Aéroport de Toulouse, le "coup de bluff" de Macron

Face à la contestation par l’État de l’annulation de la procédure de vente, le collectif contre la privatisation de l’aéroport Toulouse-Blagnac défendra une fois encore l’intérêt général en empêchant le pillage de notre bien commun pour garantir les conditions d’une gestion respectueuse de l’environnement et des riverains.

En annulant la procédure de sélection des candidats à la reprise de la société Aéroport Toulouse Blagnac, la cour administrative d’appel de Paris nous avait permis une avancée spectaculaire sur le chemin de l’annulation de la vente à CASIL-EUROPE. En contestant la décision de la cour d’appel dans le cadre d’un pourvoi en cassation, M. Bruno LE MAIRE refuse de reconnaître les manquements nombreux ayant conduit à une violation de l’intérêt général, au pillage des bénéfices d’une société rentable et à la spoliation d’un bien commun. Plus que jamais, l’État doit juguler le management aux seuls profits des actionnaires afin de tenir compte des autres parties prenantes : les salariés, les riverains, la sécurité et l’environnement.

Coup de bluff

Après la victoire devant la cour administrative d’appel, le collectif avait annoncé sa volonté de faire annuler définitivement la vente en saisissant début juin le Tribunal de commerce de Paris afin qu’il constate la nullité absolue de l’acte signée le 15 avril 2015.Pour tenter de tenir cette procédure en échec, l’État joue sa dernière carte. Il s’agit d’’un « coup de bluff » pour faire pression sur le tribunal de commerce car le pourvoi en cassation n’est pas suspensif. N’en déplaise au gouvernement : à ce jour, l’autorisation de vente est nulle donc la vente est nulle.

Le président Macron confirme une nouvelle fois qu’il reste le plus fidèle allié de la société CASIL EUROPE, lequel tente depuis janvier de vendre ses parts de l’aéroport, 4 ans à peine après l’avoir acheté, en réalisant une solide plus-value (500 M € contre 308 M €). Par cette manœuvre dérisoire, le gouvernement tente de faciliter ainsi une revente sur laquelle il n’a aucune prise, faute d’avoir prévu une disposition protectrice dans le pacte d’actionnaires. 

Macron, l'ami des paradis fiscaux

Pire, le gouvernement qui prétend lutter contre la fraude fiscale, laisse faire une manœuvre de contournement pour ne pas payer l’impôt sur les plus values. En effet, si CASIL EUROPE, basée à Paris, revend les 49,99 % des actions d’ATB, elle doit payer diverses taxes pouvant rapporter plusieurs dizaines de millions d’euros au fisc français. Mais comme les actionnaires de CASIL EUROPE sont une société écran basée à HONG-KONG (paradis fiscal bien connu), les véritables propriétaires de CASIL EUROPE proposent de céder la société écran, évitant ainsi de payer les taxes.
M. MACRON qui se prétend un adepte du « win-win » devrait subir un « two-loose » (perte de la plus value et perte des taxes et impôts correspondants).


Rassurez-vous, ce coup de bluff n’empêchera pas le collectif de lancer l’action collective conjointe devant le tribunal de commerce de Paris qu’elle proposera à l’ensemble des syndicats, associations, ONG et citoyen-nes via une plateforme en ligne courant mai.

Le facebook du collectif

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