Il se trouve en effet que parmi les onze candidats, j'ai une relation amicale depuis 25 ans avec un candidat. C'est un véritable ami. Pas un "ami politique" comme on l'entend si souvent, expression que l'on emploie à propos de personnes qui se détestent souvent cordialement, mais qui font partie de la même "famille politique", une autre expression abusive.

Je ne fais pas partie de son parti politique, ne faisant partie d'aucun. Mais il se trouve de surcroît que je partage l'essentiel des propositions qu'il a faites publiquement dans cette campagne électorale, ce qui n'était pas gagné d'avance car j'ai des relations amicales avec d'autres personnes dont je ne partage pas nécessairement les vues. Je ne dirais pas que je partage toutes ses vues non plus, mais je partage avec lui ce qui me parait l'essentiel.

Certains ici, dans les fils des commentaires de Mediapart, ont fait campagne pour lui. J'ai rarement commenté leurs propos et je ne sentais pas non plus tenu de faire campagne pour un candidat, même si c'est un ami dont je partage les vues. Je ne pense pas que cela soit d'ailleurs utile car on ne convainc pas quelqu'un avec des commentaires, ou de la propagande politique. Je sais d'expérience qu'il est difficile de convaincre quelqu'un de voter pour un candidat, et que ceci ne peut généralement réussir, dans une mesure limitée, qu'en discutant avec eux, en tête à tête.

Le moins que l'on puisse dire est que Mediapart aura presque totalement ignoré sa campagne. Il n'a eu droit, ni à une émission, ni même à une interview. Il y a eu, en tout et pour tout, une dépêche Reuters pour signaler, à la surprise générale, qu'il avait obtenu les 500 parainnages requis pour avoir le droit de présenter sa candidature, une vidéo pas bien finaude du dénommé Usul visant à le ridiculiser, et un unique article, rédigé par Mathieu Magnaudeix, rendant compte d'un de ses meetings à la fin du mois de mars et dont la chute finale consistait à rapporter des propos d'un adhérent de son parti qui lui aurait assuré que "certaines de ses figures intellectuelles de référence s’appellent Dieudonné et l’essayiste antisémite Alain Soral", l'article se concluant une phrase plus loin par "Une heure avant, [le candidat] avait assuré devant les journalistes que son mouvement est dénué de toute « trace d’extrémisme »

Ce fût tout.

Enfin, pas tout à fait car, pour justifier de cet ostracisme qui l'a frappé comme d'autres candidats, Stéphane Alliès avait vendu la mêche quinze jours plus tôt de sorte que la conclusion de l'article de Mathieu Magnaudeix apparaissait comme une justification du propos de son confrère. Interrogé lors d'un live chat avec les abonnés sur le point de savoir si d'autres "petits candidats" seraient conviés à Mediapart, celui-ci avait en effet répondu ainsi, le 16 mars dernier :

stephane-allies

Certains propos sont particulièrement blessants et tombent d'ailleurs souvent sous le coup de la loi. Tous ceux qui été pris à partie et victimes d'injures, de propos ou d'actes discriminatoires en raison de leur origine, de leur religion, de leur nationalité, de leur handicap, de leur orientation sexuelle comprendront ce que je veux dire. Il n'y a rien de pire, sauf à s'en prendre à vous physiquement et violement, puisque c'est en réalité votre personne même qui est mise en cause, en vous essentialisant, en vous réduisant à cette différence, en niant votre humanité.

Mais ce sentiment d'injustice difficilement supportable vous frappe aussi lorsque, innocent, vous êtes accusé à tort, que vous êtes diffamé ou que l'on essaie de vous faire passer pour ce que vous n'êtes pas. Et lorsqu'il s'agit d'un membre de votre famille, ou d'un véritable ami, vous le supportez également difficilement. 

Lorsque j'ai eu connaissance de ce propos de Stéphane Alliès rapporté par un abonné sur le fil d'un billet de la rédaction annonçant un débat entre Coquerel et Piketty le 27 mars, j'ai eu du mal à réfrener ma colère, mais alors choisi de répondre calmement ainsi :

 https://blogs.mediapart.fr/la-redaction-de-mediapart/blog/270317/ce-soir-des-20h-une-gauche-fracturee-le-debat-coquerel-piketty-et-nathalie-arthaud/commentaires#comment-8138342

Je veux simplement ajouter ceci : si j'avais le moindre doute sur le fait que mon ami puisse avoir une quelconque sympathie pour des thèses "flirtant avec l'antisémtisme ou le "grand remplacement"", ce ne serait plus un ami - à la minute même. Point final. Et si je pensais qu'il est un complotiste, je ne voterais évidemment pas pour lui, pour la simple raison que je tiens les complotistes pour des personnes psychiquement dérangées.

Parce qu'il est le seul à proposer clairement ce qui me parait essentiel, à savoir la sortie de l'€urozone, de l'UE et de l'OTAN, je voterai dimanche pour mon ami François Asselineau.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires
  • 22/04/2017 21:33
  • Par JLMFI

Salut Sycophante, 

Bon inutile de m'attarder sur Asselineau dont la vision européenne, m'est après tout familière, et certainement, proche de ce que je peux penser. 

D'autant que j'ai profité de quelques jours pour parcourir un coin de sud où la "junte bureaucratique" a vraiment fait des dégâts, tant socialement, qu'écologiquement, humainement bien entendu. 

Je ne voterai pas Asselineau, mais j'espère que beaucoup de gens penseront à ce candidat, plutôt qu'à Macron ou à Fillon... qu'il piquera aussi des voix à Le Pen. 

Demain est un jour "virage"... Bien malin qui peut prétendre savoir ce que les urnes déverseront. 

Toutefois, le travail restera à faire, quelle que soit l'issue du scrutin. 

Alors que le plus déterminé gagne, cher Sycophante, et porte toi bien !!!