalistes libéraux comme Dominique Ceux ou Judith Vintro. Il semblerait que leur carte de presse ne soit plus qu'un abonnement au MEDEF ou un jeton de présence chez Vinci. Cette connivence entre certains médias et le pouvoir n'a jamais atteint de tels sommets, ni sous Chirac, ni sous Sarko, ni sous Hollande. Cette connivence devient inquiétante pour notre démocratie où, la censure omniprésente dans toutes les sphères de la société, empêche le citoyen d'exprimer son désaccord. Mais allons plus loin. Lorsque Jupiter évoquait le caractère raciste, xénophobe et antisémite des Gilets Jaunes et que ses propos étaient repris en cœur par ces médias, nous tombons dans la subversion. Ces paroles diffamatoires à l'égard des Gilets Jaunes avaient un double objectif ; faire que le citoyen lambda se désolidarise de ce mouvement présenté comme anti-démocratique et qu'à l'avenir ce même citoyen par peur s'autocensure. Le plus consternant est de voir avec quelle facilité ces médias se sont emparés de ces thèses et les ont colportées sans chercher à les dénoncer, au mieux à les vérifier. Tout au contraire. Voilà les différents visages de la censure ; mentir au lieu d'informer, trahir au lieu d'exposer, broder au lieu d'énoncer, instrumentaliser au lieu d'analyser, caricaturer au lieu d'éclairer, subvertir au lieu de dénoncer.

Ma conscience me dicte mes actes. Il se peut que parfois ma route ait dévié mais jamais, au grand jamais, je n'ai cherché à trahir ma pensée, à me soustraire par un quelconque avantage à mes idéaux de jeunesse. Si je me censure parfois, c'est uniquement par amour et respect, pour ne pas blesser mon alter-ego. La censure telle qu'on la vit aujourd'hui est une honte à la démocratie. Je voudrais paraphraser Rabelais en disant «Informer sans conscience n'est que ruine de la démocratie ». La censure pratiquée par les médias liés au pouvoir macronien est le signe pour ces mêmes médias d'une trahison de leur principe fondamental qui est d'éclairer et non de trahir la confiance du peuple. Leur ruine viendra de cette trahison. Libre à eux de continuer sur cette voie subversive mais un jour la vérité sera plus forte que le mensonge.

Cheminer de l'alpha à l'oméga.

Sans oublier iota ou bêta.

N'omettre aucune idée.

Qui n'éclaire ma pensée.

 

Spartacus 2022

 

 

 

 

 

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