Gilet Jaune et candidat aux municipales

Combien sommes-nous de Gilets Jaunes colistiers de listes citoyennes ? Au niveau national, je n'en sais rien. En revanche dans le Morbihan, nous sommes quelques uns à vouloir défendre nos idées qui s'inscrivent dans un combat social et humaniste que nous ne renierons jamais.

Gilet Jaune et candidat aux municipales

Depuis le 17 novembre 2018, les samedis après samedi nous marchons, nous manifestons, nous espérons en un changement de société. Notre combat est juste socialement même si nombre de nos camarades et amis ont renoncé à nous accompagner. La répression, la fatigue, l'usure à certes eut raison de leur engagement mais nous savons que nous sommes toujours présents dans leur cœur. Depuis quelques mois, certains d'entre nous ont décidé de s'investir dans un autre combat, celui des municipales. Je fais parti de ceux-là. Je serai heureux au soir du 15 mars ou bien une semaine plus tard dans le cas d'un second tour, peu probable dans ma commune rurale, de porter fièrement mon Gilet Jaune, d'autant plus fier que nous pouvons être élus. Ce sera une victoire contre un système qui tente de nous marginaliser, pire, de nous ostraciser aux yeux de nos concitoyens. Nous sommes deux Gilets Jaunes sur 27 colistiers. C'est peut-être peu mais suffisant pour que nos adversaires parlent de nous comme des infiltrés. Ils s'imaginent sûrement être dans une mauvaise série américaine, ou bien, à court d'arguments, ils n'ont rien d'autre à opposer à nos idées. Je tiens à les rassurer, nous ne sommes pas des infiltrés et n'avons aucun contact direct avec la CIA ou le KGB. Au contraire, nous revendiquons clairement notre appartenance à ce mouvement social français extraordinaire dans le sens le plus littéral du terme. Trump ne nous finance pas, quant aux chars russes, ils sont encore à Moscou. Notre liste se veut une liste citoyenne, plurielle, où se retrouvent des personnes sensibles à l'écologie, sensibles à la fraternité et capables de proposer un autre monde. Je ne leur demande pas de partager mon combat, je leur demande simplement de voir plus loin que cette politique libérale et autoritaire que veut nous imposer Macron et sa bande d'irresponsables. Nos concurrents tentent de nous présenter comme des extrémistes alors qu'eux-mêmes sont incapables d'offrir un programme novateur respectant la parole de chacun. Je pense que les termes de « démocratie participative » ou de « commune solidaire » sont des concepts forts éloignés de leurs ambitions. Il leur faut des électeurs soumis, dociles et malléables, tout le contraire de ce que nous sommes et de ce que nous voulons. Prétendre que nous sommes apolitiques serait un mensonge. Nos convictions et nos engagements passés sont inscrits dans un combat social et humaniste que nous ne renierons jamais. Nous en sommes fiers d'autant plus fiers que certaines propositions s'inscrivent dans des demandes Gilets Jaunes. Je citerai pêle-mêle une boite à idées, un cahier de doléances, des consultations citoyennes ou bien des commissions participatives. Je pense que notre combat a infusé dans le tissu social. Nous avons éveillé les consciences au grand dam des conservateurs libéraux incapables de prendre des décisions fortes face au danger du réchauffement climatique. La justice sociale c'est aussi créer du lien, ranimer les territoires ruraux, offrir un avenir moins incertain à une jeunesse dont le futur s'avère périlleux. Macron parle comme un bonimenteur de foire. Il promet aux uns et aux autres ce qu'ils veulent bien entendre. Malheureusement pour lui, les masques tombent et le roi se retrouve nu soutenu uniquement par une minorité d'irresponsables libéraux. Demain au salon de l'agriculture, nous allons encore assister à cette mascarade jupitérienne des paroles creuses, aussi creuses que les abreuvoirs des vaches promises à l'abattoir. Je suggère que l'on en installe quelque uns à la buvette de l'Assemblée Nationale. Certains députés-moutons pourraient ainsi justifier leur vote en bêlant à l'unisson.

Combien sommes-nous de Gilets Jaunes colistiers de listes citoyennes ? Au niveau national, je n'en sais rien. En revanche dans le Morbihan, nous pouvons nous compter. Il y a aussi ceux qui nous sont proches et qui partagent nos convictions et nos aspirations. Nous sommes donc nombreux à vouloir défendre une certaine idée de Justice Sociale et même allons plus loin, une idée de la République qui soit respectueuse de tous les français sans tenir compte de leurs origines ou de leurs conditions sociales. La France a besoin de nous, de vous, de tous ceux qui pensent agir pour le bien commun avec le désir de mettre le vivre-ensemble au dessus des égoïsmes qui nous divisent et nous déshumanisent. Ce sera une petite victoire mais qui peut en annoncer d'autres. Gilets Jaunes, nous savons tous que ce monde va à sa perte, autant par ignorance des masses que je regrette, que par cupidité des élites que je condamne. Macron a cru nous soumettre, nous rendre invisibles. Il se trompe. Nous sommes toujours là et nous le resterons aussi longtemps que la France existera. Un jour, l'histoire nous donnera raison. Pour le moment, montrons leur que nous pouvons être élus pour nos idées et nos convictions.

Spartacus 2022

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