Mondialisation heureuse, une illusion. Tyrannie mondialisée, une réalité.

Les inégalités sociales provoquent un peu partout des révoltes populaires contre des pouvoirs tout à la fois corrompus, inefficaces et arbitraires. En 1980, ces mêmes politiciens nous prédisaient un monde merveilleux. Nous prenons conscience aujourd'hui de la dangerosité d'un capitalisme morbide.

Mondialisation heureuse, une illusion. Tyrannie mondialisée, une réalité.

Depuis quelques jours ou quelques semaines, on voit jaillir de part le monde des mouvements de contestation touchant des sociétés aux antipodes les unes des autres. Tout oppose en effet les sociétés chilienne, haïtienne, libanaise, équatorienne, algérienne, soudanaise ou irakienne tout sauf qu'elles sont humaines et soumises à des injustices de plus en plus inacceptables. Au Chili, le prix du ticket de métro a poussé le peuple dans la rue et a autorisé le gouvernement à déclarer « l'état d'urgence » de 22 heures à 4 heures du matin. On compte de nombreux morts. Au Liban, une taxe sur WhatsApp, a là encore provoqué des rassemblements où se mêle toute la population libanaise sans distinctions religieuses ou d'origines. À Haïti, la situation est devenue pré-insurrectionnelle. En Équateur, le gouvernement a été surpris par une révolte paysanne indienne qui l'a obligé à fuir la capitale. Voilà où en est le monde, à une révolte généralisée des classes dites populaires.

Tous ces mouvements d'ampleur ont un point commun : l'injustice sociale qui gangrène l'ensemble de la planète. Elle appauvrit inexorablement les classes laborieuses au détriment d'une élite internationale qui ferme les yeux pour ne pas voir cette triste réalité. L'injustice ne naît pas du jour au lendemain. Elle trouve ses racines dans une mondialisation que beaucoup d'économistes, après la mort de l'URSS, nous prédisaient heureuse. Ce n'était qu'un mensonge de bonimenteurs basé sur des dogmes libéraux pour accroître le pouvoir économique et financier des riches et des ultra-riches du monde présenté comme « libre ». Ces économistes pro-business ne sont en réalité que des ignares qui s'amusent à prédire l'avenir comme le ferait un vulgaire astrologue. Leurs théories ne sont que de pures spéculations fondées sur des croyances et des hypothèses mais, qui en réalité, mettent en péril des millions de vies humaines tout comme le ferait n'importe quelle dictature. La liberté est devenu un leurre et le monde un immense jeu de Monopoly dont nous sommes les pions. Souvenons-nous lorsque en Europe des guerres opposaient différents pays. Les gouvernants envoyaient alors le peuple se faire tuer dans de monstrueuses boucheries. Dans ce cas, les hommes revêtus de leur parures militaires étaient uniquement considérés comme de la « chair à canon » donnant leur vie d'hommes libres, bien plus pour défendre les intérêts privés de la classe dirigeante restée à l'arrière, que pour défendre leur patrie ce qu'ils ont fait généralement avec bravoure. De la « chair à canon », nous en sommes passés à la « variable d'ajustement » car au lieu de se tuer en 1914 pour un drapeau, on se tue en 2019 pour un patron. Cherchez l'erreur ! Que celui-ci soit une personne physique, un conseil d'administration ou un fond de placement ne change rien à notre affaire : l'injustice croît à la même vitesse que les dividendes distribués aux actionnaires augmentent. Ce qui ne va pas dans la poche du travailleur, part dans la bourse du spéculateur. En France, mais aussi un peu partout en Europe, on voit des partis extrémistes accuser l'étranger, celui qui n'a pas la même couleur de peau ou la même religion. Pensez-vous réellement que Mrs Mithal, Lagardère, Arnault ou Bolloré, ce club très fermé des milliardaires aient les mêmes scrupules, les mêmes ressentiments ? Non. Leurs seuls désirs sont d'accroître leurs fortunes en euros ou en dollars aux seuls motifs que l'argent n'a pas d'odeur, n'a pas de pays, n'a pas de frontière. Ils veulent du cash, du cash-flow et la privatisation de l'économie reste le moyen le plus efficace pour y arriver. Ainsi on privatise l'eau, l'énergie, les transports, les hôpitaux, les EHPAD, les routes, les écoles... Pour cela, ils s'appuient sur une classe politique de plus en plus incompétente, de plus en plus irresponsable et de plus en plus soumise aux exigences du monde de la finance. Au Chili, le coût élevé de la vie me fait penser aux Gilets jaunes et à leur revendication initiale : le pouvoir d'achat. Dans les deux cas, les inégalités sociales deviennent insupportables. Au Liban, la crise économique se double d'une corruption généralisée. Les libanais souhaitent le départ de tous les corrompus comme nous, nous désirons ardemment le départ de Jupiter et de son gouvernement. Où est la différence ? En Équateur, les Indiens réclament eux aussi plus de justice sociale. Haïti cumule tous les handicaps. De toute part, les gens les plus défavorisés des cinq continents réclament d'être écoutés, entendus, respectés. Ne nous trompons pas d'ennemi. Ils n'attendent que cela, que le petit peuple se déchire, s'accuse, se tue. Ne leur donnons pas ce plaisir. Face à leur cupidité, à leur rapacité opposons-leur nôtre fraternité. Citoyens du monde, unissons-nous. Et puisqu'ils n'ont pas su tenir leur promesse d'une mondialisation heureuse dont ils étaient les chantres, exigeons simplement leur départ. Jupiter se croit intelligent. Non, il est instruit mais il lui manque comme la majeure partie des politiciens arrogants, qu'ils soient libanais, équatoriens, haïtiens, chiliens ou irakiens, l'intelligence du cœur, celle qui vous grandit, qui vous fait aimer le peuple. Jupiter est un sot et, par son mépris et son arrogance, il le prouve jour après jour.

La mondialisation heureuse était un bon slogan publicitaire pour nous faire oublier la lutte des classes tout en mettant en avant le ruissellement qui n'a jamais été prouvé. Un mensonge de plus, me direz-vous. Trente ou quarante ans plus tard, nous voyons surgir devant nous un monstre qui court à sa perte. L'environnement, par notre soif de consommation, se dégrade à vitesse grand V. Les liens sociaux s'estompent pour laisser place à l'égoïsme. Les émeutes se multiplient de la place Tahir en Égypte au centre de Santiago du Chili en passant par la place du Capitole à Toulouse. Face à cette demande de justice sociale, la seule réponse qu'offre le pouvoir est une répression policière, militaire, milicienne. On enferme. On embastille. On mutile. On tue. La France n'échappe pas non plus à ce cycle de violence dont se rend coupable Jupiter. Et, comme il est plus facile de regarder la paille dans l’œil de son voisin que la poutre qu'il y a dans le sien, les médias et les politiques feignent l'ignorance. Les exactions commises par les forces de l'ordre ne seront jamais oubliées. Voilà notre mondialisation heureuse : plus de violence, moins de services publics, plus de fractures sociales, moins de justice fiscale, plus d'inégalité, moins de partage, plus de travail, moins de retraite. Dire que l'on vit mieux aujourd'hui qu'en 1980 serait un mensonge. La jeunesse se pose tant de questions sur son avenir qu'il nous paraît impossible de lui dire que demain tout ira mieux pour elle. Non. Nous le savons déjà. Demain sera pire qu'aujourd'hui. Ce qui nous manque, c'est l'ampleur du désastre annoncé. Faire un enfant en 2019 est un pari risqué. Nul ne sait ce que sera son futur. Alors pour nous endormir, on évoque pêle-mêle la voiture sans chauffeur, les voyages sur la lune, l'intelligence artificielle et, cerise sur le gâteau, la fin des maladies avec le transhumanisme... Voilà notre avenir, des promesses à gogo qui perpétuent la servitude volontaire. Il faudrait les enfermer tous dans un asile et les laisser se battre entre eux à qui feraient la plus belle promesse. En parole, ils sont donc tous imbattables. En actes, ils sont tous exécrables. La mondialisation heureuse promise comme un Eldorado se transforme en enfer pour la majorité et en paradis pour quelques uns ce qui prouve bien que le divorce entre capitalisme et démocratie est amorcé un peu partout dans le monde. Pour que la démocratie ne soit pas un vague souvenir dans 20 ou 30 ans, offrons notre drapeau à tous les peuples opprimés et balayons les politiciens véreux avant qu'ils n'installent leur régime totalitaire mondialisé. Nous n'avons plus besoin d'eux.

Chassons-les avant qu'il ne soit trop tard.

Spartacus 2022

 

 

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