Levée des conflits

Installation chorégraphique prévenait le programme. On pourrait aussi bien dire fond d'écran vivant - de ceux que certains artistes contemporains s'amusent à imaginer pour nos ordinateurs. Vu de loin, ou en laissant flotter son attention, Levée des conflits, le nouveau spectacle de Boris Charmatz ressemble exactement à ça.

Levée de conflits de Boris Charmatz © Caroline Ablain Levée de conflits de Boris Charmatz © Caroline Ablain
Installation chorégraphique prévenait le programme. On pourrait aussi bien dire fond d'écran vivant - de ceux que certains artistes contemporains s'amusent à imaginer pour nos ordinateurs. Vu de loin, ou en laissant flotter son attention, Levée des conflits, le nouveau spectacle de Boris Charmatz ressemble exactement à ça. Sans doute les principes quasi-mathématiques de sa conception y sont-ils pour quelque chose. Les danseurs entrent l'un après l'autre sur la scène, le deuxième (danseur) ne pénétrant que lorsque le premier (danseur) est passé d'un premier mouvement à un deuxième (mouvement) pour à son tour accomplir le premier (mouvement) puis passer au deuxième (mouvement), moment où entre le troisième (danseur) qui reprend à son compte le premier (mouvement). Et ainsi de suite jusqu'à vingt-six danseurs pour vingt-cinq mouvement seulement, comme un jeu de chaises musicales dit Charmatz. Tous se déploient sur scène par spasmes collectifs, amas de corps en écho aux amas musicaux comme autant de bastard mixes. Les yeux et les oreilles des spectateurs changent perpétuellement d'échelles, du sens du détail au motif d'ensemble - hypnotisé, ensorcellé par ce chaos raisonnablement produit. Boris Charmatz est le prochain invité du Festival d'Avignon, et c'est une excellente nouvelle.

 

Levée des conflits a été présenté au Théâtre de la ville (Paris) les 26, 27 et 28 novembre dans le cadre du Festival d'Automne. Le spectacle sera repris ultérieurement.

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