Je viens de lire cette phrase : « Nous nous tûmes pour un moment », tirée de La Chambre de Giovanni (James Baldwin, 1956).
Qu’il est beau, ce passé simple, et qu’il est doux à l’oreille.
Qu’il soit de bon augure au seuil de cette année nouvelle.
Qu’il somme le gros bonhomme orange de rester muet.
Qu’il enjoigne aux dictateurs de la boucler, aux va-t-en-guerre de la fermer, aux techno-césaristes de se calmer, aux trolls et aux haters de garder le silence.
Qu’ils se taisent en 2026 . Et plus, si affinités.
Alors nous pourrons encore mieux entendre ceux qui souffrent dans l’indifférence, ceux qui demeurent discrets sur leurs peines, ceux qui voilent leur désespoir sous la retenue.
Et nous pourrons dire aux premiers : « Vous vous tûtes afin que nous les entendissions. »
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