L’extrême droite a tué une centaine de personnes en Europe en dix ans

En 2013, Clément Méric, jeune antifasciste de 18 ans, mourrait sous les coups de militants nationalistes, dévoilant au grand public la violence de ces groupes d’extrême droite. Cinq ans plus tard, le nombre d’agressions commises par cette mouvance d’ultra-droite se compte toujours en dizaines chaque année, en France et en Europe.

« L’extrême droite tue, faisons son procès », proclame une affiche du comité pour Clément, à l’approche de la comparution devant les assises de Paris des trois militants du groupe Troisième Voie responsables de la mort de Clément Méric. Une alerte pour rappeler que la marque de fabrique de ces mouvements est d’imposer leurs idées par la violence, voire la terreur. Mais aussi une protestation contre les discours renvoyant dos à dos fascistes et antifascistes ou tendant à réduire la mort de Clément Méric à une banale bagarre de rue.

Si aucun autre mort n’est à imputer à la mouvance d’ultra droite en France depuis 2013, les agressions et projets d’attentats ou d’assassinats n’ont pas manqué. Au mois de juin, dix membres d’un groupuscule baptisés Action des forces opérationnelles sont mis en examen. Ils sont suspectés de préparation d’attentats contre des musulmans. Lors des perquisitions, 36 armes à feu et des composants servant à la fabrication d’explosifs sont saisis. L’an dernier déjà, dix personnes avaient été interpellées dans l’entourage d’un ancien militant de l’Action française, lui-même arrêté en juin, pour des projets d’attentats visant des hommes politiques et des mosquées. Parmi les cibles : Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner.

Des velléités de déstabilisation qui rappelle la tentative d’assassinat visant Jacques Chirac pendant le défilé du 14 juillet 2002, année ou un parti d’extrême droite, le Front national, accédait au second tour d’une élection présidentielle pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le tireur s’appelait Maxime Brunerie. Il était proche du groupe Unité radicale, transformé par une partie de ses cadres après sa dissolution en Bloc identitaire. Certes, depuis l’assassinat de Clément Méric en 2013 aucun mort n’est à dénombrer dans l’hexagone du fait de l’extrême droite. Pour autant, il n’en est pas de même ailleurs. Cette année au mois de juin, un néonazi slovaque agresse un Philippin de 36 ans qui meurt quelques jours plus tard à l’hôpital. Dans l’été, c’est un Marocain de 43 ans qui est mort en Italie des coups qu’il a reçus.

L’an dernier à Charlottesville aux États-Unis, l’assassinat de Heather Heyer par un néonazi fonçant sur la foule avec son véhicule lors d’une manifestation de suprémacistes blancs a suscité une émotion mondiale. À Charlottesville, une seule des victimes est décédée. Ce n’est pas le cas en Norvège en 2011. Là, Anders Breivik tua 69 adolescents lors de l’attaque du camp d’été des jeunesses travaillistes sur l’île d’Utoya et huit personnes de plus au siège du gouvernement. Un crime de masse qui n’est pas le premier imputable aux mouvements nationalistes. Dans les années 90, trois attentats liés à l’extrême droite sont perpétrés aux États-Unis, dont celui d’Oklahoma City où ont été dénombrés 168 morts et 500 blessés. Par le passé, des néofascistes italiens avaient fait exploser une bombe à la gare de Bologne. Le bilan fut meurtrier avec 85 morts et 177 blessés. Plus près de l’hexagone et dans le temps, un groupuscule néonazi allemand a assassiné huit Turcs, un Grec et une Allemande, entre 2000 et 2007.

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