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Le Club de Mediapart dim. 25 sept. 2016 25/9/2016 Édition du matin

«Mélenchon l'antisémite», le buzz foireux, les éditocrates et moi

Mélenchon l'a longuement redit à la tribune du congrès de son parti gauche (PG) ce dimanche, il n'a évidemment pas tenu de propos antisémites à l'égard de Pierre Moscovici, comme l'en ont accusé vingt-quatre heures durant nombre de socialistes et éditorialistes sur les réseaux sociaux. Pour avoir voulu donner sa propre version d'un «buzz factice», Mediapart a de son côté été une nouvelle fois mis en doute, à tort, par Jean-Michel Aphatie ou Jean Quatremer.

Mélenchon l'a longuement redit à la tribune du congrès de son parti gauche (PG) ce dimanche, il n'a évidemment pas tenu de propos antisémites à l'égard de Pierre Moscovici, comme l'en ont accusé vingt-quatre heures durant nombre de socialistes et éditorialistes sur les réseaux sociaux. Pour avoir voulu donner sa propre version d'un «buzz factice», Mediapart a de son côté été une nouvelle fois mis en doute, à tort, par Jean-Michel Aphatie ou Jean Quatremer.

Lors de son discours de clôture, le co-président du parti de gauche (PG) s'est défendu de toute arrière-pensée, face aux condamnations de la direction du parti socialiste, abondamment relayées sur les réseaux twitter. Mélenchon a dénoncé «l'infecte propagande du Parti solférien qui veut me faire dire des choses que je n'ai pas dites».

En cause, des propos tenus devant une douzaine de journalistes la veille, s'en prenant au ministre des finances qui ne «ne pense plus en français, mais dans la langue de la finance internationale» dans le règlement de l'affaire chypriote. Des propos que nous avions dans un premier billet remis dans leur contexte et retranscrits plus fidèlement («Quelqu'un qui ne pense plus en français, mais dans la langue de la finance internationale») que dans la dépêche AFP ayant mis le feu aux poudres, bien malgré elle.

«Dire cela, ce serait de l’antisémitisme ? Plus aucune discussion n'est possible dans ces conditions !» s'est exclamé Mélenchon à la tribune. «J'ignorais quelle était sa religion et je n'ai pas l'intention d'en tenir compte dans l'avenir pas davantage que dans le passé», a-t-il assuré avant d'affirmer que «si un jour parce qu'il (Moscovici) est juif, quelqu'un venait ou à l'insulter ou à l'offenser ou à le menacer, alors il nous trouverait tous comme un seul corps pour le défendre.»

Restent alors quelques récalcitrants qui, du haut de leur magistère sur Twitter, refusent de croire les explications de Mélenchon. Et pour ceux-là, le billet de blog Mediapart deviendrait presque une circonstance aggravante. Voire accablante.

Puis…

 

Notons tout de même que la querelle sémantique semble tenir à cœur aux accusateurs, là où elle ne change pas grand chose au fond, et que Mélenchon était tout aussi prêt à assumer la version de l'AFP. Notons aussi que ma collègue de l'AFP a raccourci la citation de bonne foi, et sans aucune mauvaise intention (la dépêche a été rectifiée ce lundi matin). Bref, ce dimanche après-midi durant, même si plusieurs de mes confrères (du Monde, du Figaro ou du Nouvel Observateur) utilisent la même citation, voici donc ma « fiabilité » mise en cause par des références journalistiques qui, depuis Paris ou Bruxelles, me font la leçon. Moi qui viendrais en soutien à Mélenchon, carrément en réécrivant les citations de mon lider maximo préféré, dont j'espère d'ailleurs au passage qu'il nous fera un peu croquer de ses pétrodollars vénézuéliens, bien utiles pour faire prospérer notre «officine»…

Au passage, j'admire le coup de pied de l'âne de nos camarades d'Arrêts sur images (lire ici), qui décrètent de leur côté en toute simplicité que j'organise la «riposte des pro-Mélenchon», et qualifiant mon précédent billet de «contre-feu»… C'est à se décourager de chercher la vérité des faits, comme dirait l'autre…

Evidemment, depuis que mon confrère de Politis a mis en ligne l'enregistrement de ladite conversation (lire et écouter ici), confirmant mot pour mot la citation que j'avais rapportée, j'attends toujours des excuses de Jean Quatremer sur cette mise en doute de mon intégrité professionnelle. Elles ne viendront sans doute jamais. Mais bon, au moins s'est-il excusé auprès de Mélenchon.

 

Un mot plus personnel pour conclure. Je m'attendais en écrivant mon premier billet au procès en «soutien mélenchoniste», accréditant la thèse de «l'officine de la gauche de la gauche» (comme ils sont nombreux à le dire, parmi les dirigeants socialistes), qui expliquerait elle-même de façon bien pratique pourquoi Mediapart reste indépendant sous la gauche comme sous la droite. En plus, comme Plenel est un ancien trotskyste…

Précisons enfin que je suis le co-auteur d'une biographie sur Mélenchon, avec Lilian Alemagna de Libération (le même journal que Quatremer, qui reproduit aujourd'hui la même citation que moi, au passage). Une biographie qui ne lui a pas particulièrement plu (sa vente a été interdite sur les tables de librairies des meetings de campagne) - ni particulièrement déplu d'ailleurs, nous ne l'avons jamais «débriefé» depuis -, mes rapports avec lui ont toujours été professionnels, jamais connivents, et c'est très bien comme ça. Nous ne nous sommes plus parlé en tête-à-tête depuis plus d'un an, et notre dernier contact direct remonte à la réception d'un texto d'insulte, suite à un papier sur sa relation au chavisme en septembre dernier. Depuis, les propos cités dans mes papiers sont extraits de conférences de presse, de meetings, ou de rencontres à plusieurs journalistes, comme ce samedi.

Depuis avril dernier, après un billet de blog de fin de présidentielle où il m'accusait de «cuver mon vin» au lieu d'être en reportage, sous prétexte que ledit reportage lui avait déplu, je pense m'y connaître en outrances verbales mélenchoniennes. sans parler des tombereaux d'insultes ad hominem qui se déversent sur moi, dans les commentaires du moindre article écrit par Mediapart sur le Front de gauche.

C'est peut-être aussi cette «expertise en dérapages mélenchoniens», largement partagée par mes collègues le suivant régulièrement, qui, depuis Bordeaux, nous a tout de suite fait apparaître comme absurde l'hypothèse, en vogue à Paris, d'un Mélenchon antisémite.

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Jean comment ? 4 merdes ... à c'est lui!!

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