52e congrès de la CGT : débats rouges vifs sur les questions internationales

Le bilan et la ligne syndicale défendue par Philippe Martinez sont contestés en interne par certaines fédérations et unions départementales, qui souhaitent gauchir son orientation, et que la CGT quitte les confédérations syndicales européennes et internationales réformistes, au profit de la Fédération syndicale mondiale, l’ancienne internationale du bloc soviétique.

Les échanges promettent d’être rugueux à l’occasion du 52ème congrès de la CGT, qui se tient à Dijon du 13 au 17 mai dans un contexte difficile pour le syndicalisme de lutte. La CGT peine à mobiliser les salariés pour s’opposer aux mesures néolibérales du gouvernement pendant que le mouvement des gilets jaunes occupe le devant de la scène de la contestation sociale.

Dans le même temps, la confédération s’est faite voler, de justesse dans les urnes, la place de première organisation syndicale au profit de la CDFT. Fin 2018, la CGT a bien conservé sa première place aux élections dans la fonction publique, mais en y perdant 78 500 voix (-1,3%) du fait d’une participation en baisse, la centrale de Montreuil est désormais dépassée par la CFDT sur le cumul des secteurs public et privé. Dans ces circonstances, les critiques enflent contre une direction accusée d’être trop molle par une partie des militants représentant l’aile gauche du syndicat.

 

Critiques d’une « orientation réformiste, soumise au grand capital européen »

 

« La règle selon laquelle, quand on est en faiblesse et en reflux militant, on s’engueule entre camarades, fonctionne aussi dans une organisation de masse comme la CGT », philosophe le secrétaire d’un syndicat départemental de l’éducation. À Dijon, l’un des sujets de discorde va porter sur l’appartenance à telle ou telle organisation syndicale internationale. Une campagne est en cours depuis des mois au sein de la CGT pour qu’elle quitte la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI), jugées trop intégrées aux institutions. Elle est menée par des poids lourds comme la fédération de la Chimie, ou les unions départementales des Bouches-du-Rhône et du Val-de-Marne, auxquelles se sont associées des structures moins puissantes et divers courants sans existence statutaire comme le Front syndical de classe.

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