Décidément ça brûle au Caire. Après l'incendie du majliss al-Shura (le Sénat égyptien) fin aôut, celui du théâtre national en septembre, c'est le local d'Ayman Nour, place Talaat Harb qui a brûlé cet après midi. Il sera difficile cette fois d'invoquer un simple court-circuit, tant le lieu est sensible. Ayman Nour est un candidat malheureux aux dernières élections présidentielles et, d'avoir eu l'affront de s'opposer à Hosni Mubarak, il a été inculpé pour un faux faux en écritures à la suite de celles-ci. Depuis plus de trois ans, il est en prison, mais le local de la place Talaat Harb, en plein centre ville, est régulièrement le siège de manifestations de ses partisans, au premier rang desquels sa femme.(voir ici)
Ayman Nour n'est pourtant pas un dangereux gauchiste ; il était membre du même parti que le président peu de temps auparavant. Il est un des rares prisonniers politiques d'Egypte dont le sort a ému la puissance tutélaire ici en la personne de Condoleezza. Ce soutien a fini par devenir une circonstance aggravante, le pouvoir égyptien l'utilisant pour invoquer la trahison de Nour... ce qui ne manque pas de duplicité pour un régime complètement inféodé aux subsides américains.(voir le papier de Ludovic Gonty).
L'événement aura déplacé en tout cas un nombre impressionnant de forces de sécurité ; reste à voir comment il sera commenté...