JO 2024 ou Exposition Universelle 2025 : faut-il vraiment choisir?

Milan a lancé le 1er mai l’Exposition Universelle 2015 qui devrait accueillir 20 millions de visiteurs et dont les retombées économiques sont estimées à plus de 10 milliards d’euros de PIB additionnel. Quelques jours plus tôt, le 13 avril dernier, le Conseil de Paris s’est déclaré en faveur de la candidature de la ville pour accueillir les Jeux Olympiques de 2024, suivie du Conseil régional d’Ile de France.

Milan a lancé le 1er mai l’Exposition Universelle 2015 qui devrait accueillir 20 millions de visiteurs et dont les retombées économiques sont estimées àplus de 10 milliards d’euros de PIB additionnel. Quelques jours plus tôt, le 13 avril dernier, le Conseil de Paris s’est déclaré en faveur de la candidature de la ville pour accueillir les Jeux Olympiques de 2024, suivie du Conseil régional d’Ile de France.
Or, le pays envisage aussi une candidature à l’Exposition Universelle de 2025. La France n’a pas accueilli l’Exposition Universelle depuis 1900, malgré deux expositions spécialisées en 1925 et 1937, et les JO d’été depuis 1924. Depuis les annonces de la volonté de déposer ces candidatures, les soutiens en faveur de l’un ou de l’autre des projets se sont multipliés. « Le match des candidatures » titrait alors le Parisien. Mais y-a-t-il vraiment un match ? Les deux projets ne peuvent-ils pas être menés parallèlement ? Anne Hidalgo et Manuel Valls ont tous deux affirmé la capacité de la France à porter les deux candidatures… Ce ne serait d’ailleurs pas une première : en 1992, l’Espagne avait accueilli l’exposition universelle à Séville et les Jeux à Barcelone !
Pourtant, se pose la question du coût de ces événements et de la capacité, dans la situation économique actuelle, d’accueillir les deux successivement. Si les deux projets se veulent beaucoup plus raisonnables financièrement que ceux qui les ont précédés, le coût n’en est pas moins colossal. Expo2025 estime un budget entre 3 et 5 milliards d’euros et JO 2024, un budget de 6 milliards. Face aux Jeux de Londres à 11,5 milliards d’euros, de Sotchi à 37 milliards d’euros ou à l’exposition universelle de Milan à 20 milliards d’euros, les projets français semblent en effet tout à fait raisonnables. Mais de telles dépenses restent tout de même difficiles à faire avaler en temps de crise.
Cependant, plusieurs éléments laissent à penser que mener de front les deux événements reste possible. En effet, dans le cadre du développement du Grand Paris, un certain nombre d’aménagements sont programmés notamment en matière de transport et les JO comme l’exposition universelle pourraient capitaliser sur ces aménagements. De plus, les investissements pour construire ou rénover les infrastructures ont vocation à servir à la population au-delà des événements. Par ailleurs, l’apport de ces deux manifestations ne se limite pas à un aspect financier : ils peuvent créer des emplois mais sont aussi des instruments d’aménagement du territoire, de cohésion nationale, de rayonnement et d’attractivité de la France à l’étranger.

Un élément est cependant indispensable pour l’organisation conjointe des deux événements: inclure les préoccupations environnementales dans les deux projets. La durabilité du projet est d’ailleurs l’une des recommandations de l’Agenda 2020 du CIO. Lors des JO de Londres, 40 millions d’euros supplémentaires ont été apportés par les sponsors pour le programme de développement durable. L’environnement est une préoccupation majeure et le pouvoir de grands événements tels que les JO ou l’exposition universelle ne doit pas être négligé. En incluant les préoccupations environnementales, ce type d’événement peut jouer un rôle dans la prise de conscience de l’importance de ces questions et dans le changement de comportement des individus. La sensibilisation du public est un enjeu important de ce type d’événement. Une bonne organisation des transports, une gestion efficace des déchets et de l’eau et de manière plus générale l’inclusion de la protection de l’environnement dans tous les aspects de la conception de grands événements doivent permettre à la fois de réduire leur impact sur l’environnement et de faire évoluer les comportements individuels. Mercredi 20 mars, le troisième rassemblement des Matins des Ateliers de la Terre se concentrera d’ailleurs sur le thème « Sport et Développement durable », preuve que la question est au coeur des préoccupations actuelles. Les intervenants, Sophie Auconie, Nathalie Durand, Sandrine Guyot et Marie-Cécile Naves réfléchiront sur l’équilibre à trouver entre protection de l’environnement et la promotion de l’activité physique.

En portant deux événements durables, la France pourrait s’affirmer une nouvelle fois comme un acteur central de la protection de l’environnement sur la scène mondiale, alors qu’elle se prépare actuellement à accueillir la Conférence Paris Climat en décembre prochain.

 

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