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Billet de blog 25 mars 2017

Postures et impostures à propos du "vote utile"...

Sont parus récemment sur Mediapart des billets ou articles faisant référence au concept de "vote utile" dans le contexte de la prochaine élection présidentielle. Ils ne m'ont pas convaincus, du moins pas sur ce qui me paraissait constituer le sujet premier de leur propos. Voici pourquoi...

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Evoquant ces billets ou articles, je fais surtout référence à l'article d'Hubert Huertas paru le 24 mars et titré "la vengeance du vote utile", ainsi qu'au billet de blog de Jacques-Alain Miller (JAM) titré "La querelle du Votutile" paru le 20 mars dont on trouvera les liens ci-dessous :

https://www.mediapart.fr/journal/france/240317/croquis-la-vengeance-du-vote-utile

https://blogs.mediapart.fr/jam/blog/200317/la-querelle-du-votutile

Qu'est ce que le "vote utile" ? 

Il parait vain de discuter du bien fondé d'une argumentation si l'on ne parle pas de la même chose et c'est la raison pour laquelle, comme je l'ai écrit sur le fil de son billet, il m'est difficile de suivre Hubert Huertas. Celui-ci définit le vote utile ainsi : "Opter pour « le moins pire », c’est ce qu’on appelle le vote utile".

Or, comme je l'ai indiqué dans un commentaire, ce que Hubert Huertas définit comme étant un vote utile correspond en fait à l'adage bien connu depuis qu'existe l'élection présidentielle au suffrage universel en France à deux tours de scrutin, à savoir : "au premier tour, on choisit, au deuxième on élimine", pratique qui a toujours existé comme le rappelle d'ailleurs son billet. Voter pour le "moins pire" au second tour, c'est ce que font tous les électeurs qui décident de voter au second tour, en tout cas ceux qui votent d'abord pour empêcher "le pire" de gagner plutôt que par adhésion à l'autre candidat. Ils représentent toujours la majorité d'entre eux car un candidat présent au second tour n'a guère rassemblé au premier tour, dans la grande majorité des cas, que 20 à 30% des suffrages exprimés, et parfois moins que cela. S'ils ne constituaient pas la majorité des électeurs, alors un candiat aurait été élu dès le premier tour, ce qui n'est jamais arrivé, même au Général de Gaulle en 1965, mis en ballotage..   

Mais ce que l'on désigne aujourd'hui par vote utile est autre chose. C'est la pratique, que l'on peut qualifier de vote tactique, qui consiste, dès le premier tour, à voter, non pour le candidat dont on est le plus proche -son premier choix spontané- mais à voter pour le candidat de son camp qui apparait (à tort ou à raison) avoir le plus de chances de gagner au deuxième tour. C'est donc un vote rationnel qui prend en compte le fait que l'élection se joue à deux tours et que voter pour son premier choix plutôt que pour son deuxième risque d'aboutir à l'élection d'un troisième que l'on cherche à éviter par dessus tout.

Ce vote utile a toujours existé. C'est lui qui explique que beaucoup de "petits candidats" recueillent très généralement des scores faibles, voire très faibles, inférieurs à l'audience de leur parti ou de leurs idées, une partie de leurs sympathisants estimant qu'ils n'ont "aucune chance" et préférant voter pour un autre candidat dont ils pensent augmenter les chances en votant pour lui dès le premier tour. Mais si l'on parle tant de vote utile aujourd'hui, c'est parce que les conditions nécessaires à la prolifération de tels votes tactiques de la part des électeurs sont plus importantes que par le passé.   

Les déterminants du vote utile, ses bénéficiaires et ses victimes potentielles...

Pour qu'il y ait des votes utiles en nombre significatif, il faut que plusieurs conditions soient réunies :

1) Qu'il existe une forte aversion envers celui que l'on considérère comme "le pire";

2) Que le risque que ce "pire" candidat se qualifie pour le second tour apparaisse élevé;

3) Que le risque que ce "pire" candidat ait une chance significative de remporter ensuite l'élection apparaisse élevé;

4) Que son deuxième choix sur lequel se porte le vote utile apparaisse comme ayant significativement plus de chances d'empêcher la victoire du "pire" que son premier choix.

Aujourd'hui, Le Pen remplit la première condition : la plupart des électeurs non FN manifestent une aversion forte pour Le Pen et son parti. Nonobstant ce que l'on peut lire ici ou là, la dédiabolisation du FN et de Le Pen est un échec et environ deux français sur trois ont toujours une forte aversion à l'égard du FN et de Le Pen, plus de la moitié estimant qu'ils représentent même un danger pour la démocratie.Une étude récente réalisée par la CEVIPOF et publiée dans Le Monde montre que l'adhésion aux thèses défendues par le Pen et le FN aurait même légèrement diminuée depuis un ou deux ans.  

La deuxième condition est également remplie car tous les sondages sans exception depuis 2013 indiquent que Le Pen serait qualifiée pour le second tour. Ceci a une conséquence importante : dans le contexte de quasi-tripartisme que l'on connait depuis 2-3 ans, il devient beaucoup plus important, pour les électeurs de gauche comme de droite, de choisir, dès le premier tour, celui le candidat de leur camp qui a les meilleures chances de se qualifier pour le second tour puisque l'une des deux places est, par hypothèse, considérée comme déjà acquise à Le Pen. C'est d'ailleurs ce quasi-tripartisme qui explique le développement des primaires : la très forte probabilité de la présence de Le Pen au second tour conduit logiquement chaque camp à tenter de désigner un candidat unique, sous peine de voir une pluralité de candidatures conduire à la défaite quasi assurée du camp qui n'y serait pas parvenu. A défaut d'empêcher les candidatures dissidentes, les primaires ont pour objectif de faire émerger un candidat dominant, légitimé par ce processus.  

La troisième apparait réunie aux yeux d'un nombre significatif d'électeurs bien que la probabilité d'élection de Le Pen soit -à mon avis, j'y reviendrai ci-dessous- en réalité très faible. Dans l'enquête quotidienne d'Opinion Way parue hier 15% des électeurs pensent que Le Pen sera élue. L'enquête (également quotidienne) de l'IFOP estimait pour sa part hier que 16% des électeurs pensent que Le Pen va remporter l'élection. Bien que légèrement inférieurs aux chiffres d'il y a un mois (le pronostic de victoire de Le Pen était alors compris entre 19 et 22%), ils demeurent significatifs. Or, il n' y a pas de raison de supposer que ces électeurs soient tous des partisans de Le Pen. Une fraction indéterminée d'entre eux, quelques points sur les 15 ou 16, est constituée d'électeurs qui craignent l'élection de Le Pen, et donc suceptibles de voter utile

La quatrième condition dépend de la perception des chances des différents candidats : ne peuvent bénéficier du vote utile que les candidats qui apparaissent comme ayant une chance de gagner. Plus cette chance est jugée elévée, plus le candidat en question est susceptible de bénéficier de votes utiles.

Cette perception -le pronostic de victoire- dépend des intentions de vote des différents candidats, mais en amplifiant les écarts entre ceux-ci, à l'exception de Le Pen car celle-ci est considérée par la grande majorité des électeurs (Cf. supra) comme une candidate assurée d'être au deuxième tour, et assurée d'y être battue. Dès lors, l'élection est perçue comme  ne se faisant plus au deuxieme tour, mais au premier. Le candidat non FN en tête dans les intentions de vote bénéficie ainsi d'un pronostic de victoire très supérieur à ses intentions de vote et très supérieure au deuxième candidat non FN dans les intentions de vote. Les candidats suivants sont considéres par la très grande majorité des électeurs comme n'ayant aucune chance de gagner. Comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous tiré du sondage rolling quotidien d'Opinion Way (1), la perspective de victoire de Macron est ainsi estimée être beaucoup plus elévée que celle de Fillon (2) et les perspectives de victoires de JLM, Hamon et Dupont Aignan sont jugées très faibles. Les deux bénéficiaires potentiels de votes utiles sont donc Macron et Fillon, et particulièrement Macron.

C'est pourquoi il ne peut y avoir de votes utiles en nombre significatifs en faveur de Hamon, JLM ou Dupont-Aignan : ils ne sont pas perçus comme pouvant gagner. Selon les deux enquêtes précités, seuls 4 à 5% des électeurs pensent que Hamon gagnera l'élection présidentielle et à peine plus pensent que JLM gagnera (3). Quant à Dupont Aignan, seuls 1% des électeurs pensent qu'il va gagner. En ce qui concerne ces candidats, tant qu'ils n'apparaitront pas comme ayant une chance significative de gagner, le vote utile ne peut s'exercer qu'à leur détriment et c'est parmi leurs sympathisants que réside le gisement de votes utiles potentiels. Ce gisement est d'autant plus important que les candidats placés derrière le candidat dominant de chaque camp dipososent d'intentions de vote relativement importants, ce qui joue actuellement a priori à l'avantage de Macron par rapport à Fillon.

On peut ajouter un point :  le vote utile émane plus fréquement des électeurs qui se sentent moins éloignés de leur deuxième choix que des électeurs qui s'en sentent fortement éloignés. C'est pourquoi, le vote utile risque de se manifester davantage au détriment de Hamon que de JLM.

La réalité des chances de Le Pen : proches de zéro... 

Comme indiqué plus haut, l'IFOP et Opinion Way estiment au 24 mars qu'entre 15 et 16% des électeurs pensent que Le Pen va remporter l'élection, un pourcentage en baisse sensible depuis un mois ou il était compris entre 19 et 22% selon ces instituts. Autrement dit, seul un électeur sur six pense que Le Pen va gagner l'élection et cette opinion n'a jamais été partagée par significativement plus d'un électeur sur 5. Pourtant, dans les media, que ce soit sur Mediapart ou ailleurs, de même que  dans le milieu politique, cette opinion est bien plus répandue que chez les électeurs. Il existerait selon eux un risque élevé, voire sous estimé, que Le Pen soit élue. Cette opinion a été défendue par Jacques Alain Miller dans son billet, comme elle l'a été dans de nombreux articles de Mediapart. Il y a quelques jours dans sa présentation du programme de Le Pen, la rédaction de Mediapart écrivait ainsi au sujet de ce programme : "À un mois du premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril, le savoir, le comprendre est indispensable pour combattre le Front national au moment où celui-ci campe aux portes du pouvoir". Mais dans ces articles ou billets, il n'existe jamais -ou presque jamais- le moindre argument venant à l'appui de cette afirmation.

Dans son billet, JAM écrivait ainsi : "Il s’ensuit que ni Hamon ni Mélenchon ne sauraient admettre que l’enjeu de l’élection soit en définitive la victoire ou la défaite de la cheffe du FN. Que tout le monde le sache, l’univers entier, ne leur importe pas. L’avouer serait pour eux se saborder."  

Comme je l'ai indiqué à plusieurs reprises, et notamment sur le fil du billet de JAM, je tiens cette opinion pour fausse et j'attends toujours que l'on réponde aux objections que j'ai émises, notamment de la part de ce dernier (4). Ma réponse à JAM était la suivante :

"Le problème du raisonnement ici développé une nouvelle fois par JAM est que les prémisses sont fausses.

A part quelques esprits peu lucides, personne ne pense que Le Pen ait une chance réelle d'être élue. C'est d'ailleurs en substance ce que disent tous les analystes du FN. Voici des années maintenant que Le Pen atteint le second tour dans tous les sondages publiés et que, tout aussi invariablement, elle est écrasée au second tour". Je repenreanis ensuite l'argumentation que j'avais développée dans un commentaire sur son billet précédent :

"J'aimerais bien qu'il explique par quel miracle, partant de 25, 30 ou même 35% des voix au premier tour, Le Pen pourrait bien arriver à 50+ au second alors que dans un élection dont l'enjeu-et donc le risque afférant- était beaucoup plus faible, les élections régionales, Le Pen et sa nièce sont parties de 41 au premier pour finir à 43 et 45 au second tour ?  

Ce, alors que Le pen et le FN n'ont pas plus d'alliés et de réserves de voix qu'alors et que l'image de Le Pen et de son parti ne s'est pas améliorée, voire s'est légèrement détériorée comme l'a montré la dernière enquête du CEVIPOF publiée voici quelques jours dans le Monde ?

Ce, alors qu'entre 60% et les deux tiers des Français ne veulent à aucun prix du FN et de Le Pen ? Qu'une majorité d'entre eux disent qu'ils ne voteront "jamais" Le Pen ?

Il faudrait, pour que ce scénario se réalise, qu'intervienent d'ici le vote des évènements non anticipés de nature à faire en sorte qu'en dépit de leur hostilité à Le Pen, les Français décident néanmoins de lui confier les clés. Rien n'est jamais impossible, mais c'est très improbable. Quel pourait être ce scénario ? J'en ai mentionné un : que survienne une vague d'attentats et que simultanément on apprenne que Fillon et Macron couchent ensemble ? Oui, peut être dans ce cas..A part cela ? "

L'enjeu de cette élection présidentielle n'est donc pas de savoir si Le Pen sera élue ou non -elle ne le sera pas- mais de savoir à qui sera l'autre qualifié pour le second tour, qui sera élu deux semaines plus tard".

Loin de sous-estimer les chances de Le Pen d'être élue, je pense donc que les électeurs sur-estiment les chances de Le Pen qui sont en réalité proches de zéro. J'ajoute que cette opinion, reposant à titre principal sur les résultats des élections régionales en Haut-de-France et en PACA, est confortée par toutes les enquêtes d'opinion.Après avoir écrit le commentaire précité, j'ai effectué une vérification : sur plus de 200 sondages effectués depuis 2012, Le Pen a été donnée gagnante une seule fois. C'était au cas, non corroboré par les résultats du premier tour du sondage lui même, où Hollande lui serait opposé au second tour, au moment ou ce dernier touchait le point le plus bas de sa cote de popularité. Il en disait davantage, comme la suite l'a démontré, sur les chances de Hollande que sur celles de Le Pen...

Dans tous les autres sondages, Le Pen est donnée battue au second tout, et ce, très largement. Ainsi dans les sondages effectuées ces deux derniers mois, Le Pen est battue tant par Macron que par Fillon. Contre Macron, Le Pen n'a jamais fait mieux que 42% (et obtient généralement moins de 40% des suffrages) et n'a jamais fait mieux que 45% contre Fillon (et obtient généralement 42% ou moins). En France, faire moins de 47% au second tour est une défaite cuisante, ce qui ne s'est jamais produite depuis 1969 (5). Sauf évolution majeure de l'opinion d'ici un mois et demi, le plus probable est donc une défaite cinglante de Le Pen. 

L'exploitation du vote utile et la collusion dissimulée des intérêts politiques des bénéficiaires du vote utile avec Le Pen...    

Pour quelles raisons les media et un très grand nombre de politiciens présentent-ils l'élection de Le Pen comme une très sérieuse possibilité, au point de contribuer à ce qu'un électeur sur six estime que Le Pen va être élue ?

S'agissant des media, la principale motivation est sans doute avant tout commerciale : Le Pen fait vendre du papier, des abonnements et des espaces publiciatires à meilleur prix et les scénario castastrophe sont davantage prisés du public que les histoires à l'eau de rose. Un hedomadaire avec Le Pen en Une et le titre "Pourquoi elle peut gagner" se vendra mieux que le même hebdo avec le titre "pourquoi elle n'a aucune chance". Pour les media, Le Pen est une excellente cliente. Quand des spécialistes du vote FN comme Joël Gombin expliquent que Le Pen n'a presque aucune chance, leurs propos ne sont guère repris, mais que des éditocrates dont la capacité d'analyse ne dépasse généralement pas leur capacité à (mal!) lire les sondages disent, ou écrivent, que Le Pen a une "vraie chance", alors ils sont sûrs de faire parler d'eux, ce qui est la chose qui au fond leur importe puisque leur valeur marchande est directement liée à leur notoriété.

Ils parviennent d'autant plus aisément à duper une partie du public que les humains ont, d'une façon générale, beaucoup de difficultés à apprécier la probabilité d'un évènement qu'ils estiment catastrophique, leur réaction pouvant être, soit de surestimer sa probabilité d'occurence, soit de la sous-estimer, ou même la nier. Les humains aiment bien se faire peur de temps à autre également.

S'agissant des politiciens qui alimentent la machine médiatique, leurs déclarations concernant le prétendu "danger Le Pen", le risque de l'élection de Le Pen, doivent également être jaugées à l'aune de leurs intérêts bien compris. Et en l'espèce, il est important à mon sens de saisir que Fillon et Macron (et leurs soutiens par conséquent) ont le même intérêt que Le Pen (et ses soutiens) à accréditer l'idée qu'une victoire de Le Pen est parfaitement possible.

Fillon et Macron, c'est à dire les deux candidats suceptibles de bénéficier de vote utiles de la part d'électeurs qui choisiraient un autre candidat en l'absence de ce prétendu risque Le Pen, ont en effet, avec cette dernière un intérêt convergent -bien que dissimulé- qui consiste à tenter de faire croire que ce risque est réel et élevé, eux pour bénéficier de votes utiles, elle pour mobiliser sa base électorale qui a besoin d'y croire pour ce faire.

S'agissant des dirigeants du PS qui apportent ces jours-ci leur soutien à Macron, l'invocation du danger Le Pen comme facteur explictatif de leur ralliement n'est qu'un prétexte visant à tenter de masquer leur trahison de leur candidat Hamon et le fait qu'ils espèrent poursuivre leur carrière sous une présidence Macron qui seul est en mesure de le leur permettre. Dans ce lot, Le Drian mérite une palme puisque Macron laisse entendre qu'il pourrait le reconduire dans ses fonctions de ministre de la défense et que Le Drian se permet même d'invoquer, non le risque que Le Pen soit élue, mais la prétendue nécessité qu'elle n'arrive pas en tête au premier tour (6). Parmi les intellectuels se qualifiant encore de gauche, leur ralliement à Macron au nom du vote utile atteste soit de leur piètre capacité d'analyse politique, soit de leur décision, comme tant d'autres avant eux, de passer à droite, mettant probablement ainsi leur vote en conformité avec leurs intérêts. 

Voilà pour les postures, et j'ajouterai l'imposture réelle du vote utile, car cet appel au vote utile a effectivement pour effet de mobiliser l'électorat susceptible de voter Le Pen en accréditant l'idée que "cette fois cela pourrait passer". 

Mais ce n'est ni la première, ni la dernière fois, que d'aucuns font, consciement ou inconsciement, la courte échelle au FN....

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(1)  http://opinionlab.opinion-way.com/opinionlab/832/627/presitrack.html

(2) Dans le graphique figurant dans le billet, 51% des électeurs pensent désormais que Macron va remporter l'élection alors qu'ils n'étaient qu'un tiers au 24 février au moment ou Bayrou a annoncé qu'il ne se présentait pas et soutenait Macron. Le pronosctic de victoire de Fillon a connu le chemin inverse au cours de la même période, passant de 21% à 13% au 24 mars. Il convient toutefois que noter qu'Opinion Way n'a retenu (et calculé les pourcentages correspondants) que les électeurs donnant le nom d'un candidat lorsqu'on leur pose la question "A votre avis, qui va remporter l'élection présidentielle". En réalité de nombreux électeurs repondent "je ne sais pas" à cette question. De ce fait, les pourcentages mentionnés sont surestimés. Selon l'IFOP, 38% des électeurs répondent Macron, 22% répondent qu'ils ne savent pas, 16% répondent Le Pen, 12% répondent Fillon, 6% répondent JLM, 4% répondent Hamon et 4% répondent aucun de ces candidats. Le pourcentage d'électeurs répondant "je ne sais pas" a baissé de 5 points depuis la double décision de Bayrou :

  http://www.parismatch.com/La-presidentielle-en-temps-reel  

(3) L'évolution des pronostics de victoire de Hamon et JLM est un très bon exemple de l'amplification du pronstic de victoire par rapport au sous jacent, c'est à dire les intentions de vote. Entre le 21 et le 24 mars, Hamon et JLM ont échangé leurs places dans le sondage rolling d'Opinion Way, Hamon passant de 14% à 11% d'intentions de vote, tandis que JLM faisait le chemin inverse. Mais l'évolution des pronostics de victoire amplifie cette variation : ainsi, le nombre d'électeurs pensant que Hamon gagnera l'élection est passée de 7 à 5% tandis que ceux anticipant une victoire de JLM est passé de 5 à 9%. NB: Cliquez sur le lien (1).

(4) J'ai mentionné mes objections une première fois sur le billet précédent de JAM, puis les ai réitérées sur le fil de son deuxième billet figurant en lien en lui rappelant qu'il n'y avait pas répondu. JAM m'a alors répondu : "Il est exact, Sycophante, que je ne vous ai pas encore répondu. Veuillez excuser mon retard à l'allumage. Je compte le faire.Difficile de tout faire à la fois. Participer à la vaste campagne nationale que nous entamons dans les milieux psys contre MLP, secouer des psychanalystes habitués à gagner leur vie sans bouger, et aussi essayer d'alerter ceux qui, comme vous, interprètent mal, selon moi, les sondages. Soyez persuadé que je ne vous oublie pas, Sycophante, et vous aurez vous aussi votre réponse en temps utile (pour moi)".  

(5) En 1969, Pompidou a obtenu 58% contre le candidat centriste Poher, la gauche étant éliminée. Or ce cas particulier, la pire défaite fût celle de Mitterrand en 1965, de Gaulle étant réélu avec 55% des suffrages.

(6) Une prétendue nécessité qui n'en est évidemment pas une si l'on veut bien admettre qu'arriver en tête n'a jamais été un gage de succès au second tour comme le montre les exemples des élections de 1974, 1981 et 1995. 

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