COVID-19. Non au Grenelle ou au Ségur. Oui au CNNR.

Plus que les paroles souvent mensongères, les actes renseignent bien mieux sur les intentions du pouvoir. Ils sont catastrophiques, abusifs et incompréhensibles, loin des attentes des français. Dès lors, pourquoi ne pas reconstruire notre pays sur le modèle du CNR qui fait de la justice sociale l'un de ses piliers au même titre que la démocratie pleine et entière.

COVID-19. Non au Grenelle ou au Ségur. Oui au CNNR (Conseil National de la Nouvelle Résistance).

Lors de sa vidéo-conférence en bras de chemise sur la Culture le 06 mai, Jupiter semblait avoir abusé d'une substance illicite. Le 19 mai, sur BFM, rebelote. Jupiter bégaie, balbutie, bredouille, bafouille... finalement, il ment en affirmant haut et clair qu'il n'y a pas eu de pénurie sur les masques. Où va-t-on quand le capitaine devient incohérent, incompréhensible et, de surcroît, menteur ? Et bien, on va droit vers le naufrage. Cela ne laisse guère augurer d'un Ségur de la santé à la hauteur des attentes du personnel soignant des hôpitaux. Derrière cette gestion calamiteuse de la pandémie façon Radeau de la Méduse, on commence à comprendre que l'orthodoxie budgétaire est un crime contre la population au simple motif que la santé est un bien commun qui ne peut être abandonné ou privatisé. Le défi est aujourd'hui de redonner à notre pays un système de santé performant qui exigera un effort national sans précédent comme ce fut le cas avec le CNR. Sa refonte passera par des mesures essentielles et urgentes comme revoir le rôle de l'ARS (Agence Régionale de la Santé), donner la priorité aux soignants plutôt qu'aux administratifs, valoriser les carrières avec hausse des salaires, accroître la coopération publique-privée, développer une politique de prévention, revoir le traitement des maladies chroniques, augmenter la recherche... Véran, ministre de la santé, parle déjà d'assouplir les 35 heures ce qui serait une entorse au Code du Travail et sera de facto un acte contre-productif dans le dialogue social. C'est pour Véran, le genre d'injonctions contradictions dans le pur jus macronien ce qui en dit déjà assez long sur ce Ségur de la santé qui se veut le pendant des Accords de Grenelle de 1968. Là encore, le parallèle avec le Grand Charles laisse dubitatif. Le fiasco Véran ne fait plus aucun doute.

En dehors de cette supercherie, du style « Les mémoires d'un âne » selon la Comtesse de Ségur, Macron nous promet déjà monts et merveilles en laissant entendre que cette crise lui a ouvert les yeux. Que ne l'avait-il pas fait avant ? Ou bien, « Les mémoires d'un âne » préfigure-t-il ce qui risque d'arriver ? Pour ma part, je ne crois pas en sa miraculeuse conversion au dialogue et à l'écoute qui le ferait passer du répressif au pédagogue. Les raisons sont fort simples. Par exemple, samedi 16 mai, les forces de l'ordre, armées de fusils d'assaut, quadrillaient les villes de France pour empêcher les Gilets Jaunes de manifester alors qu'ils respectaient les règles de distanciations sociales. De plus, les forces de l'ordre ont verbalisé à outrance. C'est comme si Bachar El-Assad avait promis la paix à son opposition tout en la matraquant. À cela s'ajoute l'usage des drones sur Paris, interdit par le Conseil d'État, qui s'apparente plus à un régime arbitraire qu'à une véritable démocratie. N'oublions pas la gouvernance par ordonnances avec la mise à l'écart du parlement mais, chose plus subjective, du Conseil Constitutionnel durant quelques semaines. Et comme Castaner ne s'interdit aucune offense, les forces de l'ordre jeudi 21 mai verbalisaient devant l'hôpital Robert Debré les manifestants venus soutenir les soignants et en interpellaient 3 autres. Il y a donc d'un côté les promesses de démocratie et d'écoute et de l'autre des actes arbitraires, tendancieux et abusifs qui peuvent conduire tout droit vers un régime, osons le mot, vichyssois. Jupiter ne rêvait-il pas en 2017 d'un grand parti unique regroupant la droite et la gauche ? Depuis, il parle d'union sacrée à la mode Pétain pour faire taire les divisions et assouvir son rêve hégémonique d'un « extrême centre » autoritaire. Malheureusement les sondages lui sont défavorables car il me semble que le peuple français, qui est un peuple politique par excellence, n'aime pas être pris longtemps pour un imbécile. C'est son côté « Gaulois Réfractaire ». Devant cette mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif et donc du déficit de démocratie parlementaire, les 71 plaintes émises contre des membres du gouvernement auprès de la Cour de Justice de la République par les gaulois réfractaires s'accumulent. C'est une manière assez simple qu'a trouvé le peuple pour exprimer, non par les urnes jugées inutiles mais devant la barre d'un tribunal présumé plus démonstratif, sa grogne. Remettons de la démocratie au sein de notre système politique afin de remédier à cette méfiance grandissante. Là aussi, il faut arrêter de parler pour ne rien dire mais agir pour redonner confiance aux françaises et aux français comme l'avait fait en son temps le CNR.

Recréer de l'unité nationale passera obligatoirement par la reconnaissance du travail ce qui a été l'élément le plus marquant de cette crise sanitaire où les premiers de corvées ont été mis en avant et applaudis. Néanmoins, qui dit reconnaissance, dit salaire, les deux allant de paire. Cette valorisation du travail par une rémunération décente est à opposer à la valeur spéculative propre aux premiers de cordées si chère à Macron. L'état social de la France qui est à reconstruire, demeure donc un combat entre ces deux valeurs. Trop longtemps on a privilégié la spéculation au détriment du travail. On doit donc revenir à l'esprit de justice sociale qui a guidé le CNR seul capable de rebâtir un état social digne de ce nom, capable aussi de redonner confiance aux français dans sa classe politique trop souvent déconnectée des réalités et prisonnière d'une idéologie partisane. Les députés-godillots qui se comptent par centaines dans le groupe LREM, nous le démontrent tous les jours. On me rétorquera que pour cela il faut des moyens financiers à la hauteur de ses ambitions. À cette critique, je répondrai que Macron avant le COVID-19 parlait d'un pognon de dingue et bien sûr qu'il n'existait pas d'argent magique. Et voilà que l'on trouve des centaines de milliards à injecter dans l'économie réelle, du moins je l'espère. Cherchez l'erreur ! Il est certain que les infirmières classées par l'OCDE au 28ième rang sur 32 au niveau salarial aimeraient voir la couleur de ce pognon de dingue au même titre que les éboueurs ou les routiers qui comme beaucoup d'autres travailleurs redoutent les plans sociaux à venir et son corollaire : le chômage. Il faut donc agir rapidement en ayant des propositions innovantes qui prennent en compte les inquiétudes d'aujourd'hui et de demain qui sont l'environnement, la démocratie et la justice sociale. Les pistes à explorer face à ces inquiétudes doivent se faire en abandonnant l'idéologie libérale productiviste qui dans un monde fini n'a aucun sens. Elles doivent s'élaborer dans un esprit non-partisan, rassemblant aussi bien des acteurs de l'économie réelle que du monde associatif par exemple. Il sera primordial dans ces circonstances hors normes de ne pas surjouer toutes postures guerrières façon Clémenceau ou de Gaulle qui à leur époque avaient leur raison d'être mais qui paraissent inutiles et ridicules, voire grotesques à présent.

La question qu'on se pose est de savoir où trouver ce pognon de dingue capable de donner un nouvel élan à notre pays, élan qui doit se faire sur d'autres bases que celui du simple profit immédiat. Et bien tout d'abord par un grand emprunt national souscrit auprès des français comme ce fut le cas après la guerre de 14-18. Ensuite en mutualisant les dettes souveraines des pays européens. N'oublions pas la finance solidaire. Mettons aussi à contribution la Caisse de Dépôts et de Consignation qui possède un pactole assez conséquent. On peut ajouter à cela, compte tenu du montant énorme de l'épargne des français ; environ 5500 milliards d'euros, la taxation de l'épargne des ménages les plus riches. Ainsi, tout le monde participera à la hauteur de ses moyens au redressement de notre pays. Et comme disait mon grand-père de Tizi-Ouzou « Si le dattier ne donne plus de fruits, ne reste pas au pied de l'arbre à te lamenter, replante donc un nouveau ». Les idées ne manquent pas, seule fait défaut la volonté de les mettre en œuvre, de planter tout simplement un nouveau dattier pour une nouvelle République ou, un poirier, si vous n'aimez pas les dattes.

L'espoir est-il possible avec Macron ? Je crois la chose impossible car lorsque l'on entend avec quelle morgue et quelle réticence le pouvoir actuel refuse de ressusciter l'ISF, on peut comprendre aisément qu'on ne peut rien attendre d'un gouvernant aussi conservateur et réac que celui-ci. Alors taxer les revenus du capital, vous n'y pensez pas ! Ce redressement se fera donc sans eux. C'est pourquoi moi, Gilet Jaune, Gaulois Réfractaire et, petit-fils de Jugurtha, je ne me résoudrai jamais à la défaite et encore moins à supporter les incompétents et les hypocrites. C'est aussi la raison pour laquelle je crois important de réunir toutes les personnes désireuses de reconstruire notre pays sur le modèle du CNR au sein du Conseil National de la Nouvelle Résistance présidé par Anne Beaumanoir et Claude Alphandery.

Spartacus 2022

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