3,4 milliards d’économies sur le dos des chômeurs, zéro sur celui du patronat

Le patronat, principal responsable de l’échec des négociations sur l’assurance chômage, se voit récompensé par le gouvernement. Le bonus-malus sur les contrats courts reste symbolique et ne rapportera rien à l’Unédic. De leurs côtés, les salariés les plus précaires subiront une double peine en devenant des chômeurs précaires, pas ou peu indemnisés.

C’est un des paradoxes de la réforme : alors que selon la communication du ministère du Travail, les contrats courts représentent un coût de 9 milliards d’euros par an pour l’Unédic, la seule mesure affectant les employeurs ne dégage aucun gain financier pour l’assurance chômage. Le bonus-malus sur les contrats à durée déterminée de moins d’un mois, avancé depuis plus d’un an par le gouvernement comme la mesure étendard d’une réforme équilibrée, accouche d’une souris. D’abord, les pénalités ne concerneront que les entreprises privées. L’État, premier patron de France et gros pourvoyeur d’emplois précaires, reste hors du champ d’application du dispositif.

Ensuite, seuls sept secteurs d’activité sur trente-huit ont été retenus, ignorant ainsi 66 % des ruptures de contrats de travail, selon les chiffres du ministère. Le BTP ou le médico-social qui emploient massivement des contrats courts sont laissés de côté. Et même pour les secteurs concernés, le malus exclut les sociétés employant moins de 11 salariés. Et encore, pour les plus grosses, il ne concerne que les entreprises qui ont un taux de séparation supérieur à 150 %. C’est à dire, celles dont le nombre de fins de contrats dépasse de 50 % la totalité des emplois en CDI : par exemple 150 précaires pour 100 emplois pérennes. Enfin, le niveau de pénalité est essentiellement symbolique : +0,95 point de cotisation chômage.

La suite

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.