Députés LREM et Modem : des incompétents, des innocents ou des fous ?

Un député n'est pas un bon gars, un peu innocent ou benêt. Un député ne doit pas avoir le charisme d'une huître et le talent oratoire d'une chèvre mais avoir une conscience et une éthique personnelle au dessus de son parti. Mais le courage manque à beaucoup d'entre eux. De l'audace donc, de l'audace...

Députés LREM et Modem : des incompétents, des innocents ou des fous ?

« Maman est fière. Je suis député ». Cela pourrait être une farce, une bonne blague ou une bêtise mais lorsque à douze mois de différence, le même député nous assène les mêmes propos, cela prouve le peu de cas qu'il fait de sa fonction. Il doit être d'abord fier que le peuple lui ait fait confiance, que le peule l'ait choisi comme représentant démocratiquement élu. Fier aussi de défendre les intérêts du peuple et non d'une minorité qui vous dit quoi voter, quoi penser. L'assemblée nationale n'est pas une succursale du club Med pour députés en nomadisme idéologique. On peut donc être un excellent marin et être un piètre homme politique. Cela ne s'improvise pas du jour au lendemain. Il faut bien sûr des convictions, une indépendance d'esprit puis des connaissances que l'on va chercher au cas où celles-ci seraient lacunaires. Un député n'est pas un bon gars, un peu innocent ou benêt qui une fois par an vous invite à constater son travail dans une rencontre pour le moins surréaliste oscillant entre le comique et le ridicule. Un député ne doit donc pas avoir le charisme d'une huître et le talent oratoire d'une chèvre. Un député ne bêle pas, il se bat, surtout lorsque maman est présente dans la salle. La forme était donc conventionnelle comme il se doit : serrages de mains, petites tapes dans le dos, remerciements mielleux façon ancien régime. À cette soirée s'était aussi invitée une bonne dizaine de professeurs du secondaire venus écouter la parole présidentielle. En effet, ne nous trompons pas, notre député est la courroie de transmission de la parole jupitérienne car, faute d'avoir la sienne propre, il se fait le perroquet du président. Il nous dit en premier lieu, fier comme un coq sur son tas de fumier, que la France va bien ; réduction du chômage et PIB en petite hausse en omettant de parler des 400 000 pauvres de plus, en passant sous silence l'augmentation de la précarité, en négligeant de révéler que la croissance a favorisé les plus riches (rapport OXFAM) etc etc. Notre député délaisse aussi un peu vite le personnel de l'EHPAD de Riantec qui connaît des conditions de travail pour le moins compliquées. Notre député a la parole très partisane, indigne d'une conscience morale appropriée à la situation de millions de français. Il se pavane devant un auditoire de respectables notables qui sent bon la naphtaline du XIX siècle et le mépris de classe du siècle présent. Lorsqu'il cause écologie, son domaine de prédilection, nous assistons à des circonvolutions oratoires digne d'un Don Quichotte assis sur le dos d'un vieux chameau allant à Médine pécher la sardine. Mon grand-père de Tizi-Ouzou en aurait eu presque les larmes au yeux. En effet, mettre une taxe sur les mégots de cigarettes ou attendre la fin des voitures à combustion fossile pour résoudre la crise écologique à venir est du délire et surtout un aveuglement suicidaire. Notre député est un croisement entre un coq et une autruche, un animal en voix de multiplication très dangereux pour la démocratie. Lorsque les profs ont demandé son avis sur la réforme du bac, nous avons eu droit à un morceau d'anthologie de la langue de bois... Merveilleux et ahurissant. La fille de notre député a passé son bac blanc cette semaine et elle a stressé. Mais quoi d'autres demande le prof. « Elle a stressé et c'est bien pour elle ». Fin du débat, la chose est dite. Blanquer a trouvé son majordome, son valet de chambre, son Sancho Panza monté sur un bourricot. Avec de telles conclusions « Ma fille a stressé », le dialogue parlementaire s'annonce très enrichissant. J'espère au moins que maman pourra être encore fier de son fils, de sa petite-fille et surtout des profs qui jour après jour se battent pour le bien de nos enfants. En tant qu'électeur, je suis beaucoup moins fier de mon député et de sa réponse oiseuse, consternante.

Bien sûr, il y eut la question des retraites. Alors là, encore bravo à notre député pour sa clairvoyance, son intelligence et sa vision politique hors pair. Je suis certain que tous les bernard-l'hermite du golfe du Morbihan ont trouvé un compagnon de jeu à la hauteur de leurs aspirations. Bravo à Monsieur le député car continuer à défendre une loi dont une majorité de françaises et de français rejettent le texte confine à de l'absurdité, pire à une aberration démocratique digne d'un régime totalitaire. On ne peut avoir raison contre tout le monde. Cela se saurait. Toutes les simulations prouvent que les femmes seront les perdantes de cette loi et Monsieur le dépité continue de faire l'autruche sur son tas de fumier. La Suède, preuve à l'appui, montre que cette retraite à points a minoré de 10% les montants des pensions. À moins d'être un sot ou un imbécile, personne ne peut contester les faits. D'autre part, le Conseil d'État émet des doutes sur le texte de 1000 pages de cette réforme car des lacunes énormes ont été constatées, au niveau du financement par exemple. D'autre part, le texte prévoit que le montant consenti aux retraites passera de 13,8% du PIB à 12,8% soit une perte de plus de 33 milliards par an. Tenant compte du nombre de baby-boomers qui partiront à la retraite, nous aurons mathématiquement une baisse des pensions qu'un enfant de CM2 peut comprendre. Sur ses bases, le Conseil d'État ne garantit pas la légitimité juridique de la réforme. La messe est dite. Notre député, déjà complice d'une restriction des libertés en ayant apporté sa voix à une loi dite de sécurité, est aujourd'hui complice d'une réforme qui s'avère injuste, inéquitable, inhumaine et rétrograde socialement. Voilà comment le fascisme gagne du terrain, simplement en méprisant le peuple ce qui est une signature constante de ce pouvoir. Il ne suffit pas d'avoir reçu l'onction démocratique du suffrage universel pour se croire durant 5 ans au-dessus des lois car il y a une loi bien supérieure à toutes les lois qui est une éthique morale où la conscience individuelle joue un rôle éminemment prépondérant. Celle-ci fait de vous un honnête homme, respectable, fraternel, altruiste et non pas un benêt prêt à signer n'importe quel bout de papier parce que votre chef vous l'a demandé. La France n'est pas une bergerie pour des millions de moutons. Être un honnête homme est une exigence absolue qui parfois peut vous faire grandir aux yeux de votre maman.

Combien aujourd'hui de députés ont encore confiance dans cette politique assassine menée par et pour des intérêts privés ? Combien de députés auront le courage demain de se regarder dans la glace lorsque la France sera méconnaissable, divisée, bouleversée ? Députés, vous n'êtes pas les laquais du pouvoir mais les serviteurs du peuple. Reprenez votre courage, exprimez votre liberté de penser. Ne laissez pas votre dignité être altérée par un pouvoir fou qui s'entête. Il en va de notre pays, de nos enfants, de notre histoire et de notre avenir à tous. Indignez-vous.

Spartacus 2022

Au député de la 2ème circonscription du Morbihan.

 

 

 

 

 

 

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