Sexisme : Jean-Claude Gaudin se vautre dans une solidarité masculine avec un élu RN

https://rapportsdeforce.fr/breves/sexisme-jean-claude-gaudin-se-vautre-dans-une-solidarite-masculine-avec-un-elu-rassemblement-national-02073073

C’est une scène à peine croyable qui s’est déroulée au cours du dernier conseil municipal de Marseille, présidé par Jean-Claude Gaudin. Lors d’un accrochage politique entre une élue écologiste et un représentant du parti de Marine Le Pen, Lydia Frentzel (EELV) donne rendez-vous à son contradicteur dans la circonscription de ce dernier aux prochaines élections municipales. « On se verra dans les 13e-14e, je vous préviens », lance-t-elle. « Au même hôtel, le même jour, à la même heure », lui rétorque Stéphane Ravier, le conseiller municipal et sénateur Rassemblement national, déclenchant les rires gras des élus de son groupe.

Stéphane Ravier n’en est pas à son coup d’essai. Déjà en 2013, il s’était défendu d’une « boutade » après avoir déclaré : « Le viol, c’est un rapport amoureux, qu’une partie des deux souhaite. La deuxième pourrait faire un effort ». Mais la suite du conseil municipal, dont la séance est filmée, est tout bonnement hallucinante. Alors que l’élue écologiste s’indigne, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin poursuit sur le même ton graveleux : « en tout cas, ce n’est pas dans mon bureau », suscitant l’hilarité d’une partie de l’assemblée.

Face aux protestations virulentes de Lydia Frentzel, Jean-Claude Gaudin tente de calmer l’élue, « n’exagérons pas Mme Frentzel », puis demande en souriant de la retenue aux bancs de l’extrême droite d’un signe de la main, avant de conclure en s’adressant à l’élue EELV : « ce sont vos propos qui sont invraisemblables ». L’élue écologiste a indiqué avoir porté plainte pour « injures publiques sexistes ». Pendant ce temps, un rassemblement se tenait devant la salle du conseil municipal pour protester contre la politique de la mairie vis-à-vis de l’habitat indigne, le sujet principal de cette séance.

Rapports de force

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.