À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Le gouvernement a annoncé au printemps la suppression de 4000 équivalents temps plein travaillés d’ici 2022 à Pôle emploi, prétextant une baisse du chômage et une numérisation des procédures pour les demandeurs d’emploi. « Un équivalent temps plein travaillé, c’est quelqu’un qui travaille du 1er janvier au 31 décembre, sans compter les congés, les maladies et les temps partiels : c’est une personne qui n’existe pas », prévient Karine qui travaille au service contentieux. Avec un personnel composé à 80 % de femmes, les temps partiels représentent plus de 30 % du nombre total d’agents.
Présente devant l’agence de Castelnau-le-Lez dans l’Hérault avec ses collègues en grève, Karine assure que le nombre de postes concernés approcherait en réalité plutôt les 7000. En attendant 2022, ce sont déjà 800 emplois qui sont sur la sellette pour l’année à venir. La loi de finances 2019, votée en première lecture à l’Assemblée nationale ce 20 novembre, entame les coupes dans les effectifs de l’agence publique pour l’emploi. C’est cette date qui a été choisie par l’intersyndicale pour déposer un préavis de grève de 24 h, en espérant peser sur la décision. À la mi-journée, la direction annonçait environ 30 % de grévistes dans des services peu habitués à des chiffres de grèves importants.