École de la confiance : la loi passe, la défiance reste, les mobilisations continuent

Jeudi 13 juin, les élus des deux chambres parlementaires ont voté en commission mixte paritaire une nouvelle version de la « loi pour une école de la confiance ». Expurgée des mesures les plus contestées par le monde enseignant, elle s’ajoute à la panoplie de réformes déjà mise en place dans le secondaire par Jean-Michel Blanquer.

Les députés et les sénateurs se sont mis d’accord pour évacuer du texte final plusieurs des mesures qui ont mobilisé professeurs des écoles et parents d’élèves depuis plus de trois mois. Ainsi, l’amendement ajouté lors de l’examen en première lecture à l’Assemblée nationale au mois de février portant sur la création d’établissements publics des savoirs fondamentaux passe à la trappe. Finie la réunion d’une ou plusieurs écoles sous l’autorité d’un collège et de son chef d’établissement. En tout cas dans la loi. Les expérimentations déjà initiées se poursuivront.

Ce n’est pas réellement une surprise. Le Sénat avait déjà supprimé cet amendement et le ministre de l’Éducation nationale avait laissé entendre qu’il ne souhaitait pas s’arc-bouter sur cette question. Pour autant, les modifications apportées par les sénateurs qui avaient remplacé ce dispositif par l’attribution d’une fonction hiérarchique pour les directeurs d’école ont aussi été supprimées. Une grande partie des professeurs des écoles y est hostile, privilégiant un travail d’équipe plus horizontal et une certaine liberté pédagogique. Les autres modifications apportées par la droite sénatoriale, supprimant les allocations familiales en cas d’absences répétées, ou empêchant les femmes voilées parents d’élèves d’accompagner les enfants lors des sorties scolaires, ont aussi été expurgées.

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