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Billet de blog 20 févr. 2022

Le combat pour l'avortement : Marie-Claire Chevalier et le procès de Bobigny (1)

[Rediffusion] Marie-Claire Chevalier est morte le 23 janvier, à 66 ans. En 1972, inculpée pour avoir avorté, elle avait accepté que Gisèle Halimi transforme son procès en plaidoyer féministe pour la liberté de disposer de son corps. Pas facile d’être une avortée médiatisée à 17 ans, à une époque où la mainmise patriarcale sur le corps des femmes n’est encore qu’à peine desserrée.

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1972, la presse tend ses micros à Gisèle Halimi, qui vient d'obtenir la relaxe de Marie-Claire Chevalier (à droite), accompagnée de sa mère, Michèle Chevalier (au centre). © KEYSTONE-France/GHFP

« Je vous défendrai, mais ça va être difficile »

Le Procès de Bobigny, en octobre et novembre 1972, est une étape décisive de la lutte pour la légalisation de l’avortement. Au cœur de ce procès, il y a, bien sûr, Gisèle Halimi qui, en stratège engagée, fit défiler à la barre des sommités et des célébrités favorables à la révision de la législation interdisant l’interruption volontaire de grossesse [i],[ii]. Mais il y a aussi Marie-Claire Chevalier qui, à 17 ans, osa risquer une condamnation et braver la réprobation des milieux conservateurs.

L’adolescente a avorté à la suite d’un viol ; elle a deux sœurs ; sa mère, Michèle Chevalier, les élève seule et ne dispose que de très modestes revenus – 1500 francs dont il faut retirer 500 francs de loyer [iii]. L’inculpation de Marie-Claire et de Michèle Chevalier est emblématique de l’injustice et des aberrations auxquelles conduit le maintien de l’interdiction d’avorter. Le procès de Marie-Claire puis, trois semaines plus tard, celui de sa mère et de ses « complices », qui toutes appartiennent aux classes populaires, offrent à Gisèle Halimi la voie royale qu’elle cherchait pour dénoncer l’iniquité de la loi et affirmer le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes.

Selon le témoignage que Marie-Claire rédigea en 2005, sa mère avait lu le récit fait par Gisèle Halimi de sa défense de Djamila Boupacha [iv], indépendantiste algérienne violée et torturée par des militaires français. Sans doute savait-elle également que l’avocate anticolonialiste était aussi féministe, qu’elle avait signé le Manifeste des 343 et créé en juillet 1971, avec Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort, Jean Rostand et Jacques Monod, l’association Choisir pour accompagner celles des signataires du Manifeste des 343 qui subissaient des représailles [v].

Le récit de Gisèle Halimi diffère quelque peu : ce serait Micheline Bambuck, la « faiseuse d’anges », qui lui aurait téléphoné la première [vi]. Il n’en reste pas moins vraisemblable que Michèle Chevalier ait elle aussi pensé à faire appel à Gisèle Halimi. En tout cas, Michèle Chevalier rencontre Gisèle Halimi puis, en mars 1972, elle adhère à Choisir [vii]. Selon Claudine Monteil, la plus jeune des militantes du MLF appartenant au cercle des beauvoiriennes [viii], Gisèle Halimi les a d’ailleurs informées que Michèle Chevalier était venue lui demander de défendre sa fille [ix] ; le rôle de Micheline Bambuck n’est pas évoqué. Enfin, Gisèle Halimi assurera la défense de Marie-Claire et de Michèle Chevalier, mais non pas celle de Micheline Bambuck, qui sera confiée à Gérard Cauchi. [ajout du 26 février 2022 : Dans un entretien de 2005 avec Tania Angeloff et Margaret Maruani, Gisèle Halimi précise que c'est en effet Michèle Chevalier qui l'a contactée : « Michèle Chevalier, elle, était communiste. Et si elle est venue chez moi, c'est parce qu’elle était employée de métro, qu’elle avait lu dans la bibliothèque du métro Djamila Boupacha et qu’elle s'est dit, puisque cette avocate a défendu cette Algérienne torturée, peut-être qu'elle acceptera de nous défendre... » (Angeloff Tania, Maruani Margaret, « Gisèle Halimi. La cause du féminisme », Travail, genre et sociétés, 2005/2 (nº 14), p. 5-25. URL : https://www-cairn-info.ezproxy.u-paris.fr/revue-travail-genre-et-societes-2005-2-page-5.htm).]

Une chose est absolument sûre : Marie-Claire, sa mère et ses « complices » eurent le cran d’accepter que l’avocate féministe fasse de leur procès celui d’une société qui refusait encore aux femmes le droit de disposer de leur corps. D’un tel procès Gisèle Halimi avait le projet depuis la rentrée 1971 et les prémisses des Journées de dénonciation des crimes contre les femmes, qui se tinrent en mai 1972 à la Mutualité : « Elle voulait faire, explique Anne Zelensky, une sorte de grand procès symbolique, où seraient convoqués des experts sur la question de l’avortement : juristes, médecins, femme. [x] » Les autres n’en voulaient pas [xi]. Goûtant fort peu le processus décisionnel à l’œuvre au sein du MLF, démocratique ou chaotique, c’est selon, mais en tout cas plurivoque, elle quitte le groupe [xii]. Sans renoncer pour autant à son projet. L’inculpation révoltante des Chevalier lui fournissait l’occasion de le mettre à exécution.

Quand elle reçoit Marie-Claire, Gisèle Halimi ne minimise pas les risques de la stratégie offensive qu’elle lui propose, elle la met en face de sa liberté : « Je vous défendrai. Mais ça va être difficile. Vous pouvez demander pardon et vous serez quand même condamnée. Mais pas trop. Ou vous pouvez attaquer, dire que la loi est injuste, que les femmes sont des victimes… Et si vous choisissez cette voie, il vous faudra du courage, jusqu’au bout, quoi qu’il arrive...[xiii] »

Comme sa mère, dont la détermination forçait le respect [xiv], Marie-Claire choisit le courage. Même si elle craint d’être emprisonnée. La loi anti-avortement était de moins en moins appliquée, mais il y eut tout de même 289 condamnations en 1960 et 588 en 1965 [xv], 720 en 1966, 340 en 1970 [xvi]. Environ deux tiers s’assortissaient d’un sursis [xvii], certes, mais comment les juges réagiraient-ils si elle ne baissait pas les yeux ni ne battait sa coulpe ? 

Des féministes matraquées

Le 9 octobre, deux jours avant le premier des deux procès de Bobigny, des militantes du MLF et des sympathisants de la cause manifestèrent place de l’Opéra, à partir de 18 h 30, afin de mobiliser l’opinion publique en faveur Marie-Claire et de l’avortement libre et gratuit. « Nous savions que la télévision et la radio seraient sur les lieux », se souvient Claudine Monteil[xviii]. Le Monde s’en fait l’écho : « Un tract distribué par les manifestants expose le cas de cette adolescente, dont la mère, qui sera jugée ultérieurement pour complicité, “avait le tort de n'être qu'une employée de métro”. "Comme un million de femmes chaque année, déclare ce texte, Marie-Claire a vécu le drame de l'avortement clandestin, parce qu'elle n'avait pas 2 000 F, voire 3 000 F, pour aller avorter confortablement dans une clinique de Londres, de Genève ou même de Paris, parce qu'elle n'a reçu aucune éducation sexuelle, et que, à dix-sept ans, il est très difficile d'obtenir d'un médecin un moyen contraceptif... " Il s'agit surtout de démontrer qu' “il est plus facile de faire un procès à une fille isolée qu'à trois cent quarante-trois femmes déterminées à remettre en cause les lois sur l'avortement".[xix] » La manifestation, bien que pacifique, a été violemment réprimée : « Coups de poing, coups de matraque : rien ne leur fut épargné », « huit cars de police et quatre cars de gendarmerie mobile entouraient l'Opéra ». Pire, pour les disperser, une voiture de police banalisée a foncé dans la foule des manifestant·es. « C’est miracle s’il n’y a pas eu de blessés », note le ou la journaliste, qui n’hésite aucunement à faire part de son indignation. Cet article, qui parut le jour même du procès de Marie-Claire, rendit un grand service aux inculpées et au combat féministe pour la liberté d’avorter.

Un huis clos animé

Mineure, Marie-Claire est jugée seule et à huis clos, le 11 octobre 1972 dans le tribunal pour enfants de Bobigny [xx]. Dehors des militantes – 150 à 200 selon Le Monde [xxi] –, crient : « Libérez Marie-Claire ! », « Pas de procès pour Marie-Claire », « Nous avons toutes avorté, jugez-nous !», « Avortement libre et gratuit, contraception » et aussi « L’Angleterre pour les riches, la prison pour les pauvres ! » [xxii].

Marie-Claire déclare au président du tribunal, à ses deux assesseurs et au substitut du procureur de la République – que des hommes, auxquels elle a honte de raconter cette « affaire de femmes [xxiii] » : « Je ne regrette pas d’avoir avorté, car cet enfant aurait été à l’Assistance et malheureux [xxiv]».

Pas de repentir lors du procès, donc. Mais les magistrats n’osent pas la condamner. Gisèle Halimi, Marie-Claire et Michèle Chevalier sont « folles de joie ». Claude Servan-Schreiber, journaliste féministe et membre de Choisir commente dans les colonnes du Monde : « Si l’opinion française s'est émue du cas de Marie-Claire, c'est qu'elle a bien senti à cette occasion, comme l'a souligné la presse, que la législation actuelle inflige davantage de souffrances aux pauvres qu'aux riches. [xxv] »

Mais la joie et le soulagement de Marie-Claire ne sont que momentanés.

« J’étais dans le trou, je n’arrivais pas à refaire surface »

À la suite du procès, auquel la presse a fait un large écho [xxvi], Marie Claire a quitté le collège d’enseignement technique de Neuilly Plaisance où elle effectuait sa scolarité. Ce qui domine dans le récit qu’elle fait de cette période en 2005 et qui sert de postface à la réédition en 2006 des débats et des plaidoiries du procès de Bobigny, c’est le sentiment de culpabilité qui l’a tenaillée dans les années qui ont suivi. Il fut aggravé par une confrontation dans le métro avec une femme qui la reconnut – Match, Elle et Marie-Claire avaient publié de « grandes et belles photos de l’inculpée vedette [xxvii] » – et la traita de criminelle. Cette harpie lui crie qu’un fœtus est un enfant et qu’on n’a pas le droit de tuer un enfant. Marie-Claire sort précipitamment du métro pour échapper à la honte. Non sans dommage : « J’ai eu envie de me jeter sous la rame [xxviii] », avoue-t-elle.

Dans les années 1970, en réponse à la mobilisation féministe, l’opposition à l’avortement était sur le pied de guerre et le point de vue des milieux catholiques conservateurs – la vie humaine est sacrée dès sa conception et y mettre fin est un « crime abominable [xxix] » – était largement diffusé. Le 30 novembre 1972, Le Monde consacre un article à la note que le cardinal Renard, président de la commission épiscopale pour la famille, vient de diffuser au sujet de l’avortement. « Beaucoup d'épiscopats et Paul VI lui-même ont réaffirmé la même doctrine, précise le cardinal, l’avortement est un meurtre. Dieu n'a-t-il pas dit : "Tu ne tueras pas" ? Il indiquait ainsi l'éminente dignité de toute existence humaine et l’exigeant respect qui lui est dû.[xxx] »

Relaxée, Marie-Claire restait prisonnière : « J’étais dans le trou, je n’avais pas été condamnée, mais je n’arrivais pas à refaire surface. »

L’adolescente est devenue l’« héroïne bien malgré elle d’un fait divers devenu emblématique d’un combat qui la dépassait sans doute [xxxi].» Cependant, la médiatisation du procès et la propagande culpabilisante des opposant·es à l’avortement n’étaient pas seules responsables de sa détresse. L’enchaînement des faits qui avait conduit à son inculpation pour avortement illégal était en lui-même traumatisant.

À suivre

Notes

[i] Dans La cause des femmes, G. Halimi insiste sur la nécessité d’être à la fois une stratège et une femme engagée quand on assure la défense dans un procès auquel on donne un tour politique (La cause des femmes, Gallimard, folio, 1992, p. 89-90).

[ii] L’interdiction de l’avortement reposait sur ce qui restait des lois de 1920-1923 et du code de la famille de 1939 après l’autorisation de l’avortement thérapeutique par la loi du 11 mai 1955 et celle de la contraception par la loi du 28 décembre 1967 (la loi Neuwirth). L’interdiction de l’avortement faisait notamment l’objet de l’article 317 du code pénal. Voir Janine Mossuz-Lavau, Les lois de l’amour. Les politiques de la sexualité en France (1950-2002), Petite bibliothèque Payot, 2002, p. 87 et suiv. ; G. Halimi, La cause des femmes, op. cit., p. 125 et suiv.

[iii] Selon Andrée Audoin, qui publia dans L’Humanité du 11 octobre 1972 un article consacré au procès.

[iv] Coécrit avec Simone de Beauvoir et publié par Gallimard en 1962 sous le titre Djamila Boupacha. https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782070205240-djamila-boupacha-simone-de-beauvoir-gisele-halimi/

L’hommage de Djamila Boupacha à Gisèle Halimi : «Ce n’était pas seulement mon avocate, c’était ma sœur !» https://www.elwatan.com/edition/actualite/lhommage-de-djamila-boupacha-a-gisele-halimi-ce-netait-pas-seulement-mon-avocate-cetait-ma-soeur-30-07-2020

[v] Choisir la cause des femmes, Le procès de Bobigny, annexes (« Qu’est-ce que choisir la cause des femmes ? » ), Gallimard, 2006, p. 259.

[vi] G. Halimi, La cause des femmes, op. cit., p. 99.

[vii] Choisir la cause des femmes, Le procès de Bobigny, op. cit., p. 110.

[viii] Celles des militantes du MLF que Beauvoir recevait chez elle les dimanches après-midi et avec lesquelles elle s’employait à faire avancer la cause féministe.

[ix] Claudine Monteil, Simone de Beauvoir. Le Mouvement des femmes. Mémoires d’une jeune fille rebelle, éditions du Rocher, 1996, p. 86. Cet ouvrage semble épuisé, ce qui est bien dommage. La lecture des mémoires des féministes qui ont pris part aux actions et aux discussions du MLF est passionnante, elle donne de la joie, de l’énergie, des idées. Il ne faut pas laisser ces témoignages tomber dans l’oubli.

[x] Anne Zelensky-Tristan, Vivre. Mémoires d’une féministe, Calmann-Lévy, 2005, p. 61.

[xi] « Il était temps de présenter devant un public français des témoignages de femmes sur ces sujets soigneusement évités : le viol, les femmes battues, les mères célibataires, l’avortement, l’inégalité des salaires. Mais cette fois-ci, [contrairement à ce qui fut fait au moment du Manifeste des 343,] la parole ne serait pas donnée en priorité aux femmes connues. » (Claudine Monteil, Simone de Beauvoir. Le Mouvement des femmes. Mémoires d’une jeune fille rebelle, éditions du Rocher, 1996, p. 80)

[xii] Anne Zelensky (alias Anne Tristan) estime que « l’avocate éprouvait méfiance et antipathie à l’égard des filles du Mouvement. Elle ne comprenait pas et n’a jamais compris ce que nous représentions réellement. » (Annie de Pisan, Anne Tristan, Histoires du MLF, Calmann-Lévy, 1977, p. 85). Lors des réunions de préparation des Journées de dénonciation des crimes contre les femmes, à l’association Choisir, Anne Zelensky et Alice Schwarzer ont marqué leur désaccord avec Gisèle Halimi, qui s’est retirée de l’organisation de ce rassemblement dès que le MLF y a été impliqué dans son ensemble.

[xiii] Marie Claire Chevalier, « Je me souviens de tout » in Choisir la cause des femmes, Le Procès de Bobigny, op. cit., p. 248.

[xiv] Claudine Monteil, Simone de Beauvoir. Le Mouvement des femmes. Mémoires d’une jeune fille rebelle, op. cit., p. 88.

[xv] Cité par Janine Mossuz-Lavau, Les lois de l’amour, p. 93 (elle cite une citation de Chantal Horellou-Lafarge, « Une mutation dans les dispositifs de contrôle social : le cas de l’avortement », Revue française de sociologie, juillet-septembre 1982, XXIII-3, p. 398)

[xvi] Chiffres cités par Gisèle Halimi dans sa plaidoirie.

[xvii] Fabrice Cahen, Christophe Capuano, « La poursuite de la répression anti-avortement après Vichy. Une guerre inachevée ? », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2011/3 (n° 111), p. 119-131. DOI : 10.3917/vin.111.0119. URL : https://www-cairn-info.ezproxy.u-paris.fr/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2011-3-page-119.htm

[xviii] Claudine Monteil, Simone de Beauvoir. Le Mouvement des femmes. Mémoires d’une jeune fille rebelle, op. cit., p. 86.

[xix] J.-B., « Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris en faveur de l'avortement libre et gratuit », Le Monde, 11 octobre 1972 https://www.lemonde.fr/archives/article/1972/10/11/plusieurs-centaines-de-personnes-ont-manifeste-a-paris-en-faveur-de-l-avortement-libre-et-gratuit_2404626_1819218.html

[xx] Alice Cornille, Estelle Madern, Ophélie Playe, Sonia shali « Le procès de Bobigny », faculté libre de droit. https://www.fld-lille.fr/wp-content/uploads/2017/11/Droit-en-action-le-proc%C3%A8s-bobigny.pdf

[xxi] Article du 12 octobre 1972 https://www.lemonde.fr/archives/article/1972/10/12/manifestation-de-deux-cents-personnes-devant-le-tribunal-de-bobigny_2405109_1819218.html

[xxii] G. Halimi, La cause des femmes, op. cit., p. 104. Le Monde, article du 12 octobre 1972 (art. cit.)

[xxiii] Dans Une affaire de femme, Chabrol raconte l’histoire d’une faiseuse d’anges sous Pétain. Vichy avait accru la sévérité de la législation et de la répression contre l’avortement. Chabrol s’est inspiré de l’affaire Marie-Louise Giraud http://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/proces-historiques-10411/laffaire-marie-louise-giraud-33196.html

[xxiv] Choisir la cause des femmes, Le Procès de Bobigny, op. cit., p. 19.

[xxv] C. Servan-Schreiber, « Qui doit décider ? » Le Monde, 8 novembre 1972 https://www.lemonde.fr/archives/article/1972/11/08/plusieurs-personnalites-viendront-temoigner-au-proces-de-bobigny-point-de-vue-qui-doit-decider_3034939_1819218.html

[xxvi] Le nom de famille d’une mineure ne pouvant être mentionné et l’emploi du seul prénom suscitant un sentiment de proximité et de l’empathie, dans l’ensemble des articles, Marie-Claire est désignée par son prénom. Le 11 octobre 1972, L’Humanité consacre sa une à « Marie-Claire » ; la journaliste Andrée Audoin insiste sur les difficultés matérielles auxquelles Michèle Chevalier fait face. Le 12 octobre 1972, La Croix évoque « Une jeune fille de 17 ans jugée pour avortement ». Bien que par principe hostile à l’avortement, le journal catholique la dépeint comme une victime « qui doit éprouver le sentiment d’une incompréhensible justice »  ; France Soir publie le verdict en manchette… Le 13 octobre 1972, Le Monde annonce le procès en une, en octobre et novembre 1972 le quotidien publiera de nombreux articles consacrés au procès et à la question de l’avortement. Voir Delphine Dauvergne, « Le débat sur l’avortement, de Bobigny à la promulgation (octobre 1972-janvier
1975), la presse s’engage. Sciences de l’information et de la communication. 2014. 1975), la presse s’engage, Sciences de l’information et de la communication, 2014 (https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01081989/document) ; Jean-François Tétu, « Statut du personnage et fonctionnement du récit de presse », in Jean Gouazé, Maurice Mouillaud, Évelyne Séverin, Jean-François Tétu, La loi de 1920 et l’avortement, stratégies de la presse et du droit au procès de Bobigny, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1979. » »

[xxvii] Gisèle Halimi, Le Lait de l’oranger, Gallimard, coll. Folio, 1988, p. 112.

[xxviii] Marie-Claire, « Je me souviens de tout » in Choisir la cause des femmes, Le Procès de Bobigny, op. cit., p. 250.

[xxix] « Les associations familiales catholiques : la vie humaine est sacrée dès son origine », La Croix, 1er juillet 1970, cité par Bibia Pavard dans Si je veux, quand je veux, Contraception et avortement dans la société française (1956-1979), Presses universitaires de Rennes, 2012, p. 127.

[xxx] « Le cardinal Renard : la vie doit être sauvegardée dès sa conception », Le Monde, 30 novembre 1972.

https://www.lemonde.fr/archives/article/1972/11/30/le-cardinal-renard-la-vie-doit-etre-sauvegardee-des-sa-conception_2398103_1819218.html

[xxxi] Catherine Valenti, Bobigny, le procès de l'avortement, Paris, Larousse, 2010, p. 214.

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