Débat sur l’immigration : l’attaque des clones

Lundi et mercredi, l’Assemblée nationale et le Sénat débattent du sujet de l’immigration, comme souhaité par l’exécutif. Jusqu’aux élections présidentielles de 2022, Emmanuel Macron entend faire de cette question un axe de son intervention politique. Copiant l’extrême droite en dramatisant les chiffres des demandes d’asile, en même temps, il se défend de braconner sur ses terres.

Des mesures économiques aux petits oignons pour les winners de la start-up nation, des débats pourris pour les prolos. C’est le sens du partage en version Emmanuel Macron. Mi-septembre, le chef de l’État déclarait que les bourgeois ne croisent pas l’immigration, alors que les classes populaires vivent avec. Une resucée de pensée sarkozyste. L’ex-ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac opposait déjà en 2003 les bobos et leur supposée bien-pensance à ceux qui selon lui subissaient vraiment l’insécurité. Un thème emprunté au Front national, mais utilisé à maintes reprises par Nicolas Sarkozy qui se faisait fort d’avoir asséché les voix de l’extrême droite en 2007.

Bien que la stratégie de braconnage sur les terres frontistes ait montré ses limites, Emmanuel Macron a décidé d’en faire un axe pour sa précampagne électorale de 2022. Pourtant, le Front national après avoir un temps vu ses voix se porter vers la démagogie déployée par Nicolas Sarkozy avait retrouvé sa surface électorale en quelques années. Même le débat sur l’identité nationale n’a pas conservé les suffrages racistes dans le giron de la droite. Le vote lepéniste a même explosé depuis, jusqu’à atteindre 11 millions de voix au second tour de la présidentielle de 2017. Cependant, pour le président de la République, l’affrontement en 2022 aura lieu avec le Rassemblement national. Par conséquent, l’immigration et les sujets régaliens seront labourés jusqu’à l’écœurement pour arrimer l’électorat de droite, déjà capté par les mesures économiques de la majorité.

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