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Billet de blog 23 juin 2022

Nupes : ni repli, ni fusion, composition générale

Les premiers pas à l'assemblée montrent une hésitation entre fusion et à nouveau dispersion. Qu'est-ce que serait une troisième voie, la composition permettant la catalyse, élargie au mouvement social, à la contre-société, aux créateurs d'imaginaires ? Référence théoriques et exemples de l'histoire récente.

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Le succès de la Nupes tient en partie à un paradoxe : c’est parce que son unité était imparfaite qu’elle a réussi. Ce que l’on entend classiquement par unité implique une uniformisation des composantes. Les commentateurs ont abondamment souligné combien les divergences sur l’Europe, le nucléaire, la sixième république n’ont pas été gommées1. On oppose souvent à unité l’idée d'hétérogénéité, comprise comme négative. Il nous semble que le succès de la NUPES permet de mettre en avant, et d’expliquer, un autre contraire au concept d’unité, mais aussi contraire à celui de dispersion : celui de composition. D’expliciter ainsi une formule un peu brumeuse présente dans des textes récents2, la composition des forces permettant une catalyse. La Nupes n’a pas seulement agrégé des forces hétérogènes mais complémentaires et a gagné en jouant leur diversité. Pour la Seine-Saint-Denis, des élus rejouant la vieille lutte de classe matinée de dénonciation des violences policières et du racisme anti-musulman. Des socialistes, un autonomiste light et des écologistes dans la modérée Bretagne. Des indépendantistes en Corse ou en Polynésie. Des figures du mouvement social en Île-de-France, aux Antilles et en Guyane. Des bobos, pour certains représentatifs des luttes sociétales, dans les centres-villes des grandes villes. C’est pourquoi la proposition d’un seul groupe Nupes à l’assemblée a été une erreur : son refus inévitable a pu donner à penser que l’alliance aux élections n’était qu’une alliance électoraliste, alors que mettre en scène la création de l’inter-groupe aurait pu rendre visible la composition.

Ce succès de la Nupes – avec tous ses défaust - donne une première idée de ce qu’est la composition des forces, quand bien même pour entraîner un effet de catalyse, elle doit se faire composition générale avec le mouvement social, la contre-société et les acteurs de la création des imaginaires. Quels soubassements théoriques et autres exemples pour poursuivre la réflexion ?

Spinoza, Deuleuze et Proudhon

Le vocable de composition vient de Spinoza relu par Gilles Deleuze. Dans Spinoza, philosophie pratique3, Deleuze oppose deux façons de penser les relations entre les êtres, les corps, les groupes. D’un côté une manière grossière d’assigner de manière imaginaire des ressemblances, des différences, des continuités, des discontinuités. Ainsi dans les rapports entre l’humain et les autres êtres vivants non-humains parler de l’humain comme animal de stature droite, animal qui rit, qui parle, animal raisonnable, etc. Cette fiction est une passion du classement souvent selon un critère principal et arbitraire : donner à manger à ses petits avec ses mamelles (mammifère), ne pas avoir de squelette (invertébré), etc. On voit bien les ravages que fait la passion du classement en politique : Mélenchon réduit à son cocardisme, Jadot et EELV caricaturés en écologie de droite, le mouvement autonome limité à la stratégie du Black block, le PCF ratatiné à la démagogie de Roussel... autant d’étiquettes qui empêchent de penser la réalité de chacun et les alliances possibles des uns avec les autres.

L’autre façon est de penser à partir de la manière dont la relation à l’autre m’affecte et comment je l’affecte : ce que fais ou me fait mon chat, comment m’affecte le métro ou le vélo, etc. Spinoza propose de « définir les êtres par leur pouvoir d’être affecté, par les affections dont ils sont capables, les excitations auxquelles ils réagissent, celles auxquelles ils restent indifférent, celles qui excèdent leur pouvoir et les rendent malades ou les font mourir »4. Deuleuze-Spinoza invite donc à d’abord penser les choses en fonction de leur puissance propre (on pourrait dire : leur spécificité) et de la manière qu’elles ont de composer leurs rapports respectifs et s’affectent réciproquement : « deux ou plusieurs corps qui conviennent, c’est-à-dire qui composent leurs rapports respectifs suivant des lois, et s’affectent conformément à cette convenance ou composition intrinsèque »5. Quelle spécificité et richesse propre à chaque composante de la composition, quelle influence réciproque d’EELV sur le FI, des autonomes sur le mouvement des Gilets jaunes et inversement, quel commun ainsi produit, etc. ?

Cette première compréhension de la composition peut être complétée par une référence empruntée par Philippe Corcuff à Proudhon, avec des parentés avec le geste de la recherche de médiétés qu'emprunte Paul Ricoeur à Aristote. Comme chez ces derniers, où la recherche d'un juste milieu n'élimine pas les ailes, Proudhon proposait de substituer le principe de la balance à celui de la synthèse présent chez Hegel et dans le marxisme. Il constatait que, bien souvent, les pôles d'une antinomie ne se synthétisent pas plus que les pôles opposés d'une pile électrique : ils sont indestructibles, et au contraire, c'est leur contradiction qui est créatrice et il faut donc chercher une équilibration plutôt qu'une unification.

Une équilibration qui permet de rendre fructueux la pluralité de l'espace commun, peut-être dans une logique de pendule plus que de balance, tant l'espace s'est diversifié depuis Proudhon : « Pluralité des dominations, des sites de luttes, des types de problèmes, dont la question écologiste pointant notamment certaines conditions de reproduction et de vivabilité d’une société comme la nôtre. Pluralité aussi des valeurs, des critères de justice (pas seulement de vivants mais aussi des générations futures), des identités culturelles et des intérêts à opposer à ces dominations. Pluralité qui est déjà portée par une diversité de mouvements sociaux. Pluralité qui se coltine la question de l’espace commun, autour d’une pluralité d’axes (axes d’analyse, axes de luttes, axes alternatifs), mais pas dans un éclatement relativiste où « tout se vaudrait » a priori sans arêtes. Ainsi une politique de la pluralité ne serait pas une politique exclusivement écologiste, mais une politique qui poserait aussi la question sociale, la question démocratique, la question individualiste ou la question féministe6. »

En parallèle de cette équilibration qui renonce à ce que le « deux » ne devienne « un », il faut sans doute reprendre au sérieux l'idée de dialectique de Marx, selon laquelle dans la réalité sociale l'apparent « un » est un « plusieurs » - LE foulard n’existe pas, il y a LES rapports à l’islam et à la croyance ou l’incroyance. Il faut encore pluraliser, compliquer et faire le pari d'une équilibration permettant, pour reprendre une idée d'Anna Harendt, la mise en tension de la pluralité et du commun, au lieu de les rabattre l’un sur l’autre.

Cette recherche d'une « harmonie comprise comme projet qui est en tension vers un objectif planétaire jamais clos, et non une réalité stable qui équivaudrait à une fin de l'Histoire7 », d'une « composition des forces », des agencements ouverts et vivants, d'une équilibration, n'empêche en rien – au contraire - les mises en tension, les conflits ou les confrontations : elle les saisit comme des articulations créatrices qui produisent des énergies pour le changement. L’attention n’est plus dans le « un » de la « position seule juste » mais porté sur ce qu’apporte chaque composante, comment elle compose, s’articule, s’équilibre avec les autres.

2009, la composition qui n’a pas eu lieu

Ces références sont mobilisées en 20098 pour penser une écologie qui se cherche alors que la gauche vient d’exploser. Alors que le PS était promis à un avenir social-libéral radieux sous les auspices de DSK, la déchéance de ce dernier a mis le parti à la rose sous l’hégémonie de Ségolène Royal qui prône l’ordre juste. Jean-Luc Mélenchon vient de le quitter pour créer le Parti de gauche qui met en avant « l’écosocialisme » et a pour sous-titre « écologie, socialisme, république». Les Verts sont devenus Europe Ecologie Les Verts (EELV) après certes un succès aux européennes mais qui fait craindre une influence durable des thèses écolo-libérale de Cohn-Bendit. La thématique de la décroissance bat son plein, donnant à une grande richesse intellectuelle et une relance des expérimentations alternatives comme dans les années 1970, quatre ans après le lancement du journal du même nom. Dans la foulée de la victoire du « non de gauche » au traité européen, quelque chose est possible.

Se pose alors la question de savoir que faire de cette nouvelle hétérogénéité où des acteurs différents semblent aborder l’écologie avec des approches différentes. En choisir une contre l’autre ? Lancer un énième appel à l’unité ? Une autre piste est alors de proposer « pour une composition politique »9.

Quel paysage des complémentarités en 2009, toujours en partie valable aujourd’hui ? EELV, le Parti de gauche et les objecteurs de croissance défendent tous deux choses. D’abord l’existence – sans utiliser ce vocabulaire - d’un intérêt écologique de classe : contre l’idée de Hulot qu’on serait tous dans le même bateau de la crise climatique, il est mis en avant que certains sont en première, ont accès aux chaloupes et d’autres en troisième classe et subissent déjà la catastrophe qui va les engloutir. Il y a un intérêt de classe sur la question du climat. Ensuite, la nécessité d’un changement de la conception du bien être : la qualité davantage que qualité, être qu’avoir, lenteur que vitesse, etc. Or, il peut y avoir une contradiction entre la poursuite de ces deux thématiques : mettre en avant l’intérêt écologique de classe implique de défendre les intérêts écologiques de la majorité de la population face à ceux du capital ; changer les conceptions du bien être implique – dans une démarche de minorité active10 – d’entrer en conflit avec cette même majorité pour lui faire changer sa conception du bien être.

C’est là qu’il peut y avoir composition, répartition des rôles pourrait-on là traduire. Alors que pourrait apparaître comme problématique – car contraire à « l’unité » - que les mélenchonistes insistent sur la défense écologiste de la majorité et qu’EELV et les objecteurs de croissance insistent sur le conflit avec la majorité pour changer sa conception du bien être, cela devient complémentaire. Cela n'empêchant d’ailleurs pas les premiers de faire un travail pédagogique sur la conception du bien être et les seconds de mettre en avant que leur conception du bien être est bien plus conforme avec les pratiques populaires (jardinage, bricolage, etc.) que le capitalisme consumériste.

L’apparente contradiction devient composition également quant aux champs électoral et partidaire. EELV et le Parti de gauche (au sein du Front de gauche) sont alors en concurrence électorale et ont des stratégies différentes vis-à-vis d’un Parti socialiste déjà fortement décrédibilisé11, EELV en alliance avec le PS, le Front de gauche en concurrence, tandis que les objecteurs de croissance se placent hors du champ électoral. L’ambiance de l’époque est alors de considérer comme « traîtres » les forces comme EELV qui défendent encore l’alliance avec le PS.

Pourtant, tant que l'intérêt de la majorité ne s'impose pas systématiquement aux intérêts du capital – nous n’étions pas en 2009 (et toujours pas aujourd'hui) entrés dans une phase de transformation radicale de la société – ne faut-il pas reconnaître l'utilité des acteurs au sein du jeu social et politique classique qui sont capables de produire des compromis, en l’occurrence EELV, comme cela se produira lors des premières années de la présidence Hollande ? Il s’agit alors de composer un jeu à trois : une famille d'acteurs défendant l'intérêt écologique de la majorité (à l’époque le Parti de gauche/Front de gauche), une autre porteuse du changement de la conception du bien être (les objecteurs de croissance, minorité active et EELV au sein du jeu majoritaire) et les acteurs capables de compromis pour transformer les pressions des premiers en politiques publiques (EELV). La capacité de ces derniers à obtenir de « bons compromis » dépend de leur propre pertinence sociale, politique et intellectuelle, mais aussi de la capacité de pression multiforme (électorale, symbolique, mythique, intellectuelle, affective...) du Front de gauche et des objecteurs de croissance.

L’image de la pression est sans doute trop faible pour traduire l’idée de composition. Plutôt « penser la politique pas seulement comme une pression, comme le seul rapport frontal de force Capital-Travail mais comme un champs de force (…) Cela implique de créer une conception faisant plus de place – au sein d'un même camp, mais aussi dans la lutte avec le camp adverse - à l'articulation des contradictions, à la capacité de se mettre d'accord sur ce qui fait désaccord, à la recherche de compromis, à l'importance donnée à la diversité des acteurs. A une politique moins guerrière et plus vivante, ce qui ne veut pas dire moins conflictuelle, au contraire »12.

Pourtant, cette composition n’a pas eu lieu en 2009 faisant perdre 13 ans à la recomposition de la gauche et de l’écologie. Sans doute peut-être car il a manqué des composantes importantes de la compositions : l’expérimentation de la contre société pourtant alors en plein redéveloppement dans la dynamique de la décroissance et la sobriété volontaire, les créateurs d’imaginaires, le mouvement social qui avait joué un rôle important lors de la victoire du « non de gauche » quatre ans plus tôt mais bien calme cette année là hormis le fantastique mouvement contre la profitasion en Guadeloupe et celui dans les universités contre la LRU. C’est une alerte pour aujourd'hui : laisser en 2022 l’avenir de la dynamique née de la Nupes aux seuls partis de la coalition, rester sur une composition uniquement institutionnelle, c’est se priver de l’effet catalysant du mouvement social, de la contre société et des créateurs d’imaginaires.

2019, NDDL la composition qui est venue

Dans un texte du printemps 201913, des acteurs centraux de la lutte Notre Dame des Landes, plutôt issus de la mouvance autonome, faisant le bilan de la victoire titrent un de leur paragraphe « composition » : ils soulignent que la possibilité de la ZAD et l’abandon du projet ont tenu à un déploiement de leviers complémentaires.  « Ce que l’on a appelé la composition entre les différents groupes majeurs apparus au fil de la lutte – associations citoyennes avec l’ACIPA, paysan.es de la région regroupés dans le collectif COPAIN, habitant.es et paysan.es « historiques » de la ZAD, naturalistes en lutte, occupants et comités de soutien – a été le parti pris de considérer la possibilité de se tenir ensemble comme notre plus grande force. Elle a opéré à travers la recherche de complémentarité, de bouleversement possible chez les uns et les autres et de goût de l'hétérogénéité »14. L’évocation du bouleversement possible chez les uns et les autres rappelle l’idée de Deleuze que l’idée du commun se fait, non pas sur des classements, mais comment les rapports entre les groupes affectent les uns et les autres.

Il faut rajouter d’autres acteurs à cette composition, que ne reconnaîtraient sans doute pas les auteurs du texte compte tenu de leur position libertaire : les élus locaux, nationaux et européens, en particulier écologistes et les ministres écologistes dans les gouvernement Ayrault et Edouard Philippe. Il y a eu un effet insuffisant de la présence de Cécile Duflot et Pascal Canfin au gouvernement pour empêcher le déclenchement de l’opération César d’évacuation de la ZAD par les « forces de l’ordre » en octobre 2012 mais suffisant pour jouer un rôle dans l’interruption de cette opération ultra-violente. Et inversement, ils ont pu peser car la composition entre zadistes résistant frontalement et foule pacifique les rejoignant dans un second temps a rendu visible une violence qui n’était pas défendable au sein d’un gouvernement « de gauche ». De la même manière, la présence de Nicolas Hulot au gouvernement – ou plutôt la menace qu’il en démissionne – joue un rôle indéniable dans l’abandon du projet en 2018. La composition se joue aussi avec des acteurs qu’on ne considère peut-être pas comme des alliés15 – Hulot, Duflot, Canfin… – et ne déploie sa plein puissance que quand elle articule champs institutionnel, mouvement social, monde de la culture et de la création ; acteurs du changements des structures, de l’invention de modes de vie et de la création des imaginaires.

Ainsi, la victoire a été permise par un dépassement des identités figées, des antagonismes systématiques et binaires par exemple entre radicaux et citoyens, associatifs et militants, formes d’actions offensives ou pacifiques. « L’État a l’habitude de répondre à l’un ou l’autre […] en jouant constamment de l’opposition de figures claires et séparées : « militants légitimes » bien encadrés et « ultra-violents » isolés. Il a eu beaucoup plus de mal à s’y prendre visiblement aux côtés des autres et pire encore quand on ne savait plus toujours très bien qui était qui. Par un jeu toujours délicat au sein de la communauté de lutte, il a été possible, jusqu’à un certain point, de déjouer les réflexes de replis fétichistes de chacun sur ses formes d’action et de trouver une souplesse tactique adaptée aux divers types d’attaque »16.

Composition générale, maintenant

La composition permet de donner une forme politique efficiente à l'idée de Michel Foucault selon laquelle, il n'y a pas « un lieu du grand Refus – âme de la révolte, foyer de toutes les rébellions, loi pure du révolutionnaire. Mais des résistances qui sont des cas d'espèces : possibles, nécessaires, improbables, spontanées, sauvages, solitaires, concertées, rampantes, violentes, irréconciliables, promptes à la transaction, intéressées ou sacrificielles17. » Cela « rend possible une révolution18 » dit Foucault et cela permet déjà un « devenir révolutionnaire » lui a répondu Deleuze, une « révolution moléculaire » a fait écho Guattari, une façon d'être créateur dès maintenant de changements radicaux dans une pluralité de sites de résistances, et d'abord soi-même. Révolution chaque jour de façon partielle19, dans les rapports familiaux, amoureux, de travail, révolution subjective dont nous avons dit toute l'importance. Si sont recherchées les articulations entre les acteurs, une composition (hétérogénéité) et non une opposition (éclatement) ou une fusion (unité), alors cela permet une catalyse : comme l’enzyme qui transforme le lait en yaourt, chaque acteur ou niveau (structures/modes de vie/imaginaire) est le catalyseur de l’autre, ce qui lui permet d'aller plus vite, plus loin avec moins d’énergie. Les grands moments de changement social20 – 1848, 1936, 1944, 1968 – ont été des moments où une composition des forces débouchent sur une catalyse alors que les grands renoncements – 1981/1983 – ont été des moments où une partie des acteurs – syndicats, mouvement social...- a laissé le champ politique agir seul et donc renoncer.

A la différence de 1983 et 2009, l’enjeu de 2022 est de réussir la composition des forces, c’est à dire ni le repli sur soi, ni la tentation de la fusion. Pour construire une composition suffisamment large où le mouvement social et le monde de la création ne laisse pas l’initiative aux partis tentés de revenir à la gestion de leur boutique et à l’illusion de leur leadership, il y a des initiatives à prendre maintenant. Qu’attend le « Parlement de la Nupes » pour s’auto-constituer en Constituante de la nouvelle composition politique et sociale ? Comment les forces de la contre-société et de l’écologie de rupture21 arriveront-elles à se fédérer pour peser dans la composition générale ? Il n’est plus question d’attendre.

1 Au passage, on aurait aimé que les forces – EELV, PS, Ensemble ! - qui soutenaient clairement le peuple ukrainien face à l’agression russe assume cette divergence pendant la campagne au lieu de taire leur soutien.

2https://blogs.mediapart.fr/stephanelavignotteorg/blog/120422/de-l-echec-des-ecologies-la-catalyse-generale et https://blogs.mediapart.fr/stephanelavignotteorg/blog/160622/tout-est-germe-c-est-lundi-que-tout-commence

3Gilles Deleuze, Spinoza : philosophie pratique, 2015, p. 64.

4Ibid., p. 65.

5Ibid., p. 64.

6 Philippe Corcuff, Ecologie, décroissance, anticapitalisme, Contretemps, novembre 2009, p.9

7 Besson-Girard J.C, Decrescendo Cantabile, Parangon, 2005, p. 144

8Stéphane Lavignotte, La décroissance est-elle souhaitable ?, Petite encyclopédie critique, Paris, Textuel, 2009.

9« Pour une composition politique », conclusion de Ibid., p.117.

10 https://blogs.mediapart.fr/stephanelavignotteorg/blog/161114/serge-moscovici-pere-de-lecologie-la-plupart-des-changements-sociaux-sont-l-oeuvre-des-mi

11On a tendance à aujourd’hui idéaliser la gauche plurielle et le gouvernement Jospin, ce n’était pas le sentiment de l’époque qui a d’ailleurs abouti à un million d’abstentionnistes à gauche en 2002, empêchant Jospin d’être au second tour, bien plus que la dispersion des candidats, conséquence elle aussi de la même désaffection.

12Stéphane Lavignotte, La décroissance est-elle souhaitable ?, op. cit., p. 118.

13« Considérations sur la victoire (et ses conséquences) depuis la zad de Notre-Dame-des-Landes », printemps 2019. https://lundi.am/considerations-sur-la-victoire-et-ses-consequences-depuis-la-zad-de-notre-dame

14Ibid., p. 11.

15La notion d’ « allié de l’intérieur » au sein de la partie adverse, si importante dans les méthodes de community, pourrait alors être mobilisée.

16 « Considérations sur la victoire (et ses conséquences)...", op.cit.., p. 10--11

17 Foucault M., Histoire de la sexualité, Paris, Gallimard, 1976, p. 126

18 ibid., p. 127

19 Marange V., L'écosophie, avenir de l'écologie politique ?, op. cit., p.3

20https://blogs.mediapart.fr/stephanelavignotteorg/blog/160622/tout-est-germe-c-est-lundi-que-tout-commence

21https://confpeps.org/, https://offensive.eco/, etc.

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