De quelle écologie Michèle Rivasi est-elle le nom?

Une série de déclarations de Michèle Rivasi m'inquiète. Sa victoire remettrait-elle en selle cette écologie conservatrice dont EELV semblait sortie ?

Certains se sont étonnés que tout d'un coup, moi qui n'ai jamais fait mystère de mon appartenance à une organisation du Front de gauche (Ensemble!) et de ma distance prise avec EELV, je m'intéresse à la primaire des écologistes et que j'y prenne parti. Je n'avais pas prévu de m'intéresser plus que cela aux pratiques et discours de Yannick Jadot et Michèle Rivasi. Il y a d'abord du fortuit. Mon inquiétude face à l'évolution de Jean-Luc Mélenchon qui serait trop longue à expliquer maintenant. Il était mon candidat en 2012 et cette année jusqu'à il y a quelques semaines. Puis mon soutien à la candidature de Karima Delli, à une primaire d'Eelv qui ne m'intéressait pas, jusqu'à ce que ma fille de 18 ans veuille voter à la primaire. Elle m'a dit son envie d'y participer, est séduite par la députée européenne du nord. Je suis depuis longtemps convaincu par Karima Delli. Elle porte avec sincérité et crédibilité cette écologie populaire qui trouve sa place dans le fil rouge, vert et noir de mon engagement politique depuis mon adolescence. Déjà, aux avant dernières européennes, j'avais fait des infidélités au Front de gauche uniquement pour espérer son élection et celle de Pascal Canfin.

Mais voilà, deuxième élément fortuit, elle n'est pas au second tour. Me voilà bien obligé de regarder de plus près Rivasi et Jadot. Voter, c'est toujours choisir et éliminer. Pour ce qui est choisir, je renvoie à notre texte de « Peuple de l'écologie populaire pour Jadot » paru dans le Club samedi dernier. Je connais Yannick depuis plus de 15 ans : avec mon épouse, Véronique Dubarry (vous l'avez compris, nous sommes de ces gens dont le premier parti politique est leur famille) nous avons accueilli aux Verts du 10e arrondissement le nouvel adhérent qu'il était. Je ne suis pas un soutien béat : être proche de Dany Cohn-Bendit, c'est certes l'être de sa ligne libertaire et ça me plaît, mais aussi de sa ligne libérale économiquement, et là, ça me plaît beaucoup moins. Et de sa ligne européenne, et là, je ne sais plus où j'en suis. Contrairement à beaucoup, je ne trouve pas qu'avoir eu des responsabilités à la multinationale Greenpeace et son obsession des campagnes bankable (les baleines plutôt que le nucléaire) soit forcément le meilleur sur un CV écolo. Mais Rivasi et Jadot sont tous les deux passés par là, avec autant de déboires dans leur façons d'être patrons. 

Le miracle de la CRII-RAD
Et puis il y a Michèle Rivasi. Pour moi avant ces derniers 15 jours, c'était d'abord une grande dame de la lutte pour l'environnement. Il faut se souvenir ce que représenta la Crii-rad pour tout militant écolo de la génération qui comme moi s'engage - j'ai alors 18 ans et vient de faire la campagne Juquin - à la fin des années 80. Dans le marasme d'une écologie alors en panne électoralement et d'un mouvement nucléaire meurtri qui a les yeux rivés sur la défaite de Malville plus que sur la si belle victoire de Plogoff, alors la naissance de la contre-expertise citoyenne de ce petit labo militant qui sème la panique chez les nucléocrates est une nouvelles pousses qui nous dit que l'hiver va finir.

Il y a bien ses allers-retours entre Les Verts et le PS – être élue députée grâce à un accord Verts-PS en 95 puis rejoindre comme apparentée le groupe PS, y entrer en 2002 (pour seulement un an) quand je quitte Les Verts notamment parce que je trouve qu'ils sont devenus trop proches du PS. Je suis de ceux qui scandent "tout le monde déteste le Parti socialiste" dans les cortèges de tête. Mais, bon, Michèle Rivasi avait sûrement ses raisons que mon cœur ne connaît pas. Une de mes interrogations est sur le « avait » : quand dans le débat sur LCP le 26 septembre 2016 elle défend (à 1h26) que EELV peut passer des alliances avec le centre droit et le centre gauche, pense-t-elle seulement aux radicaux valoisiens, aux « progressistes » de Jean-Luc Bennahmias et au Parti radical de gauche... ou au Modem et au PS ? Mais tout ça n'est pas le plus problématique.

« Il va falloir que les musulmans fassent le ménage chez eux »

Là où j'ai commencé à vraiment m'interroger sur l'écologie de Michèle Rivasi, c'est à la lecture d'un entretien qu'elle a donné au Dauphiné le 24 novembre 2015 (je le remet in extenso à la fin pour que vous jugiez sur pièce) en réaction aux attentats, du Bataclan 11 jours plus tôt : « Ce n’est quand même pas normal qu’il y ait autant de femmes avec des burqas ! Sous couvert de tranquillité on a laissé faire. On a laissé la drogue, les trafics qui alimentent tout, les imams salafistes, les discours intégristes… Il va falloir que les musulmans fassent le ménage chez eux. », « À Marseille, raconte-t-elle encore, en tournée avec Nicolas Hulot « il fallait demander l’autorisation pour entrer dans les quartiers Nord ! Il faut reprendre le pouvoir dans nos quartiers. (...) Il faut (...) que les imams qui ne sont pas “réglos” s’en aillent. » Et aussi (ce sera important pour la suite) : « il faut renforcer Frontex » (l'agence anti-migrants de l'Union européenne).

Sur mon mur Facebook, il y a eu trois types de réaction à ces déclarations. Les antiracistes conséquents qui ont trouvé ces déclarations nauséabondes. Les antiracistes conséquents mais qui ont préféré se boucher le nez et les yeux parce qu'ils soutenaient Michèle Rivasi. Les deux restent mes amis, mais j'aimerais bien que les seconds aient envie de le rester. Et, plus inquiétant, une flopée de militants EELV – mais pas seulement - qui non seulement approuvaient ces déclarations mais en rajoutaient dans l'amalgame et la stigmatisation de l'Islam.

Vive Frontex ?

Deuxième élément, ses positions sur l'immigration. D'abord, dans leur contexte d'énonciation, une première déclaration ne m'avait pas paru si problématique, peut-être parce que Jean-Luc Mélenchon raconte peu ou prou la même chose, et qu'on s'habitue à certaines lâchetés. Et puis je les ai écouté plus attentivement dans leur interaction avec l'interviewer. Dans Mots Croisés du 12 mai 2014 lors des élections européennes sur l'arrivée massive de demandeurs d'asile. Yves Calvi cite le programme d'EELV (« les écologistes veulent en finir avec cette europe forteresse » dit-il à 6'41), elle refuse de répondre sur la liberté de circulation et, malgré la relance du journaliste qui lui tend une perche énorme pour qu'elle se prononce contre les obstacles à l'entrée et pour la libre circulation, elle conclut (de 8'50 à 9'23) : « Je ne veux pas que les gens viennent, il faut qu'ils vivent dans leur pays, ça c'est vraiment une politique de développement de ces pays là, et en même temps, on a une agence européenne qui s'appelle Frontex qui limite et qui contrôle seulement à la frontière de l'Europe et c'est ce qui fait qu'on est très touché par le fait qu'il y a des milliers de morts en ce moment au niveau de la Méditerranée. Et donc ce qu'il faut, c'est absolument c'est que les gens ne viennent pas, et pour cela il faut qu'ils restent chez eux. »
Il faut rajouter d'autres déclarations. En novembre 2015, elle déclare : « Il faut renforcer Frontex ». Ce même discours s'est répété lors du débat du second tour de la primaire écolo sur BFM TV le jeudi 27 novembre : Yannick Jadot défendait la liberté de circulation et de résidence (position historique des Verts : en écologie, on est citoyens du monde) tandis que Michèle Rivasi défendait le plan Juncker d'immigration limitée, de quotas par pays et donc de collaboration honteuse avec le régime criminel et liberticide d'Erdogan en Turquie.

Mon ami catho-facho

Troisième élément. En novembre 2013, elle crée et préside le réseau européen, European transparancy watch. La vice-présidente est Corinne Lepage – dont l'écologie et la proximité depuis les années 90 avec Michèle Rivasi est sans doute aussi à questionner. Le secrétaire en est « Gilles Heriard-Dubreuil, expert qualifié ». Plusieurs sites écologistes font le CV de ce personnage. Le 23 décembre 2014, Reporterre publie un article intitulé : « Un des fondateurs du mouvement Ecologie humaine aide Center Parcs à bétonner » : « Pierre et Vacances a commandé une étude au cabinet de conseil Mutadis pour son projet de Center Parcs dans le Jura à Poligny. Ce cabinet est dirigé par Gilles Hériard-Dubreuil, un des fondateurs du « courant Écologie humaine », et sert à faire accepter des risques ou des projets d’infrastructure aux populations. Le 3 août 2016, le site « Sciences critiques » publie une tribune de chercheurs qui dénoncent : « les aménageurs de la vie mutilée » : « Proclamant qu’il faut « gérer » sa peur à la suite de catastrophes comme celles de Tchernobyl et de Fukushima, les aménageurs de la vie mutilée, relayés par des représentants d'instances étatiques ou associatives, prétendent réduire à néant toute possibilité de mise en cause de la déraison nucléaire, enjoignant à chacun d’en tirer au contraire parti, plutôt que de se hasarder à en rechercher les responsables et à rendre inhabitées des terres inhabitables. » Parmi ces aménageurs de la vie mutilée, Gilles Deuil-la-Barre que les chercheurs présentent ainsi : « Gilles Hériard-Dubreuil a fondé en 2013 le « courant » Écologie humaine, dont le nom reprend une terminologie vaticane, avec Tugdual Derville, porte-parole de « Manif pour Tous », et délégué général de l’Alliance Vita, association d’extrême droite catholique du mouvement pro-vie, qui milite contre l’avortement, contre l’euthanasie et contre le mariage entre personnes de même sexe. » Sur le site de l'écologie humaine, deux des trois « co-initiateurs » sont Tugdual Derville  (« Tugdual est délégué général d’Alliance VITA, une association qui agit pour le respect de la vie et de la dignité humaine ») et Gilles Heriard-Dubreuil. Ils sont deux des signataires d'une tribune dans La Croix le 21 mars 2013 qui lance l'écologie humaine : le texte s'ouvre sur la célébration de la mobilisation contre le mariage pour tous et la justifie par une soi-disant écologie humaine aux contours flous. Nous serons plusieurs à tenter de faire passer une réponse à cet amalgame que nous trouvons scandaleux. Le quotidien catholique refusera tous les textes. Etienne Broco et François Mandil réussiront quand même à publier un texte sur le site de La Vie le 16 avril 2013.

Arrêtons-là les exemples. J'ai bien peur qu'en cherchant un peu, on en trouverait d'autres. Mais en même temps, je dois avouer que mon corpus n'est pas très étendu : je n'ai pas étudié tous les discours de Michèle Rivasi depuis 4 ans. Ces éléments là font-ils système et lequel ? Système de quelle écologie ?

Écologie conservatrice

Il y a toujours eu dans l'histoire de l'écologie des courants différents. Jean Jacob dans Histoire de l'écologie politique (Albin Michel, 1999) en identifie trois : l'écologie subversive à la suite de Serge Moscovici (voir mon livre dans la collection « Les précurseurs de la décroissance »), l'écologie socialiste avec René Dumont et l'écologie conservatrice. Ce courant a une ligne directrice qui va du moins au plus réactionnaire suivant qu'on avance dans l'argumentaire qui va suivre, tout le monde ne s'arrête pas au même endroit de l'énonciation : il existe une nature hors de l'histoire, clairement identifiée comme une nature différente de l'humain, cette nature est un ordre qui doit être respecté, cet ordre n'est pas seulement un respect des écosystèmes mais un respect d'une nature essentialisée et a-historique de l'homme (et de la femme), d'un ensemble de valeurs, de hiérarchies et d'institutions traditionnelles (le mariage, la différence et la hiérarchie entre les sexes, l'hétérosexualité...). Le discours s'est étoffé, notamment depuis le mariage pour tous, avec la thématique de la limite, que beaucoup de mes amis décroissants ont gobé sans s'apercevoir que c'était une hostie très rance : il y a des limites à ne pas dépasser, ne pas trop consommer, produire ou polluer (jusque là, tout va bien)... il faut respecter toutes les limites de l'homme et de la femme, revenir au « réel » des frontières et le refus d'une immigration illimitée.

Jean Jacob fait courir cette écologie là du naturalisme conservateur de Robert Hainard à la politique d'Antoine Waechter, en passant par Edward Goldsmith. Il l'aurait peut-être trouvé chez Maurras. Les Verts ont du longtemps se battre pour se débarrasser de cette tendance, en particulier au début des années 90. En 1990-1991, aux jeunes verts (« ecolo-j »), nous devons faire face à un entrisme de la part du groupe d'extrême-droite « Nouvelle résistance » (merci les potes du Scalp pour votre aide).Une enquête de Christophe Nick le 20 octobre 1991 dans Actuel dénonce les « khmers verts ». En octobre 1993, un débat – avec Alain Lipietz au centre - a lieu pour savoir s'il faut débattre ou non avec Alain de Besnoist (http://lipietz.net/spip.php?article2860). . Puis, cela se calme. Au début des années 2000, cela prend des formes plus douces. Le journal La Décroissance – sans que l'on puisse assimiler cela à l'extrême-droite à laquelle il s'opposent très clairement - développe ce que j'avais appelé « une anthropologie problématique » dans mon ouvrage « La décroissance est-elle souhaitable » (Textuel 2004) : la théologie naturelle du catholique Vincent Cheynet s'allie à la défense de l'ordre symbolique de l'ancien althusséro-lacanien Paul Ariès (qui depuis a évolué et préfère désormais pour mon plus grand plaisir Deleuze et Guattary). Pierre Rabhi, endormant les esprits de son filet de tisane tiède, défend la même vision nostalgique de l'ordre ancien, des hiérarchies traditionnelles et de la nature dont il ne faut pas troubler l'ordre et, par exemple, pas l'ordre sexuel. Puis viennent les manifs contre le mariage pour tous et la version catholique de l'écologie conservatrice : voilà, l'écologie humaine, la revue Limites, le livre « No limites » de Gaultier Bès...

La peste ou le choléra ?

Et Michèle Rivasi ? Il y a deux hypothèses, et la plus rassurante des deux n'est pas forcément celle que l'on croit. Soit les différentes sorties de Michèle Rivasi citées au début de cet article font dans son esprit système et cela la place idéologiquement dans ce camp extrêmement inquiétant de l'écologie conservatrice. Si elle est choisie à l'issue du second tour, alors pour la première fois depuis qu'Antoine Waechter a quitté Les Verts, ce courant est en mesure de capturer la représentation du principal parti portant en France l'écologie politique à l'occasion de la principale élection pour le pays. Il faut signaler que Michèle Rivasi est partisane d'une alliance avec le micro-parti de Waecheter, pourtant mouillé jusqu’au cou dans des proximités coupables avec l'extrême-droite, la dernière étant la participation d'un de ses vice-président au dernier grand raout fascistoïde de Robert Ménard à Béziers.

Soit Michèle Rivasi, parce que c'est d'abord une militante pragmatique de causes précises, ne s'est jamais posé ces questions de fond – et notamment ce que signifiait politiquement et philosophiquement l'idée de « Nature » - et cela interroge encore plus. Peut-on être candidate à la présidence de la République et ne pas s'être posé ces questions ? A ne pas s'être interrogée, s'aperçoit-elle qu'elle diffuse la camelote la plus nauséabonde de l'écologie réactionnaire ? Que cela donnera-t-il lors d'une élection présidentielle sous pression Jean-Marine Lepeniste, alors que plusieurs des dérapages signalés au début l'ont été sur des plateaux télés lors de campagnes électorales ?

Première conclusion : au moment où paraît ce texte, les jeux sont faits. Les bulletins de vote sont renvoyés. Qu'il ne soit donc pas dit que c'est pour influencer le scrutin. Mais cela serait-il illégitime ? Ce texte a deux buts : nous inciter à être vigilant pour ne plus se laisser fourguer les discours de l'écologie conservatrice ; entendre Michèle Rivasi dire quelle est son écologie : peut-être que les éléments que j'avance sont fortuits, des éléments isolés qui ne font pas système puisqu'elle en avancera d'autre qui présenteront une autre constellation. Il y a parfois du plaisir à s'être trompé pour celui ou celle qui sait le reconnaître (n'est-ce pas Jean-Luc). Certains camarades me disent qu'il ne faut pas « abîmer Michèle et Yannick ». Mon souci est qu'une candidature n'abîme pas plus l'écologie politique qu'elle ne l'est déjà et surtout qu'elle n'abîme plus ce pays, ce continent, cette planète.

Stéphane Lavignotte

 PS : pardon pour le titre trop facile, surtout que comme Mélenchon, Badiou me séduit autant que m'inquiète son maoïsme anti-démocratique.

 

Michèle Rivasi dans le Daupiné du 24/11/2015 : "Ce n’est quand même pas normal qu’il y ait autant de femmes avec des burqas ! Sous couvert de tranquillité on a laissé faire. On a laissé la drogue, les trafics qui alimentent tout, les imams salafistes, les discours intégristes… Il va falloir que les musulmans fassent le ménage chez eux." "À Marseille, raconte-t-elle encore, en tournée avec Nicolas Hulot « il fallait demander l’autorisation pour entrer dans les quartiers Nord ! Il faut reprendre le pouvoir dans nos quartiers. (...) Il faut (...) que les imams qui ne sont pas “réglos” s’en aillent."

et aussi  "il faut renforcer Frontex".

 

(article en entier)(l'article est payant)

"Michèle Rivasi, députée européenne EELV : « Sous couvert de paix sociale, on a laissé tout faire dans les quartiers »

 

« Ce n’est pas parce qu’on est écolo qu’on a un regard naïf ! » déclare Michèle Rivasi qui estime que « droite et gauche confondues, on n’a pas été assez vigilants ».

 

Pour la députée européenne EELV Michèle Rivasi, qui passe son temps entre Paris, Strasbourg, Bruxelles et la Drôme, et donc pas mal d’heures en TGV et autres transports en commun, pas question de se laisser paralyser par la peur. Et pas question non plus d’angélisme lorsqu’elle évoque la situation actuelle. « À Bruxelles, comme en France, on a laissé faire pour avoir une paix sociale, et on ne s’est pas aperçu que pendant ce temps à Molenbeek, ça s’organisait. Sans oublier que Bruxelles est une plateforme pour les armes. Aujourd’hui il y a une prise de conscience : ce n’est pas parce que rien ne bouge que rien ne se trame ».

 

« Il faut reprendre le pouvoir dans nos quartiers ! »

 

En France, poursuit-elle, cette paix achetée dans les quartiers a produit les mêmes monstres. « On n’a pas vu la dangerosité de cette pseudo-paix sociale dans les banlieues. Ce n’est quand même pas normal qu’il y ait autant de femmes avec des burqas ! Sous couvert de tranquillité on a laissé faire. On a laissé la drogue, les trafics qui alimentent tout, les imams salafistes, les discours intégristes… Il va falloir que les musulmans fassent le ménage chez eux. Qu’il y ait des formations pour les imams comme il y en a pour les pasteurs ou les curés. On n’a pas été assez attentifs à la laïcité, ça se défend tous les jours ! »

 

À Marseille, raconte-t-elle encore, en tournée avec Nicolas Hulot « il fallait demander l’autorisation pour entrer dans les quartiers Nord ! Il faut reprendre le pouvoir dans nos quartiers. Fixer des limites et s’ils ne les acceptent pas, agir en conséquence. Il faut aussi remettre le paquet sur l’éducation, ce n’est sûrement pas le moment d’enlever des éducateurs de rue ! Il faut aussi remettre les RG (renseignements généraux) sur le terrain, que la police revienne, que les imams qui ne sont pas “réglos” s’en aillent. S’il n’y a plus personne sur le terrain comme les RG, la police, les éducateurs, qui peut alerter ? »

 

L’urgence, insiste-t-elle, se joue aussi du côté de l’Europe : « Europol fonctionne mal, il faut renforcer Frontex qui manque de monde, que la justice et la police collaborent mieux, et peut-être que la Grèce demande plus d’aide. » Pour autant, ajoute-t-elle, « nous ne sommes pas en guerre et pas contre un État. Mais nous luttons contre des groupes terroristes qui usent de la terreur pour imposer leur loi ».

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