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Billet de blog 22 juil. 2022

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Ce qui arrive backstage : entre #MeToo médias et récit initiatique

Pas bien réparée de cassures et blessures faites par une succession de relations toxiques depuis l’adolescence, L., une chroniqueuse littéraire qui fait ses débuts à la télévision, se laisse embarquer dans des pratiques SM en distanciel. Le séducteur et maître de cérémonie est un journaliste célèbre, un « cumulard des médias ». Mais L. est aussi une romancière...

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Entretien avec Élodie Pinel, autrice de Ce qui arrive backstage (Anne Carrière, 2022)

L. finit par voir dans les médias, qui « montent à la tête, étourdissent, rendent vulnérables et dépendants, narcissiques et égocentriques [1]» une cause de sa perdition. Le fait que les médias soient l’instance de pouvoir par excellence de notre époque, pour laquelle exister c’est être remarqué·e, donne à l’étrange relation qui se tisse entre L. et F. une dimension emblématique.

Ce qui arrive backstage relève, non pas du témoignage, mais de l’autofiction, ce genre littéraire complexe et pratiqué par plusieurs écrivaines contemporaines. Vous êtes professeure de lettres et de philosophie, vous nous en dites plus sur ce genre, et sur vos inspirations, vos filiations ?

Au départ, je n’ai pas écrit mon texte sous le régime de l’autofiction. Dans mon idée, il s’agissait clairement d’une fiction inspirée de faits réels, d’un roman.

Pour comprendre la différence, il faut sans doute s’arrêter sur ce qu’est l’autofiction. La définition en a été donnée par Serge Doubrovsky : elle consiste, dans son cas, en l’identité du narrateur, de l’auteur et du personnage principal. Les noms que l’on cite le plus souvent sont ceux d’Annie Ernaux, Christine Angot, Amélie Nothomb, voire parfois, pour la dimension sexuelle, Catherine Cusset, et, pour le versant masculin, Emmanuel Carrère. Les textes que l’on qualifie d’autofiction dans l’œuvre de ces auteurs et autrices sont donc ceux où la voix narrative se confond avec la voix auctoriale et où cette confusion est signalée par l’emploi du « je ». Le « pacte » de départ, pour reprendre la terminologie de Philippe Lejeune, n’est pas, comme dans l’autobiographie, un pacte de sincérité et de transparence mais un pacte de jeu avec le vrai et le faux. La vérité émotionnelle va être respectée et livrée, sans pudeur, mais au prix d’aménagements, de modifications, de camouflages des indices strictement référentiels. Pour dire vrai, il faut maquiller le réel : tel est le pacte de l’autofiction, qui rejoint la leçon de la Poétique d’Aristote. Dans ce dispositif artistique, qui ressemble beaucoup à la performance en art contemporain, l’existence et le positionnement de l’auteur ou de l’autrice sur la scène publique prépare, précise et prolonge l’expérience de lecture. L’œuvre se nourrit de la présence de celui ou celle qui l’a créée.

Cette définition de l’autofiction n’est pas encore bien établie, ni assez claire dans les esprits, car les recherches de la critique universitaire sur le sujet ne se sont pas beaucoup diffusées dans le grand public et sont en cours d’élaboration. En tant que docteure en littérature française, j’ai logiquement moi-même réfléchi à mon positionnement dans l’histoire littéraire avant d’écrire et de proposer mon texte à des éditeurs. Dans la mesure où je n’avais pas adopté un « je », mais un « elle » et un « lui », dans la mesure où j’adoptais la technique du flux de conscience (comme chez Virginia Woolf), dans la mesure où je me suis inspirée de faits réels sans chercher l’exactitude, je ne me plaçais pas dans une écriture autofictionnelle mais plutôt dans la perspective d’un roman psychologique, comme Mme de la Fayette avec La Princesse de Clèves.

Mais une discussion avec mon éditeur m’a obligée à revoir ma copie et mon positionnement. En effet, pour des raisons promotionnelles, il était plus intéressant de vendre le livre comme une autofiction, voire un témoignage, que comme un roman. Cela m’a posé problème et j’ai demandé à réfléchir avant d’accepter. Car Ce qui arrive backstage n’est absolument pas un témoignage : le présenter ainsi aurait été nier mon travail d’écriture et mon approche littéraire. Après deux semaines de réflexion, j’ai décidé d’accepter cette nouvelle étiquette mais de reprendre le manuscrit à nouveaux frais. J’ai alors modifié la chronologie des événements en les adaptant à un schéma narratif très structuré (les chapitres sont organisés par métaphore, comme « le trou » ou « le labyrinthe », suivant des étapes de récit initiatique), en introduisant du dialogisme (les inserts d’articles, qui reprennent les motifs métaphoriques en les amplifiant) et en lissant le style. J’ai, en fait, remodelé le texte pour rester du côté du littéraire. Enfin, j’ai soustrait du manuscrit tous les indices d’identification possibles du personnage masculin. L’autofiction joue de l’ambiguïté entre réel et fictionnel ; je ne voulais pas m’inscrire dans cette ligne car mon objectif était de dépasser l’anecdote pour dire quelque chose de la nature humaine.

En définitive, le livre est paru avec la mention « récit », ce qui me convient : toute histoire est un récit, qu’elle soit romanesque, autofictionnelle ou autobiographique ! Mais il est vrai qu’il a été reçu comme un « témoignage ». Or si l’on lit l’ouvrage dans cette optique, on est déçu, car on attend légitimement un nom, des détails croustillants, un scandale, et on jugera ma posture comme manquant de courage ou comme ambivalente. Le fait est que lorsque l’on recentre son attention sur l’histoire en tant que telle, sans la tenir pour un témoignage on comprend et on apprécie bien mieux Ce qui arrive backstage ! C’est le cas, dans les premiers retours qui me sont faits, de la part de nombreuses « bookistas[2] » ou de lecteurs et lectrices de l’étranger [3].

Fait à signaler, la dépêche de l’AFP parue sur le livre a été reprise par deux médias : TV5 Monde, La dépêche belge et un journal au Luxembourg. Cela me conduit à penser que mon texte ne pourra être lu réellement, car sereinement, que d’ici quelques mois, voire années, lorsque toute tentation d’identification du personnage masculin sera obsolète.

Des journalistes vous ont, je crois, plusieurs fois demandé de révéler l’identité de F. Vous n’en avez aucunement l’intention. Si votre but n’est pas de dénoncer un homme, quels sont vos objectifs ?

On ne m’a pas demandé frontalement un nom mais on a en effet cherché indirectement à me le faire dire. Lorsque j’ai été interviewée par l’AFP, on m’a proposé des pistes d’identification, auxquelles je n’ai pas répondu.

Mais laisser le personnage masculin dans l’anonymat poursuit un double but : d’abord, invisibiliser à son tour celui qui détient le pouvoir de rendre visible ou invisible (c’est le sens de la métaphore des femmes fantômes en ouverture et clôture du texte) ; ensuite, faire fonctionner mon texte comme un sérum de vérité. Car des noms, on m’en a donné plein, et rares étaient les lecteurs et lectrices qui tombaient juste !

Si d’autres identifications ont été possibles, c’est donc que le comportement du personnage masculin est répandu et qu’il est archétypal. Ayant travaillé, lors de mes études de lettres, sur les types des personnages chez George Sand, cette définition du personnage comme un archétype était essentielle pour moi ; pour toucher à l’universel, il faut transcender le singulier. Par ailleurs, ces identifications multiples confirment que ma volonté de décrire un fonctionnement systémique et non anecdotique a atteint son but : si ce comportement peut être attribué à autant d’autres journalistes connus, c’est que quelque chose, dans le fonctionnement des grands médias, le permet, voire l’encourage, et l’entretient.

L. rêve que tout de même que le roman qu’elle vient d’écrire tue F., elle avoue qu’elle désire qu’il ait un petit peu peur, elle veut « contrer cette négation d’elle-même dans laquelle il la enfermée [4]»…

Si le personnage féminin de L. rêve que F. se suicide, c’est sur un plan symbolique et parce que la question de la vengeance est toujours soulevée après un traumatisme. L’envie de se venger, ou d’être vengée, est légitime ; cela n’implique pas un passage à l’acte. La vengeance ne résout rien : L. le précise plus tard, ce qu’elle a à raconter dépasse cet individu. Il n’est que la manifestation éphémère d’une force néfaste contre laquelle on n’en finit pas de lutter, en soi comme chez autrui. Ce personnage masculin est l’une des têtes de l’hydre ; pas l’hydre elle-même.

Quant à la dissuasion par la peur, son efficacité est limitée… L’omerta dans les milieux de pouvoir et de prestige est trop grande pour que les attitudes compulsives, qui sont pathologiques, s’encombrent de précautions qu’elles savent, au fond, inutiles. Actuellement, l’impunité demeure quasi totale.

Comment situez-vous Ce qui arrive backstage par rapport à #MeToo ?

Ce qui arrive backstage peut être lu comme un des romans du mouvement #MeToo car il met en récit une relation toxique, basée sur l’emprise, entre une journaliste précaire et un confrère puissant (ou réputé comme tel). Je le place pour ma part dans un cycle de « littérature de l’abus », une catégorie que j’ai élaborée dans un article pour la revue Études sur l’œuvre de Christine Angot[5] et que je constitue sur un plan critique et philosophique avec deux co-autrices, Sarah Delale et Marie-Pierre Tachet, dans un essai à paraître chez Amsterdam à la fin de l’année 2022 (Pour en finir avec la passion : lire l’abus en littérature).

Les affaires soulevées par le mouvement #MeToo ont été un intertexte puissant pour l’écriture de l’histoire : j’y cite l’affaire Darius Rochebin[6], que L. doit traiter sous forme d’article, et, de lui-même, le personnage masculin parle de l’affaire DSK comme de l’affaire Hulot, même si les noms ne sont pas donnés.

Ce qui arrive Backstage est donc aussi pour une part inspiré de ce que le mouvement #MeTooMedias [7] a révélé depuis son émergence, en novembre 2021...

Sur le plan extradiégétique[8], si l’on sort de l’espace-temps de l’histoire elle-même, l’affaire PPDA a éclaté pendant que j’écrivais mon livre ; j’ai ainsi lu le récit de Florence Porcel, Pandorini, dès sa sortie. Ce texte m’a fortement troublée et m’a permis d’établir des liens entre les comportements de ces personnages, tant hommes que femmes.

Seule la parole de victime dans un cadre sécurisant et confidentiel peut permettre de recouper les témoignages et de monter des dossiers si ces témoignages concordent et que les infractions sont caractérisables (en plus de ne pas être prescrites) : c’est pourquoi j’ai adhéré récemment à l’association #MeTooMedias. Cette association est engagée aux côtés des victimes d’abus et d’agressions sexuelles dans le milieu médiatique pour accueillir leur parole et les défendre, tout en garantissant la confidentialité quant au de la personne accusée. Car le tribunal médiatique condamne rarement l’accusé, plus souvent celui ou celle qui accuse ; une autre association, Prenons la une, aide ainsi à protéger les lanceuses d’alerte qui ont divulgué des violences sexistes commises dans les médias [9].

L. ne témoigne d’aucune complaisance à l’égard d’elle-même et, parallèlement, elle tente d’adopter le point de vue de F. [10] Comment êtes-vous parvenue à cette double distance à l’égard de vous-même ?

Il n’est pas facile d’adopter une distance vis-à-vis de soi… Il est plus facile d’en avoir vis-à-vis d’un personnage. L. est un personnage, inspirée par ce que je suis, mais qui est aussi éloignée de ce que je suis. Sa précarité, par exemple, est grande et elle est au centre de sa prise au piège ; je suis pour ma part fonctionnaire depuis 10 ans. Je ne dépends pas du milieu des médias : journaliste n’est pas ma profession ni ma vocation. Sans cela, je n’aurais sans doute pas pu écrire sur le milieu médiatique : j’aurais eu trop à perdre. Quant au point de vue masculin, il suffit en effet d’être attentive à ce que disent et défendent les hommes autour de soi, que ce soit en privé ou dans les médias. Les assertions au sujet des affaires d’emprise qui éclatent dans les médias sont nombreuses !

Pourquoi avez-vous fait de la protagoniste une pigiste, compétente et bosseuse qui « reste cantonnée à la deuxième place [11] », sous-employée et sous-payée ? Vous êtes chroniqueuse pour la revue Études [12], vous avez été intervenante dans l’émission Lumni de France TV. Avez-vous fait vous-même l’expérience d’être une journaliste précaire qui court après les piges pour survivre ?

J’ai une expérience occasionnelle des piges mais elle est extrêmement réduite. La plupart des papiers que j’ai livrés et que je livre à la presse sont totalement bénévoles. Je ne suis embauchée par aucune rédaction et je ne suis tenue à rien envers personne. J’ai, en revanche, des amies journalistes qui ont pu être confrontées à cette dure réalité de la pige ; et j’ai traversé, en tant que doctorante, une période de CDD renouvelables et peu payés qui ressemble par certains points à la situation des pigistes aspirant à passer statutaires. Là encore, parler avec des gens de son entourage et croiser ces témoignages avec des expériences personnelles analogues suffit à reconstituer une réalité de manière crédible.

Vous décrivez et analysez une relation entre une femme autonome et cultivée, qui pourrait être puissante, mais qui est abîmée [13], et un homme en vue, considéré, courtisé, relation qui se tisse dans le contexte d’une domination masculine, certes affaiblie et hantée par #MeToo, mais toujours effective. À son arrivée en terminale, L. avait lu bien plus d’ouvrages de philosophie que le remplaçant qui assurait les cours ; elle rappelle à plusieurs reprises ses succès scolaires et universitaires, comme pour s’en barder. Elle se méfie des hommes, qui ne « sont plus pour elle que des obstacles, des dangers, des pièges [14]». Elle est féministe.

Pourtant, elle cède aux fantasmes SM d’un homme sans cœur et sans affect, qui semble de surcroît trouver normal qu’elle travaille pour lui dans l’ombre, sans être rémunérée, sans être citée. Elle se raconte des histoires, une part d’elle a compris que F. tire parti d’elle, sexuellement et intellectuellement, qu’il l’exploite sans vergogne, mais une autre le dénie, et le recrée, lui, comme elle aimerait qu’il soit. L. se laisse piéger par sa générosité tout autant que par son désir de reconnaissance et de visibilité, par sa conception de l’expérimentation sexuelle, qui la conduit à prendre le désir d’un autre pour le sien alors même qu’il la transforme en objet [15]En même temps qu’elle tente d’échapper à sa mélancolie – le « trou » noir où se perd le sens du sens [16], le rapport dépréciatif à elle-même comme un trou [17], un certain désespoir [18]...

L’autonomie, le niveau d’études des femmes ne suffisent pas à les détourner des hommes narcissiques, qui leur rognent les ailes ? Comment cela se fait-il ? Comment s’en sortir ?

L’autonomie et le niveau d’études ne veulent rien dire. Tout tient au niveau de vie et à la position sociale. L. est issue d’un milieu modeste ; elle s’est construite et élevée grâce à l’école républicaine, n’est pas une héritière (pour reprendre des termes bourdieusiens), s’est faite toute seule et vit séparée avec un enfant à charge… Cela n’a rien d’une success story. Dans un milieu comme celui des médias où tout tient au réseau, à l’entregent, aux signes extérieurs de richesse et de succès, ne pas habiter dans le bon quartier de Paris, ne pas être en couple avec quelqu’un du milieu, ne pas disposer d’un bon carnet d’adresses signale une personne comme étant vouée à être exploitée sans jamais être intégrée. Cette logique est la même dans beaucoup de milieux : celui de la politique, du cinéma, mais aussi du théâtre, de l’université et même de l’édition littéraire… J’en oublie sans doute. Tous les milieux de prestige et de pouvoir fonctionnent ainsi. Le talent, le mérite, le travail ne sont pas les valeurs qui suffisent, même si c’est elles qui font tourner la machine.

De la même manière, le positionnement de L. par rapport au personnage masculin est celui d’une femme née au XXe siècle : je renverrais ici au Deuxième sexe de Beauvoir, paru en 1949, qui analyse la perception que les femmes ont d’elles-mêmes d’une façon qui reste pertinente aujourd’hui. La femme est un objet à ses propres yeux. Face aux difficultés qui s’accumulent pour être reconnue professionnellement et socialement, et pour s’en sortir financièrement, la seule solution semble être… l’homme ! Être deux est la seule solution pour sortir du « trou ». Ce n’est pas la manière dont je considère la vie mais tel est le message que renvoie aux jeunes filles et aux femmes notre société. Le modèle dominant concernant la femme, c’est celui-là, encore aujourd’hui, soixante ans après les lois qui autorisent les femmes à ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari et, pour les célibataires, sans l’accord de leur père. Soixante ans seulement ! Il faut plus de soixante ans pour que changent les mentalités

Un autre facteur s’ajoute, à propos des diplômes : ils ne garantissent plus ni l’ascension sociale ni la reconnaissance professionnelle. Ce qui compte aujourd’hui, ce n’est plus le niveau de diplôme mais la filière choisie. En tant que doctorante, je touchais 1 400 euros net pour mener mes recherches et donner des cours à l’Université ; en tant que docteure en sciences humaines, je n’avais aucun débouché professionnel à part celui d’enseignante-chercheuse pour un salaire équivalent, voire inférieur, à celui que je touche comme enseignante au lycée, soit environ 2 000 euros net en début de carrière. Notre société sacrifie des professions et des filières ; les métiers de la culture, de l’enseignement et du soin sont en première ligne. Et la frustration creusée par l’écart entre la reconnaissance à laquelle on a le droit et celle que l’on obtient effectivement accentue la vulnérabilité.

Enfin, le profil psychologique et neurologique des haut potentiels, une catégorie que l’on accepte de plus en plus en psychologie cognitive, est particulièrement compatible avec celui des personnes abusives, manipulatrices voire perverses. Des études ont été menées à ce sujet : plus la confusion est semée dans l’esprit des personnes douées, plus celles-ci cherchent à la résoudre plutôt qu’à la fuir. C’est un engrenage émotionnel et intellectuel qu’il est difficile d’enrayer. D’ailleurs, qui dit intelligence ne dit pas maturité émotionnelle… Ce sont deux champs complètement indépendants. Et l’existence d’un traumatisme antérieur joue également un rôle dans la vulnérabilité face à un nouvel abus, selon les mécanismes du psychotrauma que traverse L. dans l’ouvrage.

Un certain féminisme pro-sexe serait-il un leurre ? Dans son journal L. note : « F. me fait repousser mes limites, m’éprouver, me découvrir – me voir plus libre, plus audacieuse que je ne pensais [19] »

La sexualité, qui nous confronte à ce que nous ne maîtrisons pas, au désir qui échappe à la raison et à la volonté, à du trouble en nous-mêmes (dans tous les sens du terme), à notre mortalité – comme L. le rappelle dans sa chronique sur le trou –, permet-elle néanmoins de se transformer soi-même, de devenir une autre, plus libre, plus vivante ?

La question de la libération par la sexualité est en effet au centre de l’ouvrage. Ce sur quoi j’ai cherché à alerter, c’est sur la récupération des volontés, légitimes, d’émancipation du désir pour en faire un argument d’acceptation de tout et (surtout) de n’importe quoi. L’injonction à être libéré·e, à ne pas s’offusquer des blagues ou des allusions graveleuses entendues sur les plateaux de tournage ou dans les studios, banalise la sexualité et prépare mentalement à accueillir toute proposition de nature sexuelle comme positive. Or toute proposition de ce type n’est pas gratifiante ; elle peut impliquer une sujétion de l’autre, une dévalorisation de ses envies et besoins, voire une négation de son consentement et de son intérêt qui font basculer l’acte sexuel du côté de l’abus.

Ces discours, courants dans les grands médias et dans l’industrie du cinéma, comme dans les arts du spectacle et de la représentation, ont des similitudes avec le discours « pro-sexe » qui affirme qu’il faut repousser ses limites sur le plan de la sexualité pour exister pleinement en tant qu’individu libre. `

Or assumer de chercher son plaisir, c’est bien s’affirmer comme sujet ; mais cela implique de chercher également celui de l’autre. Or ce n’est précisément pas ce que permettent les relations abusives, qui réifient autrui. La sexualité est une dimension essentielle de la condition humaine ; la place qu’elle occupe dans la vie de chacun·e est du ressort de la liberté individuelle mais il y a une éthique de la sexualité qui oblige à considérer pleinement le partenaire comme un alter ego et non comme un jouet. Les essais sur le consentement, de Geneviève Fraisse et de Manon Garcia, ont fait de cette notion, d’abord juridique, un concept philosophique qui a autant sa place dans la réflexion féministe que dans une anthropologie générale.

Vous mettez à nu les ambiguïtés et contradictions de L., ses dénis, son désir de visibilité et de reconnaissance. L. ne se considère pas comme une victime. « Je m’appartiens », écrit-elle dans son journal, mais dans l’après-coup, lorsqu’elle écrit le « roman » de sa relation avec F., elle convient qu’elle « se sent happée dans un trou noir, privée de sa lucidité, comme hypnotisée [20]».

Que reproche-t-elle à F. ? Ses griefs sont-ils légitimes ? Elle a espéré, « fantasmé » qu’il lui mettrait le pied à l’étrier. Elle avoue qu’elle s’est piégée elle-même. C’est d’ailleurs elle qui offre son aide à F., dans l’espoir qu’il admire sa capacité de travail, ses compétences journalistiques. Elle cherche aussi à « rentrer dans ses frais [21]», à obtenir quelque chose en retour du temps qu’elle lui a consacré. L. sait bien que son « commerce érotique » avec F. peut la faire « apparaître comme une petite pute. Intéressée. Arriviste. [22]»

Pas sûr qu’en dépit de toute sa lucidité, elle échappe aux soupçons des anti-#MeToo, et de Sabine Prokhoris, en particulier. Au sujet de Vanessa Springora, cette psychanalyste a en effet déclaré : « Quand elle met son consentement sur le dos de l’emprise, je trouve que ça n’est pas honnête intellectuellement et ce n’est pas juste psychiquement [23]». S. Prokhoris fait aussi valoir que « conjuguée à la frustration inévitable, la panique face à ses propres vœux inavouables peut alors donner lieu à diverses projections, accusatrices et vengeresses autant parfois que rageusement énamourées, sur une figure persécutrice qui cristallise ces fantasmes, et apparaît aux yeux du sujet envahi par ses propres pulsions et déchirements ingérables comme la cause de tous ses maux. [24] »

La conviction profonde de maîtriser une situation dans laquelle on est, objectivement, asservi à la volonté d’un autre est le propre de l’emprise. Parce que ce terme ne sort pas de nulle part et n’est pas un épouvantail, il convient de le définir clairement.

L’emprise est un mécanisme psychologique qui peut se mettre en place tant dans une relation amoureuse, amicale, professionnelle que personnelle (religion, loisirs, politique….). Dès lors qu’on en vient à agir contre son propre intérêt ou contre l’intérêt de ceux qui nous sont chers sur l’influence d’un tiers, dont les conseils, suggestions voire injonctions à agir de la sorte sont répétés, réguliers, appuyés, on est dans un cas d’emprise. Ces mécanismes ont souvent été racontés en littérature : on pense au Tartuffe et à Don Juan de Molière : je citerai, plus récemment, les excellents Article 353 du Code Pénal et La fille qu’on appelle de Tanguy Viel [25], publiés aux éditions de Minuit (j’ai d’ailleurs fait allusion à ce dernier titre dans mon texte). On trouve aussi ces mécanismes dans les endoctrinements politiques et idéologiques, le sectarisme, l’intégrisme religieux… À chaque fois, la question centrale est celle du consentement et de sa fabrication.

Dans le cas où un discours ambiant, abondamment relayé, autorise et conforte une attitude abusive, comme c’est le cas dans les grands médias concernant la sexualité par exemple, mais aussi la prise de drogue dure ; les signaux d’alerte qui doivent inciter quelqu’un à se protéger sont étouffés par la volonté de s’intégrer et le réflexe d’obéissance à l’autorité. En dehors de l’emprise d’un individu sur un autre, c’est tout un milieu qui exerce une influence, voire une emprise, sur ses membres.

Une fois l’agression subie, une dissociation s’opère : d’un côté, la victime se raconte la version des faits de l’agresseur et nie la violence qu’elle a subie, dans un syndrome de Stockholm qui n’est rien d’autre qu’un mécanisme de survie ; de l’autre, la victime souffre et perçoit l’abus mais aussi son consentement (artificiellement fabriqué, faut-il le rappeler ?), qu’elle voit comme une complicité avec son propre malheur, ce qui la conduit à la honte et lui rend encore plus nécessaire de se mentir à elle-même… Nous en arrivons au déni, qui peut durer des années.

Pour en venir aux griefs de L., ils sont d’avoir été instrumentalisée, tant comme corps que comme esprit. Le contrat passé entre les deux personnages est asymétrique : le personnage masculin passe son temps à dissimuler la vérité, à suggérer des promesses sans jamais en formuler réellement, cela afin de mieux profiter de la crédulité de L. et de ce qu’elle a à offrir. La logique est celle du parasitisme. Si L. « offre » d’elle-même son travail, c’est parce que le personnage masculin l’y incite sans le lui imposer ni le lui proposer : c’est, encore une fois, une technique redoutable de manipulation. Toute l’entreprise est de rejeter la responsabilité, et la culpabilité, sur L. C’est aussi le point central, en littérature, des pactes avec le diable.

Mais le doute existe dans l’esprit de L. : ne doit-elle s’en prendre qu’à elle-même ? C’est la découverte d’autres femmes engluées, au présent ou par le passé, dans le même type de relation asymétrique et toxique avec le même homme qui lui fait comprendre que sa responsabilité n’est que partiellement engagée. La mise en scène est tout à fait rodée depuis des décennies, et redoutablement efficace. Si l’on se met à la place du personnage masculin (et c’est ce que j’ai voulu faire en développant son point de vue), il est patent que son attitude joue sur la confusion pour tirer profit et parti de l’autre. Ce personnage agit en connaissance de cause, avec cynisme et sans empathie. Les lecteurs et lectrices ne s’y trompent pas, qui le jugent « exécrable ». Nier l’humanité en l’autre, voilà ce que l’on peut reprocher à toute personne coupable d’un abus, quel qu’il soit.

La narratrice parvient à s’extraire des sables mouvants grâce à l’écriture. Pourquoi l’écriture est-elle cathartique ? L’est-elle tout particulièrement dans ce cas ? Même si vous ne visez pas la chute de F., un rapprochement peut-il malgré tout être fait avec le Consentement de Vanessa Springora ? F. s’est servi de la narratrice, sexuellement et professionnellement, la narratrice se sert de lui en le transformant en paradigme du journaliste vieillissant dont l’heure de gloire pourrait bien être en train de passer, qui abomine le politiquement correct, fait semblant d’apprécier les féministes, mais ne supporte que les femmes qui donnent dans le panneau d’une libération sexuelle dont elles ne maîtrisent la chorégraphie qu’en apparence et dont lui et ses semblables sont les orchestrateurs… elle le fait servir, à son corps défendant, à ses desseins littéraires

La dimension cathartique de l’écriture est soulignée dans le récit lui-même : au niveau intradiégétique, l’écriture est cathartique car elle permet à l’autrice de « tourner la page », selon les termes de la critique de Ce qui arrive backstage parue dans les Échos [26]. Cette libération ne tient pas seulement au fait, pour le personnage, d’exprimer les émotions qu’elle traverse, mais de donner un sens et une cohérence à un comportement qui joue de la confusion. En se libérant de l’ambiguïté, en comblant les trous d’un discours volontairement lacunaire, L. construit une histoire, son histoire, pour orienter différemment sa vie et reprendre la maîtrise des événements.

En termes de stratégie d’écriture, au niveau extradiégétique donc, le choix de l’anonymisation du personnage masculin vise également à ne pas tomber dans ce travers qui consiste à utiliser l’autre, que ce soit pour le détruire ou pour se construire. Le fait que le livre soit d’autant plus apprécié quand la question de l’identification est neutralisée me semble un gage de réussite sur ce plan.

Quant au rapprochement avec Le Consentement, il m’honore, même si j’ignore si je le mérite ; j’ai en effet lu avec émotion cet ouvrage et j’en ai fait la recension pour la revue Études à sa sortie [27]. Ayant connu une relation de ce type lors de mon adolescence, l’ouvrage de Vanessa Springora a changé ma vie dans la mesure où il m’a sortie de la honte. Peu importe, dans ce cadre, le nom de l’agresseur, la complicité du milieu intellectuel et littéraire parisien, les suites judiciaires de l’affaire : cette lecture a agi sur moi comme un exorcisme. C’est cet effet que j’aimerais que mon propre ouvrage fasse sur ses lecteurs et lectrices.

À la fin de votre récit, vous vous adressez aux jeunes-filles. Vous les encouragez à avoir conscience qu’elles valent mieux que F. et ses multiples déclinaisons possibles. Entre les femmes et les hommes, dans le monde post-#MeToo, tout est à réinventer ?

La première affaire, l’affaire Weinstein, qui a déclenché ce mouvement de la libération de la parole, en 2017, n’était qu’un début. Non pas que d’autres dénonciations de viol ou d’agression n’aient été faites auparavant : on en trouve dès les pastourelles du XVe siècle, et même chez Ovide dans les Métamorphoses avec le personnage de Lavinia ! Mais si la libération de la parole prend de l’ampleur aujourd’hui, en Occident, c’est sans doute parce les droits des femmes y ont progressé et parce que les réseaux sociaux offrent une tribune qui permet de briser les silences et de créer des solidarités.

Tout est donc à réinventer, en effet ; mais nous ne sommes qu’aux balbutiements d’une reconfiguration des comportements, des valeurs et des mentalités dont nous ne verrons nous-mêmes qu’une première phase (sous réserve qu’aucun retour en arrière trop brutal ne soit traversé, comme les lois anti-IVG dans des États de l’Amérique du Nord nous en montrent le risque). Mes élèves, qui ont entre 15 et 18 ans, ont une manière d’aborder les questions de genre et de sexualité qui n’est plus du tout la nôtre… Cela bouleverse tout et c’est tant mieux.

Les chroniques de L., qui ponctuent le récit de sa relation avec F., auraient pu paraître dans une revue littéraire ou un magazine de sciences humaines. Les avez-vous conçues comme des exercices de style destinés à attester de la dextérité intellectuelle de L. ? Comme des moments de déprise de l’emprise ? des échappatoires hors du trou noir tout autant que de la relation avec F., qui fait replonger dans cet abîme tout en ayant l’air d’en préserver ? Assurent-elles des respirations philosophiques dans une narration dérangeante ?

Ces inserts plus sérieux et plus denses ont d’abord rempli la fonction de démonstration de force. Certains de mes premiers lecteurs avaient jugé mon style brut, mal dégrossi, maladroit ; or ils connaissaient aussi mon style académique, mon cursus universitaire et ma prose critique, comme celle de mon premier roman. Que j’aie choisi, délibérément, d’adopter une langue heurtée et quasi haletante ne fonctionnait pas : on ne me faisait pas le crédit de la maîtrise stylistique. Il fallait donc que je montre, en d’autres endroits de l’ouvrage, que j’avais du vocabulaire, que je pouvais approfondir des idées complexes, que ma culture générale était étendue.

En tant que femme jeune et inconnue, prétendant publier un premier ouvrage nuancé et parler de sexualité sans complaisance ni tabou, je risquais de voir plaquée sur moi l’image d’une femme sans qualité et d’une arriviste. C’est d’ailleurs la critique que certaines lectrices ont fait de mon personnage : on a pu y voir une femme avide de gloire dont l’introspection n’était pas sincère. Or c’est tout à fait la manière dont les détracteurs du mouvement #MeToo décrivent les victimes lorsque ce sont des femmes d’une trentaine d’années que leur nom ne protège pas d’un mépris de genre et de classe. Je ne voulais pas qu’on me confonde avec mon personnage : il fallait donc sortir les armes de l’esprit !

Plus étonnant peut-être pour ceux et celles qui ont lu l’ouvrage, je suis catholique et j’ai conçu ce récit comme celui d'un combat spirituel. J’ai passé dix ans à étudier un texte de mystique du XIIIe siècle, après mon agrégation, dans le cadre d’un M2 puis d’une thèse de doctorat. J’ai donc aussi conçu ces passages spéculatifs comme des références à la construction en patchwork de ce texte qui continue à m’accompagner. Il s’agit du Miroir des âmes simples[28] ; son autrice, Marguerite Porete, a été condamnée pour hérésie et brûlée en place de Grève en 1310 à cause de lui. J’ai d’ailleurs commencé à écrire un roman biographique sur cette femme, dont l’itinéraire est hors norme, et qui m’a beaucoup inspirée pour le personnage de L. Les références à Marie-Madeleine, à Dante et à l’enfer ne sont pas choisies au hasard : j’ai conçu moi aussi mon livre comme un miroir tendu au lecteur et à la lectrice pour l’aider à lutter contre son ennemi intérieur.

NOTES

[1] P. 146.

[2] Des mordues de lecture tenant des blogs ou des comptes sur les réseaux sociaux ; par exemple : https://actualitte.com/article/105963/avant-critiques/ce-qui-arrive-backstage-l-amour-au-temps-du-coronavirus

ou encore https://www.instagram.com/p/CexzuibqeN4/?utm_source=ig_web_copy_link

[3] Par exemple, « Abus sexuels: sans accuser une célébrité, le silence médiatique », 14 juin 2022 https://bit.ly/3cAzXhK

[4] P. 189.

[5] https://www.revue-etudes.com/article/angot-de-l-abus-a-la-litterature-24051

[6] La RTS, « Darius Rochebin et la loi du silence », Le Temps, 31 octobre 2020

https://www.letemps.ch/suisse/rts-darius-rochebin-loi-silence

« Le présentateur de LCI Darius Rochebin mis hors de cause en Suisse dans une affaire de harcèlement », Le Monde, 16 avril 2021

https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2021/04/16/le-presentateur-de-lci-darius-rochebin-mis-hors-de-cause-en-suisse-dans-une-affaire-de-harcelement_6077014_3236.html

[7] Avant #MeTooMedias, mais concernant les médias : https://www.20minutes.fr/arts-stars/medias/2710111-20200208-harcelement-sexuel-change-medias-depuis-ligue-lol-metoo

#MeTooMedias : https://www.metoomedia.org/lassociation

https://www.metoomedia.org/accueil

https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/metoo-les-medias-secoues-par-plusieurs-scandales

https://www.neonmag.fr/metoomedias-la-parole-se-libere-sur-les-reseaux-sociaux-apres-la-creation-du-mouvement-par-huit-journalistes-557385.html

[8] Sont qualifiés d’ « extradiégétiques », des événements, des personnes, des sons… qui sont présents dans un livre ou un film sans faire intrinsèquement partie de l'histoire elle-même que raconte ce livre ou ce film.

[9] https://prenonslaune.fr/ecoute-des-journalistes-victimes-de-violences-sexistes-et-sexuelles/

[10] Par exemple, p. 109, p. 130, p. 156, p. 172, p. 178-179, p. 180, p. 188, p. 193, p. 196…

[11] P. 75.

[12] https://www.revue-etudes.com/auteurs/elodie-pinel-26053

[13] P. 75 : « Elle a été abîmée par le passé et elle n’est toujours pas réparée. »

[14] P. 34-35.

[15] P. 54 : « Sous les ordres dérangeants, dans les propositions lubriques, L. existe. À défaut d’être sujet d’amour, elle est objet de désir. »

[16] P. 14 : « Elle se sentait lâchée dans le vide, suspendue à un fil pas assez sûr au-dessus d’un trou abyssal de silence et d’ennui » ; p. 59 le souvenir d’une relation délétère comme un « trou noir » ; le vide, p. 65 ; la chronique sur le trou p. 76 ; p. 169 : elle est « le femme de l’ombre. […] Un trou. Un fantasme. Un fantôme. Une histoire mort-née. Celle qui n’existe pas, qui n’a jamais existé. »

[17] P. 54 « Lasse d’être traitée comme un trou, elle a fini par se considérer comme telle. »

[18] P. 130.

[19] P. 53.

[20] P. 65.

[21] P. 185.

[22] P. 108.

[23] France culture, Répliques, 29 février 2020, « les leçons de l’affaire Matzneff » https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/repliques/les-lecons-de-l-affaire-matzneff-6051191

[24] S. Prokhoris, « Quand le MeToo féministe dissout le réel », Marianne 1er avril 2022 https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/sabine-prokhoris-quand-le-metoofeminisme-dissout-le-reel

[25] https://www.pagedeslibraires.fr/livre/la-fille-quon-appelle

[26] Laura Berny, « “Ce qui arrive backstage” : anatomie d'une emprise », Les Échos, 15 juin 2022 https://bit.ly/3v9Vrsf

[27] https://www.revue-etudes.com/article/vanessa-springora-le-consentement-22374

[28] On peut lire à son sujet, notamment : Élodie Pinel, « Marguerite Porete et l’extase », Rencontres, n° 462, p. 103-114 https://classiques-garnier.com/experiences-mystiques-enonciations-representations-et-reecritures-marguerite-porete-et-l-extase.html

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