Nation apprenante : connaissance et sortie de crise ne font qu'un !

Concept utile que celui de Nation Apprenante que l'on retrouve sur certains programmes TV censés accompagner les scolarités interrompues ou nos longues semaines de confinement. Pourtant cela ne s'adresse pas qu'aux jeunes en situation d'études. Mais à nous, toutes et tous. Pourquoi ? Car le changement de vie va devenir le paradigme de beaucoup d'entre nous.

La sortie de crise s'accompagnera d'un changement global qui nous concerne tous, individuellement comme collectivement.

Apprendre, comprendre, sortir meilleurs de cette crise que quand nous y sommes entrés, enjeux majeur pour que l'avenir se dessine. Sans cela, la grave crise économique qui va s'abattre sur nous sera par sa forme inédite plus grave encore que celle de 1929 ou que la sortie de guerre en 1944/45.


Six à huit semaines de confinement ou changement de vie? Chacun de nous dans sa posture. Seuls ou avec nos proches. Qu'importe ! Cette centration possible sur du temps personnel reconquis est, au cœur d'une civilisation accélérée telle que la notre, une aubaine immense, une mer qui s'ouvre, un moment improbable et pourtant à saisir car unique et surement définitif.

Qu'en faire, de tout ce temps alors devenu accessible, hors champs du boulot/métro/dodo, hors champs de la consommation de masse, de la frugalité qu'il va falloir enfin rendre heureuse pour changer et anticiper nos modes de vie futures. Penser la connaissance, nos actions futures et leur portée, notre éthique, une nouvelle manière de penser la santé, le rapport à autrui, et surtout à la nature que nous avons si contrarié, et qui dans cette pause de civilisation actuelle retrouve un peu de souffle. Aidons là.

Renouons nos liens locaux, naturels, et agricoles, nos solidarités, portons sur le monde un regard neuf; échangeons, commerçons, travaillons différemment.Faisons de la production de valeur un enjeux sociétal.

Ces modèles vont s'imposer et sont latents. L'économie sociale et solidaire en regorge. La connaissance est à nos portes, dans nos livres, nos réseaux numériques, le monde en regorge. Il est temps de sa l’approprier et de ne plus considérer que sa pléthore est inutile, qu'elle n'appartient qu'aux autres. Qu'il faut savoir déjà pour apprendre ...

Rompre avec "avant"

Faisons le pari que beaucoup d'entre nous ne voudrons pas revenir à leur situation sociale antérieure. Que ce confinement porte une forte distanciation d'avec nos occupations habituelles, nous permet de refléchir, de "considérer" les choses, de changer peut être notre destin.

Et que toute crise porte en elle la mutation, la transformation, l'opportunité du changement, de l'évolution. Pour la société; pour soi.

L’État va se dessiner comme grand accompagnateur de cette mutation, sur la plan financier, méthodologique, en refusant la coagulation d'un chômage de masse. Nous verrons que beaucoup d'entre nous ne voudrons pas reprendre notre ancien métier mais plutôt profiter de l'intermède ainsi ouvert par le chomage partiel rémunéré fortement pour faire un "pause", enclencher un changement plus global. 

Au même moment, il est aussi à parier que des secteurs d'activités entiers vont disparaitre. Que notre commerce de proximité déjà mis à mal par la crise des "gilets jaunes" et l'internet ne sortira pas indemne du confinement.

Nouveaux paradigmes

Mais le confinement va accélérer après lui les forces du changement économique et de la conscience sociale dans au moins deux direction : nous voulons un nouveau rapport à la nature; nous pouvons inventer un nouveau rapport au travail. Et nous voulons les deux en même temps.

Ces deux aspects nécessitent de chacun une appropriation de connaissances nouvelles pour que la mutation soit positive et opérationnelle. Celle ci est libre, ouverte, gratuite, abondante, évanescente. Elle doit être domptée.Elle porte tout les avenirs possibles.

 

Stéphane Salord, président Paca Crédit Coopératif.

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