Thierry Breton : patron d’Atos et mousquetaire ultra-libéral

En bouclant l’OPA d’Atos sur Bull, Thierry Breton a confirmé sa réputation d’habile financier et de cost-killer ultra-libéral. Une OPA « amicale » qui réjouit les marchés mais qui fait frémir dans les couloirs de Bull… Derrière les « synergies » vendues aux actionnaires, c’est la casse sociale que redoutent les salariés.

e35db1a4-3151-11df-9b6a-3f61b38abc83.jpgEn bouclant l’OPA d’Atos sur Bull, Thierry Breton a confirmé sa réputation d’habile financier et de cost-killer ultra-libéral. Une OPA « amicale » qui réjouit les marchés mais qui fait frémir dans les couloirs de Bull… Derrière les « synergies » vendues aux actionnaires, c’est la casse sociale que redoutent les salariés.

C’est par un communiqué lapidaire que les états-majors d’Atos et de Bull ont finalisé leur union. Une fusion qui doit permettre au groupe de devenir le leader européen du cloud privé et engendrer des synergies de coûts de 80 millions d’euros en 24 mois, notamment grâce à une « accélération de la mise en œuvre de « One Bull », le plan de transformation engagé par Bull ».

Un discours de façade bien connu des cercles financiers, qui angoisse les 9'200 salariés de Bull. Les méthodes de management de Thierry Breton sont bien connues et le projet « One Bull » renvoie immanquablement au plan « Ambition FT 2005 » que le grand patron avait concocté lors de son passage chez France Telecom.

Nommé à la tête de l’opérateur public en 2002, officieusement pour lancer le démantèlement du secteur de la téléphonie et mettre un terme au service public de la téléphonie (avec les résultats que l’on connait), Thierry Breton veut révolutionner la manière de travailler des employés de France Télécom (devenu depuis Orange) dont il critique la productivité.

On connait la suite avec l’état moral de l’entreprise, durablement sapé près de dix ans après son départ. A tel point que l’inspection du travail accuse régulièrement la direction d’Orange et met en cause « la politique de réorganisation et de management » menée depuis la privatisation du groupe.
Les employés de Bull savent à quoi s’en tenir. La seule fois où Thierry Breton a quitté ses habits de grand-patron ultra-libéral, c’est pour devenir ministre de l’Economie et des Finances de Jacques Chirac entre 2005 et 2007… Le temps pour lui de finir de privatiser le réseau autoroutier, d’imaginer le bouclier fiscal (que Nicolas Sarkozy s’appropriera par la suite) et d’ouvrir le capital de GDF.

Une violence et un esprit de caste qui avait fait sortir de ses gonds le premier secrétaire du parti socialiste de l’époque, François Hollande, qui avait réclamé sa démission après des révélations du magazine Challenge selon lesquels Thierry Breton serait personnellement intervenu pour obliger EADS à verser des indemnités de départ à Noël Forgeard malgré la mauvaise passe que traversait le groupe aéronautique.

L’aventure politique en restera là pour l’actuel patron d’Atos qui reviendra vite à ses premiers amours en devenant, quelques mois après avoir quitté Bercy, « senior advisor » à la banque Rotschild, puis en prenant les rênes d’Atos à partir de novembre 2008.

Les salariés de Bull sont prévenus. Le patron d’Atos n’est mousquetaire que du seul libéralisme et a pour seuls maîtres ses actionnaires.

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