Emmanuel Macron : la gauche d'argent au pouvoir

4983427-ils-ont-marque-2012-macron-l-enfant-prodige-de-l-elysee.jpgEmmanuel Macron, 36 ans, banquier d'affaires chez Rotschild, millionaire suite au pilotage de fusions-acquisitions,... C'est peu de dire que le nouveau ministre de l'Economie incarne cette gauche d'argent décomplexée et arrogante qui teinte vaguement de rose son ultra-libéralisme en se persuadant que c'est la meilleure façon de plumer les gogos de gauche.

Que peut bien faire Emmanuel Macron dans un gouvernement socialiste ? Qui plus est en étant en charge de la politique économique d'une France qui, faut-il le rappeler, a voté à gauche en mai 2012 ? Il prouve simplement aux derniers naïfs du cocufiage permanent que représente la présidence Hollande, que la majorité socialiste ne renoncera à aucune trahison pour conserver le pouvoir et ne surtout pas remettre en cause la doxa libérale.

Pendant deux ans et demi, Arnaud Montebourg a été en charge de l'Industrie (pompeusement rebaptisée Redressement productif), puis de l'Economie. N'en déplaise à ses postures de Don Quichotte anti-capitaliste, il n'a pas vraiment marqué une rupture avec la politique social-libérale qui prédomine depuis 1983. Pas vraiment un révolutionnaire... et pourtant.

Les simples inflexions que l'ancien ministre réclamait ont sonné le glas de sa vie ministérielle. On ne remet pas en cause l'orthodoxie budgétaire, la lutte contre les déficits et le détricottage des services publics... même si on explique, arguments et références à l'appui, que cette austérité tue la croissance, alimente le chomage et les replis identitaires.

La posture du rebelle-mou, incarnée par Arnaud Montebourg, était déjà bien trop insolente pour Bruxelles et Berlin. A la place, il fallait un véritable chien de garde de l'ultra-libéralisme. Un chien de garde tout trouvé en la personne d'Emmanuel Macron qui possède un CV à faire palir d'envie les grands donateurs de l'UMP.

Car Emmanuel Macron ne se contente pas depuis deux ans et demi d'incarner l'aile droite de la Hollandie et de vendre à l'Elysée la soupe libérale. C'est un véritable poupon de ce magnifique système qui a mis l'économie mondiale à feu et à sang depuis 2008 en oubliant que la finance devait financer l'économie réelle et pas être un joujou aux mains de spéculateurs âpres aux gains.

Et des gains, Emmanuel Macron, malgré son jeune âge, en a fait beaucoup. Notamment à l'occasion du rachat par Nestlé d'une filiale de Pfizer pour neuf milliards d'euros. A la clé une commission à sept chiffres qui en fait un sémillant millionnaire à tout juste trente ans. Pas mal pour celui qui va être en charge de mener la politique économique de "l'ennemi de la finance"...

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