La grande arnaque de l'UE (1) : Les pigeons français au service des Luxembourgeois...

Vous pensiez que les premiers bénéficiaires du budget de l'UE étaient les Grecs ou les Polonais ? Et bien vous aviez tort. Ce sont les Luxembourgeois, c'est à dire ceux dont le niveau de vie est le plus élevé de l'UE...C'est ce qui ressort du document annexé au projet de loi de finances pour 2016 intitulé "relations financières avec l'Union Européenne". Evidement, ce n'est pas écrit en gras.......

Mais avant d'en venir à cette conclusion, il est surtout frappant de voir à travers ce document budgétaire fort intéressant  (1) à quel point l'UE est une arnaque pour les Français.

Les Français sont les vaches à lait de l'UE : nous payons un maximum pour le budget de l'UE, les retours (c'est à dire ce que l'UE verse aux français) stagnent, de sorte que nous somme un contributeur, et même le plus important contributeur de tous les Etats membres de l'UE, à la seule exception de l'Allemagne.

Voici tout d'abord ce que nous versons chaque année au budget de l'UE depuis 2010. La ligne pertinente de ce tableau est celle ou figure la contribution nette de la France (2). La dernière année dont les chiffres sont connus avec certitude est 2014. La France a versé 21,768 milliards d'€uros à l'UE. On peut remarquer que les montants n'ont fait que croître, la contrbution nette de la France était de 19 Md€ en 2010.

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 (2) La contribution nette est égale à la contribution brute, déduction faite des frais de perception qui restent acquis à l'Etat membre, comme indiqué dans la note du tableau ci-dessus. 

Cette croissance ne date pas de 2010. Depuis 30 ans, nous payons de plus en plus, de façon systématique si l'on fait abstraction des variations ponctuelles annuelles.En 2016, il est prévu que nous paierons un montant qui constituera un nouveau record, sans doute 24 Md€ car le montant prévisionnel (23,4 Md€) sera très probablement dépassé, l'UE s'étant engagée dans de nouvelles dépenses qui n'avaient pas été budgétées. Cette contribution au budget de l'UE représente une fraction toujours croissante des recettes fiscales de l'Etat et représente désormais 8% d'entre elles. Le graphique ci dessous illustre le poids croissant de cette ponction au sein des reccettes fiscales : depuis 1982, le ratio a doublé, passant de 4 à 8%...   

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Alors que les français paient de plus en plus, ce que nous recevons de l'UE stagne depuis une quinzaine d'années comme le montre l'évolution des retours qui figure dans le graphique ci-dessous. Nous avons ainsi récupérés un peu moins de 14 Md€ en 2014. L'immense majorité des français n'a pas vu la couleur d'un seul €uro en terme de retour car l'essentiel de ceux-ci est constitué de subventions versés aux agriculteurs dans le cadre de la politique agricole commune (8,5 Md€), lesquelles sont elles mêmes principalement versées aux grands céréaliers et béteraviers qui n'ont nul besoin de subventions pour vivre. La Pologne est le membre de l'UE qui reçoit le plus d'argent issu du budget de l'UE: de presque rien jusqu'en 2003 et des montants qui croissent considérablement ensuite au point d'atteindre presque 18 Md€ en 2014, ce quu n'empêche pas la Pologne de faire preuve d'une solidarité minimale vis à vis des autres membres de l'UE et d'acheter presque toutes ses fournitures militaires aux Etats Unis. 

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La différence entre la contribution nette au budget de l'UE et les retours est un solde qui est soit positif pour le pays -et il bénéficie directement de son appartenance à l'UE- soit négatif et il est alors perdant. Comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous, en 2014, le solde net pour la France était de -7,9 Md€, au deuxième rang de l'esnemble de l'UE derrière l'Allemagne, et avant le Royaune Uni à qui l'appartenance à l'UE coûte 6,1 Md€ en 2014 (et coûterait encore plus si Thatcher n'avait obtenu en 1984 un mécanisme, toujours en vigueur, permettant de limiter de limiter ce coût). Les bénéficiaires des transferts les plus importants sont les pays d'Europe orientale et la Grèce, mais la Polologne est de loin le bénéficiaire le plus important.      

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Les Français se font de plus en plus tondre par l'UE. En effet ce solde négatif ne cesse d'augmenter struturellement, au delà des inflexions annuelles. Le chiffre de 2014, près de 8 Md€, est inférieur à celui de 2012 et 2013 (un milliard de moins environ) mais la tendance ne fait aucun doute : en 2006, l'appartenance à l'UE ne nous coûtait qu'environ 3 Md€ et la situation n'a fait que se détériorer. En 2016, ce solde devrait atteindre un montant record d'environ 10 Md€. Le graphique ci-dessous montre l'évolution de quelques soldes nets depuis 2006. Les Polonais récupèrent en net 10 Md€ de plus qu'en 2006, l'Espagne n'est plus un bénéficiaire net, l'Allemagne, premier contributeur net, paye désormais 17 Md€ et la France est donc sur un trend qui va l'amener à 10 Md€ en 2016...    

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Si l'on regarde l'évolution avec plus de recul, la situation est encore pire comme le montre ce deuxième tableau qui retrace l'évolution du solde net de la France depuis 1998. L'UE nous coûte 8 ou 9 fois plus cher qu'à la fin des années 90, le solde net étant passé de - 1 Md€ environ à - 9 Md€. En pourcentage du revenu national, l'ardoise a été multipliée par 4 ou 5 sur la période. 

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Il est évidemment légitime de rapporter ces soldes nets à l'économie des Etats membres comme il est également fait dans le tableau précédent. Un montant de 5 Md€ n'a pas la même importance pour la Grèce que pour la France, ou pour la Hongrie. Le tableau qui suit, comme le précédent, rapporte donc ces soldes nets au revenu national brut des Etats membres. A cette aune, la ponction que représente la contribution nette de la France est de 0,36% du revenu national brut, en 6ème position, alors que pour les bénéficiaires, leur solde positif représente une part beaucoup plus importante de leur revenu national. Les Pays d'Europe centrale bénéficient d'un transfert net qui, à l'exception de la Slovaquie et de la Croatie (provisoirement pour cette dernière), représente plus de 2% de leur revenu national, parfois plus de 4%, la palme étant détenue par la Hongrie, avec un transfet net de 5,6% de leur revenu national en 2014. A l'exception de la Grèce et Malte, ces pays d'Europe centrale occupent toutes les meilleures places du classement.

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On aurait pu penser qu'à la suite du développement économique plus rapide de ces pays que ceux de l'Europe occidentale, qui réduit progressivement l'écart de niveau de vie avec les Etats d'Europe occidentale, ces transferts nets représenteraient une proportion de leure revenue national qui irait en s'amenuisant. Mais, comme le montre le cas de la Pologne, c'est l'inverse qui se produit : nous payons donc de plus en plus pour des pays dont le niveau de vie progresse nettement plus rapidement que le notre ou il stagne depuis des années.   

Si vous avez attentivement regardé le graphique précédent vous aurez constaté (contrairement à ce que j'ai écrit) que la Grèce et Malte ne constituent pas les seules exceptions au constat que tous les pays bénéficiant d'un tranfert supérieur à 2% de leur revenu national sont des pays d'Europe centrale.

En effet, y figure le Luxembourg, Etat dont le revenu national par habitant est pourtant, de très loin, le plus élevé de l'UE. Et ce pour un montant qui représente presque 5% du revenu national brut de ce pays. Autrement dit, presque 5% du revenu des Luxembourgeois résulte directement de l'appartenance du Grand Duché à l'UE.

Ce pur scandale est encore plus impresionnant lorsque l'on considère les montants en €uros par habitant puisque précisément le revenu moyen des Luxembourgeois n'a rien à voir avec celui des Hongrois ou des habitants des autres pays d'Europe centrale. Les montants en €uros par habitant pour 2014 (ou une autre année) figurent dans un des multiples tableaux annexés au document budgétaire d'où sont extraits tous les graphiques de ce billet. La lecture de ce tableau permet de comprendre pourquoi cette information est ainsi noyée et n'est probablement connu que d'une poignée de parlementaire français. Il faut regarder la colonne de droite, après prise en compte de la "correction britanique" afin de diminuer leur contribution (comme on peut le constater en comparant les deux tableaux de la ligne Royaume Uni). Le voici  :

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Les Luxembourgeois ont donc reçu, en net, 2 657 € par habitant en 2014 de l'UE, presque 4 fois plus que les Lettons, seconds de la liste, 5 fois plus que les Hongrois, 6 fois plus que les Grecs....

Les Français eux doivent payer 120 € par an, soit 10 € par mois (143 € par habitant en 2013 lorsque le solde net a atteint 9,3 M€ et sans doute environ 150 € par habitant en 2016). Grâce à la ristourne dont ils bénéfcient, les Britanniques ont payé 95 € par an au lieu de 110.

Non contents d'avoir transformé leur pays en paradis fiscal pour les multinationales en plein centre de l'UE grâce aux tax rulings et de pomper ainsi les ressources fiscales des autres Etats membres, cet Etat voyou bénéficie de transferts masiifs de la part de l'UE qui permettent d'augmenter encore le niveau de vie de ses habitants de 221 € par mois alors qu'ils sont les plus aisés d'Europe, une somme qui représente le salaire minimum de certains autres Etats membres. Il parait qu'il y a peu d'euroseptiques au Luxembourg....

(1) Le document budgétaire : http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2016/pap/pdf/jaunes/jaune2016_relations_financieres_UE.pdf

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