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Billet de blog 3 févr. 2021

Un enseignant en grève de la faim pour que Madama vive ici dignement

Véronique et Éric, un couple d’enseignants, se battent depuis des mois pour qu’un jeune migrant qu’ils ont accueilli dans leur famille il y a deux ans, ne soit pas renvoyé vers le Mali. Samedi 30 janvier, Éric a entamé une grève de la faim dans l’espoir que la situation de Madama soit enfin entendue par le préfet de Haute-Loire. Depuis la préfecture a adressé un refus de régularisation à Madama.

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De la protection de l’enfance à l’expulsion. C’est le sort de nombreux jeunes migrants arrivés mineurs sur le territoire français et menacés, une fois majeur, d’un retour contraint vers leur pays d’origine. C’est aussi le parcours de Madama. Et aujourd’hui son calvaire, ainsi que celui de la famille qui l’a accueillie en son sein en 2019. « Nous l’avons accompagné dans tout son parcours en France : apprentissage de la langue, de la lecture, écriture, calcul, études, suivi médical, insertion dans la société française, obtention de documents d’identité, recherche d’apprentissage, demandes d’autorisation de travail, démarches pour obtenir un titre de séjour… », expliquent Véronique et Éric dans le texte d’une pétition en ligne pour que Madama reste en France.

Depuis l’anniversaire de ses 18 ans, en janvier 2020, la préfecture a pris son temps pour examiner sa demande de titre de séjour, datée d’il y a un an maintenant. « On nous a dit que ça n’irait pas parce qu’il n’avait pas de contrat de travail », se rappelle Véronique. À ce moment-là, Madama est inscrit en lycée professionnel dans une unité pédagogique pour élève allophone. Une première orientation professionnelle à l’âge de 17 ans dans le domaine de la boucherie-charcuterie a échoué quelques mois plus tôt. « Les migrants n’ont pas le droit à l’erreur », déplore amèrement Véronique.

Pourtant, dans le courant de l’année 2020, malgré la crise sanitaire, il réussit à faire un premier stage dans le domaine agricole. Puis un second chez un éleveur bio qui veut absolument le garder comme apprenti. « Il a un bon contact avec les animaux, ça lui plaît », raconte l’enseignante. Madama signe un contrat et s’inscrit dans un établissement scolaire qui prépare à un CAP d’ouvrier agricole. Il a trouvé sa voie. Tout roule, sauf l’autorisation de travail et le titre de séjour, toujours en attente.

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