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Billet de blog 2 oct. 2019

Il faut sauver StreetPress!

Depuis 10 ans, StreetPress pratique un journalisme ouvert, conscient et engagé. Aujourd'hui, tout pourrait bien s’arrêter. Alors nous lançons un appel. Sauvez StreetPress !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Au départ, ce simple SMS: « Grosse descente policière à Barbès aujourd’hui. De TRÈS nombreuses arrestations. Ils font la chasse aux sans-papiers. » Je rappelle. « Ils contrôlent tout le monde. Jusque dans les restaurants. » Sa voix se brise. « Ils ont rempli trois bus. Il y avait des mamans. Même des vieux, ceux qui jouent aux dominos. » Je raccroche. Et à mon tour, je craque. Je pleure, le ventre noué. Le lendemain, quartier de la Goutte d’Or, je récolte les témoignages pour un article qui paraîtra quelques jours plus tard. Après la publication, je reçois un coup de fil de Canal+. « On voudrait parler de cette histoire. Vous avez des images ? » Pas de vidéo, pas de sujet télé. Ils n’en parleront pas. Cette indignation, forcément subjective, c’est depuis 10 ans la raison pour laquelle on se lève le matin.

Il n’y a pas que ça, bien sûr. On veut raconter le monde tel qu’il est vraiment, résister à la mécanique assourdissante du flux d’info en continu, sortir de la caricature. Prendre le temps. Sur le terrain, humblement. Et à hauteur d’homme. On s’est appelé « StreetPress », car le journaliste est aux côtés des personnes dont il parle. On ne descend pas dans la rue, on est dans la rue. On ne passe pas le périphérique pour un reportage, on est déjà de l’autre côté du périph.

Pour nous soutenir, c'est par ici : https://www.streetpress.com/soutenir

Sauvez StreetPress - Vidéo de lancement © StreetPress

Pour un journalisme « conscient »

À Roubaix, une habitante, employée municipale, raconte cacher son adresse à ses collègues. « Trop la honte ! » Quand elle allume sa télévision, l’Alma, son quartier, n’est que la toile de fond de faits divers. Pourtant, elle aime son bâtiment et les solidarités qui s’y créent. Se serrer les coudes pour avancer. « Nous sommes les oubliés. » Dans la commune du Nord, comme à Grigny, Beaumont-sur-Oise ou ailleurs, des habitants s’engagent pour obtenir « justice et vérité » ou plus simplement pour que chacun puisse vivre dignement. Ce sont ces visages que l’on veut montrer. Pour ça, on va « sur le terrain », rencontrer et écouter les gens. Chaque reportage, chaque interview, nous ont construits.

Ensemble, nous défendons un journalisme conscient. Conscient de son rôle et de ses responsabilités. Nous choisissons nos sujets d’enquête pour ce qu’ils disent, pour l’impact qu’on souhaite qu’ils aient, pour les questions qu’ils suscitent. Pas pour le nombre de partages et de likes qu’ils doivent générer. StreetPress, c’est un espace de liberté rare.

Le journalisme est un sport de combat

Et ces valeurs, nous nous efforçons de les partager. Nous avons créé depuis 2012 une formation au journalisme entièrement gratuite et sans condition de diplôme, la StreetSchool, qui associe une dizaine de médias nationaux. Elle a formé plus de 150 jeunes journalistes issus de toutes les classes sociales, de tous les quartiers, de toutes les cultures.

Cependant, tout n’est pas toujours rose. Quand, sur un reportage, on te fait comprendre que tu n’es pas à ta place parce que tu es une femme, ça mine. Enquêter, c’est aussi parfois faire face à des menaces. En 2015, après la parution d’un livre-enquête sur l’extrême droite, notre éditeur est agressé au pied de son immeuble. Longtemps, je n’ai pas affiché mon nom sur ma boîte aux lettres. Au cas où…

On est aussi trop souvent confrontés aux procès. Nous n’avons pour autant jamais renoncé à enquêter, jamais enterré un sujet. Mais ces pressions judiciaires sont autant d’attaques au porte-monnaie. Et comme les bonnes fées du CAC40 ne se sont jamais penchées sur notre média, les questions d’argent nous valent quelques cheveux blancs. À la création de StreetPress en 2009, aucune banque ne veut soutenir le projet. Alors je fais croire à mon banquier que j’ai besoin d’un petit prêt pour refaire ma salle de bain. Crédit accepté ! L’aventure pouvait commencer. Dix ans plus tard, nous souhaitons frapper beaucoup plus fort. Pour y parvenir, nous avons besoin de vous.

Illus Page crowdfunding © StreetPress

Faîtes un don pour StreetPress

Nous défendons une information populaire, accessible à tous. Voilà pourquoi tous les articles de StreetPress sont et en accès libre. Nous voulons que nos enquêtes et nos vidéos circulent et soient partagées. Que tous les citoyens puissent lire nos articles.

Produire cette information a un coût. En faisant un don du montant de votre choix à StreetPress chaque mois, vous faites en sorte que ce média reste gratuit pour tous. Vous rejoignez également la communauté des « supporters » de StreetPress, avec qui nous construirons le futur du média. Vous ne serez pas que nos banquiers, vous serez aussi nos lanceurs d’alertes, nos relais et conseillers. Nous nous retrouverons régulièrement lors de rencontres et échangerons ensemble en ligne, via un groupe Facebook réservé aux membres. En plus de cela, vous serez invités à nos débats, soirées et projections en avant-première de nos documentaires. On compte sur vous.

Sauvez StreetPress, maintenant.

streetpress.com/soutenir

*Ce texte, bien qu’écrit à la première personne, rassemble les expériences de toute l’équipe.

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