Le Fascisme avance. Certains osent le dire.

Emmanuel Todd parlait sur France-Culture de son dernier livre consacré aux luttes sociales en France depuis le XXIᵉ siècle. Il en a profité pour mettre en garde la société française sur les dérives autoritaires, type national-socialiste de macron. Sera-t-il le seul intellectuel à faire preuve de courage ?

Le Fascisme avance. Certains osent le dire.

J'ai la douloureuse impression que le bateau France va droit à la catastrophe. Les voyants sont au rouge, l'équipage en surchauffe, le temps exécrable et, vaille que vaille, le bateau continue sa route. Le brouillard jour après jour s'épaissit davantage mais rien ne vient perturber la folle détermination du capitaine. Il reste impassible à toute requête, à toute sagesse. Cela fait plus d'une année que les rues portent les stigmates de notre combat. Nous sommes toujours là à dénoncer le danger qui menace la société dans son ensemble. Nos intellectuels sont pour la plus part absents du débat national. Ils ont peur, peut-être aveugles ou pire, ils bêlent tels des moutons de Panurge espérant soit garder leurs prébendes, soit accrocher une médaille au revers de leur veston. C'est bien un combat pour une plus grande justice sociale que les Gilets Jaunes mènent. Parfois je désespère. D'autre fois, je me dis que j'irai jusqu'au bout. Je ne suis pas un extrémiste, juste un français ordinaire qui refuse de voir notre pays devenir une prison de pauvres où seule une élite aurait le droit de dire sa vérité. La vérité est plurielle et surtout ne dépend pas de la richesse, du revenu ou du savoir. Une telle société serait en tout point une atteinte à la démocratie et un pas vers le fascisme. Ce matin Emmanuel Todd parlait sur France-Culture de son dernier livre consacré aux luttes sociales en France depuis le XXI siècle. Il faisait référence aux GJ, à Macron et à la société française. Ces propos résumaient assez bien ce que j'exprime dans mes différents billets notamment il évoqua le national-socialisme allemand qui a porté au pouvoir un certain Adolf Hitler. Bien sûr, le journalisme Guillaume Erner n'a pas apprécié la comparaison pour le moins osée. Pourquoi faudrait-il être consensuel, gentil, affable ? Pourquoi ne faudrait-il pas au contraire être provocant, audacieux, courageux ? Macron ne renoncera pas à appliquer des mesures injustes. Tout d'abord, car c'est un dogmatique nourri à l'idéologie libérale professée à l'ENA où sont sortis la plupart de nos dirigeants politiques. Comment voulez-vous donc qu'ils pensent et agissent autrement ? Ensuite, Macron veut faire payer au peuple français son insoumission, sa bravoure, sa détermination. C'est bien une lutte des classes à laquelle nous assistons et à laquelle nous participons. Les Gilets Jaunes ont infusé dans la société l'esprit de résistance qui aujourd'hui anime les syndicats, les avocats, les infirmières mais aussi les aides-soignantes, les médecins des hôpitaux publics, les dockers, les fonctionnaires. On ne peut pas avoir raison contre tout le monde et rejeter en bloc la discussion pour imposer sa vérité. Cela s'appelle et s'appellera toujours le fascisme. Macron est devenu en quelques mois un radical fasciste. Dans sa tâche, il est secondé par tous les membres de son gouvernement d'autruches. Lorsqu'une ministre évoque le populisme vert pour dénigrer la prise de conscience des changements radicaux à effectuer contraire libéralisme qu'elle défend, nous avons l'exemple type d'une incapable, d'une incompétente, d'une pauvreté intellectuelle et politique digne du fascisme. Voilà par qui nous sommes gouvernés, par des radicaux juste bons à museler les voix indépendantes. Je remercie Emmanuel Todd pour son courage ou sa folie à dire tout haut ce que des millions de gens pensent tout bas. Sera-t-il suivi dans sa démarche par d'autres voix ? J'en doute. Cependant les émissions ou les articles consacrés aux violences policières évoquant de façon à peine voilée la responsabilité du gouvernement sont de plus en plus nombreux. On demande la démission du préfet de police de Paris, celle de Castaner. On demande l'ouverture d'enquêtes impartiales et rapides ce qui sous-entend qu'elles ne l'étaient pas avant. L'aplomb insolent qu'affiche Macron face à la révolte populaire, loin de tétaniser les françaises et les français, va les motiver à continuer la lutte. Elle prendra toutes les formes ; sociales, politiques, judiciaires, syndicales, civiles mais le peuple ne renoncera jamais à se faire entendre. La coupe est pleine, elle déborde. Les deux années qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle vont être mouvementées pour ne pas dire plus. Au début de la contestation, avec un peu plus d'intelligence politique ou d'intelligence tout court, Macron aurait pu calmer les choses, qui sait, regagner en popularité. Aujourd'hui, c'est trop tard. Le peuple veut sa démission. Ce qui s'est passé aux Bouffes parisiennes risque de se renouveler. Les gens iront le chercher où qu'il aille. Ne l'a-t-il pas lui même demandé ? Alors oui, si ce n'est pas demain ou après-demain, il y aura un jour où Jupiter sera confronté directement à son mépris. Son service d'ordre ne pourra pas toujours être là à le protéger. Que Jupiter regarde donc bien à droite, bien à gauche, derrière ou devant lui. Macron n'est pas Charles Martel mais un Rastignac méprisant aux petites idées. Plus dure sera la chute. Dans l'immédiat, on va attendre patiemment en goûtant notre plaisir d'écouter des voix comme celle d'Emmanuel Todd nous dire combien notre combat est juste et légitime ce qui n'est plus le cas de Macron qui s'est délégitimé de son plein gré. Voilà comment se comportent les sots et les incompétents. Ils n'ont pas besoin des autres pour se traîner eux-mêmes dans la boue et le déshonneur.

Spartacus 2022

Billet dédié à Emmanuel Todd pour sa clairvoyance.

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