Formula E: vers un sport automobile plus vert ?

Ce samedi 23 avril 2016, se tiendra autour des Invalides à Paris, la toute première course de Formula E organisée sur le sol français (circuit de 1,9 km). La caractéristique de cette jeune discipline automobile : l’utilisation de moteurs 100% électriques (nettement moins que ceux utilisés par sa discipline sœur, la Formule 1). Mais est-ce réellement une discipline 100% « eco-friendly » ?

La Formula E vit actuellement  sa deuxième saison et sa notoriété connait une réelle croissance. Il faut avouer que même si la vitesse des monoplaces est plus faible qu’en F1, les courses n’en sont pas moins passionnantes. Organisées en milieu urbain, en plein centre-ville (ce 23 avril, en plein cœur de Paris, aux Invalides), les pilotes doivent prendre en compte les obstacles urbains tels que les bouches d’égout, les murs ou les bosses rendant les courses plus haletantes. De plus, les voitures sont souvent proches en terme de performance ce qui promet souvent des courses spectaculaires dont le vainqueur n’est pas connu avant le dernier tour.

Si la discipline est de plus en plus populaire, c’est également parce qu’elle a su attirer des grands noms du sport automobile comme Nicolas Prost (fils d’Alain Prost, quadruple champion du monde de F1), Bruno Senna (neveux de la légende brésilienne Ayrton Senna) ou encore Jacques Villeneuve, grand pilote canadien champion de F1 en 1997.  La Formula E donne également un rôle central aux supporters via le système absolument inédit et innovant du Fan Boost. Celui-ci permet aux supporters de voter pour leur pilote préféré sur internet attribuant ainsi une puissance supplémentaire aux voitures des trois pilotes ayant reçu le plus de voix (et donc un avantage considérable pour la victoire finale).

Mais la réelle innovation de la formula E reste son caractère « eco-friendly », unique dans le monde du sport automobile. Le développement de cette technologie qui répond mieux aux défis environnementaux permettra non seulement de diminuer le poids carbone de la compétition mais aussi de développer de nouveaux systèmes de mobilité électrique utilisables dans la vie de tous les jours. Ainsi, la Formula E fait, en quelques sortes, office de laboratoire de recherches pour une mobilité citadine plus verte et durable.

Néanmoins, il ne faut pas s’y tromper, tout n’est pas tout vert. Si l’énorme impact écologique de la Formule 1 n’est plus à démontrer[1], une étude de la FOTA (Formula One Team Association), a démontré que celui-ci est majoritairement causé par les déplacements du public et des écuries plutôt que des courses elles-mêmes (qui ne représenteraient que 0,3% des émissions). C’est donc en responsabilisant le public et les citoyens à une mobilité plus verte que les événements sportifs impacteront moins lourdement notre environnement.

On ne peut cependant que se réjouir de cette nouvelle discipline montante qui promet de grands moments de sport tout en sensibilisant ses supporters au plus grand défi auquel notre planète est confrontée, la sauvegarde de notre environnement.

 Adrien Rodrigues, Chargé de mission Sport et Citoyenneté


[1]Une saison de F1 (déplacements du matériel, écuries et public compris) émet environ 188 000 tonnes de dioxyde de carbone ce qui, à titre de comparaison, équivaut à 4000 aller-retour Paris-Montréal en avion ou à la quantité de CO2 rejetée par 2 500 voitures en un an.

 

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