Blanquer démission: 5000 signatures déjà!

Les maux de l'École s'entendent comme jamais à travers ces mots répétés : épuisement, isolement, échec, découragement, stress, usure, dégoût, peur, solitude, colère, écœurement, angoisse. Le risque est grand de désespérer ceux auxquels on confie la jeunesse du pays. Heureusement, le cap des 5.000 signataires réclamant le départ de JM Blanquer peut être annonciateur d'un tournant.

Lien vers la pétition (ajout du 12/11) : https://www.change.org/p/blanquer-d%C3%A9mission-signez-faites-signer

Pendant que nous attendons les masques transparents promis, pour la fin septembre aux enseignants de maternelle ou ayant des élèves sourds, par la ministre Cluzel (JDD du 05/09), JM Blanquer, lui, divise par dix le nombre officiel de jeunes contaminés par la Covid ! Pour le ministre de l'Éducation nationale, la situation est stable, maîtrisée, sous contrôle. Or, les chiffres de Santé Publique France démontrent exactement l'inverse avec trois fois plus de cas chez les enfants et une progression encore plus rapide chez les adolescents en seulement quelques semaines (France Info, 10/11).

Normal puisque les protocoles sanitaires sont infaisables dans bien des établissements scolaires, ce qui a contraint le ministre à devoir céder pour les lycées et enfin accorder l'organisation en demi-groupes pourtant prévue depuis longtemps par son propre ministère (Plan de continuité pédagogique dans l'hypothèse d'une circulation active du virus sur tout ou partie du territoire).

Mais JM Blanquer, dont on se demande bien ce qu'il a fait cet été pour anticiper la rentrée, préfère se féliciter du très faible nombre de classes fermées (conférence de presse du 29/10), en omettant un léger détail : il a complètement modifié la règle de fermeture de classes rendant pratiquement impossible cette situation en cas d'élèves contaminés ! Le thermomètre est cassé mais la fièvre est bien là.

Mais, que dire du recul honteux dans l'hommage bâclé rendu à Samuel PATY ? Prétexter des problèmes sanitaires, sécuritaires ou logistiques pour revenir sur l'engagement de reprendre les cours à 10 heures le 2 novembre relève de la manipulation, le ministre allant même jusqu'à prétendre maintenant que ça n'avait été qu'une simple "hypothèse" (Le Parisien, 31/10). Chacun sait pourtant qu'il aurait suffi de décaler la rentrée au lendemain pour permettre aux équipes pédagogiques de se retrouver, discuter, échanger, élaborer des réponses adaptées. Mais c'était trop demander à un ministre dont le vrai visage était déjà apparu au grand jour lors du décès tragique de notre collègue directrice Christine RENON (comparaison malhonnête en affirmant : « Il n'y a pas plus de suicides dans l'Education nationale que dans la société française », France Inter, 16/10/2019).

Bref, les promesses foireuses, comme les manipulations et les mensonges, continuent. Alors nous aussi continuons et agissons ! Notre pétition approche les 40.000 vues et les 3.000 partages. Hier, nous avons passé le cap des 5.000 signatures ! Par comparaison, une pétition similaire (collectif d'enseignants sur le même site avec le même mot d'ordre) n'avait recueilli au printemps dernier que 732 signatures. Peut-être faillait-il que l’idée mûrisse et que chacun comprenne combien le pourrissement de la situation était volontaire. Mais n'offrons pas notre découragement à nos adversaires. Comme l'a écrit Romain GARY, "le désespoir est toujours une soumission". 

Alors, poursuivons la communication autour de cette pétition : collègues, ami(e)s, parents, syndicats, mouvements lycéens, associations, fédérations, médias, chacun doit connaître cette initiative ! Il est d'autant plus légitime de demander la démission de responsables politiques qu'un ministre n'est pas élu à ce poste par le peuple. C'est juste le fait du prince. Alors, pour changer de cap, changeons d'abord de « capitaine ». Offrons un bon de sortie à Monsieur Blanquer qui rêvait tant d'aller voir ailleurs lors du remaniement. 

 Sylvain GRANDSERRE

 

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