Gilet Jaune, ferme ta gueule, la justice est sourde....

La police tente d'intimider et la justice condamne avec rigueur. Dois-je avoir peur ? Non...

Gilet Jaune, ferme ta gueule, la justice est sourde....

 

À l'école de la République, on nous demande d'apprendre avec respect, comme faisant partie du patrimoine Français, les fables de La Fontaine. Je ne peux que me souvenir en ces temps troublés de celle des « Animaux malades de la peste » dont la morale est «  Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Quelle vision prophétique car comment ne pas voir aujourd'hui dans ces mots toute l'injustice dont le système judiciaire se rend coupable au mépris notre devise « Liberté-Égalité-Fraternité »

Interpellé vendredi soir pour du « street art» façon GJ, me voilà confronté à un cruel dilemme, soit faire repentance auprès des instances judiciaires ce qui serait me renier et avouer de facto ma faute, soit crier haut et fort ma révolte contre un système injuste... Dans ce cas je ne me fais aucune illusion sur la décision du magistrat qui sera tout heureux de condamner pour l'exemple un Gilet Jaune rebelle, insoumis, fainéant et illettré... Que faire ? Ruser ou crier, finasser ou m'égosiller en pure perte...

Sorti tard dans la nuit du commissariat, j'hésitais sans savoir quelle attitude adoptée... Après deux jours d'un rond point éphémère où presque 80 % des automobilistes nous ont montré de la sympathie, je pense qu'il faut ruser simplement pour économiser nos forces et repartir encore plus fort au combat. Septembre nous attend avec les retraites. Bien sûr, certains après avoir subit des pressions de la police renonceront à s'exposer davantage et laisseront sur le dossier d'une chaise leur gilet jaune. Il faut respecter ce choix. Pour ma part, ma motivation reste intacte car non soluble dans la peur. Alors j'utilise les seules armes que me laisse encore la justice, celui de garder le silence et celui d'être défendu par un avocat « gilet jaune » car il en existe qui placent l'honneur de leur profession et de la France au-dessus de la soumission au pouvoir. En attendant, si vous êtes interpellés et pire encore mis en garde à vue, ne signez rien, n'avouez rien... Rester Gilet Jaune courtois et polir. Évitons surtout les provocations qui donneront à Jupiter et à ses sbires toutes les raisons de nous discréditer aux yeux de l'opinion publique.

Souvenez-vous de Louise Michel et de la Commune. Certaines écoles où l'on récite les fables de La Fontaine portent son nom. Cette enragée s'est battue pour le peuple, pour la justice et contre toutes formes de pouvoir arbitraire. En son temps, un magistrat l'a condamnée à la relégation en Nouvelle-Calédonie. Réhabilitée, elle est rentrée en France pour continuer inlassablement son combat. Si aujourd'hui son nom est connu et reconnu, qui se souvient du magistrat qui l'a jugée et condamnée. Cet homme est passé dans l'oubli, il n'est rien, absolument rien. Il n'est qu'une erreur de l'histoire

Si La Fontaine revenait nous voir, il pourrait dire sans se tromper «Selon que tu sois de la France d'en haut ou de la France d'en bas,  Les jugements macronistes te feront blanc ou jaune ». 

Alors Gilet Jaune, soit fier de ton combat, car si la justice te sanctionne aujourd'hui à fermer ta gueule, sache que demain les livres d'histoire te rendront justice.

Spartacus 2022

 

 

 

 

 

 

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