Nasrin Sotoudeh, l'avocate des Iraniennes sans voile, est en danger de mort

L'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, défenseuse des droits des femmes, hospitalisée en septembre, a été remise en prison au péril de sa vie. Son mari, Reza Khandan, alerte l'opinion internationale dans une lettre republiée ici et accompagnée d'une pétition : Nasrin Sotoudeh doit être libérée avant qu'il ne soit trop tard !

Libérez Nasrin Sodouteh

 

Nasrin Sotoudeh, militante pour les droits humains et la liberté des femmes, a été condamnée, le 11 mars 2019, à une peine de 38 ans d’emprisonnement et 148 coups de fouet pour avoir exercé son métier d’avocate en défendant des femmes qui se dévoilent dans l’espace public, ainsi que des prisonnier·es politiques. Le 11 août 2020, elle a entamé une grève de la faim pour protester, d’une part, contre les exécutions de prisonnier·es politiques et, d’autre part, contre les comportements inhumains qui leur sont infligés et mettent leur vie en danger dans l’actuel contexte épidémique.

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Lettre de Reza Khandan au sujet de l’état de santé de Nasrin Sotoudeh

Mardi 13 octobre 2020

Après 40 jours de grève de la faim et à la suite des multiples avertissements émis par les médecins de la prison qui s’inquiétaient de son état de santé, le 23 septembre 2020 Nasrin Sotoudeh a finalement – et très tardivement – été transférée à l’hôpital. Les graves problèmes cardiaques et pulmonaires dont elle souffre depuis pourraient être dus à ce retard dans la prise en charge et la surveillance médicales. 

Vingt jours ont passé depuis son retour de l’hôpital à la prison d’Evin. Comme Nasrin l’a elle-même rapporté, les médecins pénitentiaires ont été choqués de son retour hâtif en prison et sans traitement médical approprié, en particulier si l’on considère sa grève de la faim continue.   L’un des médecins pénitentiaires a vivement protesté contre son retour en prison dans de telles conditions. En effet, le moniteur cardiaque de Nasrin a enregistré des changements importants qui attestent d’une grave détérioration de son cœur. À son arrivée à l’hôpital, elle avait immédiatement été transférée en soins intensifs, où, après des examens cardiaques supplémentaires, le conseil médical avait confirmé qu’elle devait subir une angiographie. 

Aujourd’hui, 20 jours plus tard, Nasrin est de retour dans un quartier de la prison sans surveillance médicale. Sa respiration difficile et limitée accroît notre anxiété quant à son état de santé. 

Pendant son hospitalisation, il avait été constaté que son taux de globules blancs était extrêmement bas, ce qui affaiblissait son système immunitaire. Plus tard, il est apparu qu’au moins six des gardiennes de prison qui s’occupaient d’elle à l’hôpital avaient contracté le COVID. Ces gardiennes, identifiées par la suite comme porteuses du COVID, étaient assises sur une chaise à côté de son lit, nuit et jour. Compte tenu des graves troubles physiques et cardiaques dont souffre Nasrin, les médecins extérieurs à l’hôpital qui ont pu examiner son dossier médical considèrent son transfert en prison comme une tentative délibérée de mettre sa vie en danger. Malgré la demande de libération pour raisons médicales ou de transfert à l’hôpital formulée par Nasrin et sa famille, le procureur n’a pas donné suite. Le système judiciaire de la République islamique est directement responsable de la santé des prisonniers qu’il a sous sa garde, il est donc directement responsable des conséquences de tout incident malheureux qui découlerait du transfert de Nasrin en prison, de son exposition à des conditions dangereuses pour sa santé et de l’absence de traitement médical pendant sa détention. 

Reza Khandan (époux de Nasrin Sotoudeh)

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