Le système de retraite à points expliqué en 5 minutes

Nous continuons notre série d’articles sur la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. Aujourd’hui, nous décryptons pour vous les principes et les éléments déjà connus du système à points, même si le gouvernement entretient le flou sur de nombreux sujets et que la présentation, puis le vote d’un texte de loi, sont renvoyés à plus tard : après les élections municipales de 2020.

« Un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits pour tous », martèlent les membres du gouvernement depuis près de deux ans. Au-delà d’une formule vendeuse prenant les apparences de l’égalité, que cache ce slogan ? Regardons cela ensemble.

À partir de 2025, peut-être plus tard, le gouvernement cherchant à désamorcer l’explosivité de sa réforme, les annuités et les trimestres actuels seront remplacés par des points. En clair, la partie du salaire brut correspondant à vos cotisations retraite sur votre fiche de paye sera convertie en points. L’apparente bonne nouvelle, c’est que vous n’avez plus besoin de 150 h de travail minimum payées au SMIC pour valider un trimestre. Chaque multiple de 10 € de cotisations vous fera engranger 1 point. Mais ne vous réjouissez pas trop vite, quelques heures de travail de-ci de-là ne généreront pas un montant important de cotisation, donc de points, et finalement de pension.

Au moment du départ en retraite, les points accumulés tout au long de votre carrière sont convertis en un montant de pension. À ce jour, le rapport Delevoye fixe la « valeur de service » du point à 0,55 €. Cela signifie que 10 € cotisés ouvrent droit à 0,55 € de pension. Dans l’exemple d’une personne ayant effectué 100 heures de baby-sitting au SMIC, cité dans le document de l’ex-Haut commissaire aux retraites, et qui contrairement au système actuel se verrait ouvrir des droits, cela représente 14 € de pension par an. Soit 1,16 € par mois. Passons maintenant aux vraies mauvaises nouvelles.

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