La Coupe du monde et l’hypocrisie algérienne

L’hypocrisie algérienne envahit davantage le pays. Elle risque aussi de contaminer le reste de l’univers. La Coupe du monde 2018 est une image actuelle qui dilate cette hypocrisie.

L’hypocrisie algérienne envahit davantage le pays. Elle risque aussi de contaminer le reste de l’univers.  La Coupe du monde 2018 est une image actuelle qui dilate cette hypocrisie.

 

L’Algérien a le Nez énorme. Il  aime cacher ses échecs et ses nullités. Il n’a pas donc analysé les humiliations amassées par l’Equipe Nationale. Une équipe sans cohérence qui ne sait qu’accumuler les défaites et changer les entraîneurs à la place des maillots. Ce sujet a été étouffé parce que  l’hypocrisie algérienne n’aime pas la vérité qui dérange.

 

Pour cacher son hypocrisie, l’Algérien a commencé  par poser cette question psychanalytique : quelle équipe supporter pour meubler le vide de l’été ?!

 

Cinq pays du continent africain ont été qualifiés : Maroc, Tunisie, Egypte,  Sénégal et Nigéria. L’Algérien soutient d’abord  l’équipe tunisienne. Il y a une hostilité  injustifiable, inoculée d’une génération à l’autre, envers le Maroc.

 

Il supporte aussi  l’Egypte. L’argument unique : c’est un pays arabe comme l’Algérie. Par ignorance, l’Algérien confond l’identité, la religion, la langue et la géographie. Il n’y a pas un pays nommé Arabe !  

 

Le Maroc fait de bons résultats et avance. L’Algérien  change d’équipe et place un autre masque d’hypocrisie.  Il soutient ainsi le  Maroc et trouve des arguments positifs. D’abord, c’est un pays voisin. Ensuite,  il y a beaucoup de couples algéro-marocains. Enfin, la haine entre les  deux pays est fomentée par les médias alors que les deux peuples s’aiment énormément.

 

Les trois pays nord-africains sont écartés de la Coupe. L’Algérien place un autre  masque. Il soutient corps et âme le Sénégal et le Nigéria parce que l’Algérie est un pays africain. Autre argument wahhabite : il y a des milliers de musulmans dans ces deux pays.  Dans la rue, tant de réfugiés africains sont  humiliés, insultés, et maltraités. L’image la plus choquante est celle d’un adulte algérien qui a giflé cette semaine  un enfant africain ; la gifle a été tellement forte que l’enfant a sauté de plusieurs mètres !

 

Le Sénégal et  le Nigéria éliminés.  L’Algérien  hisse d’autres maillots : Argentine, Portugal, Brésil…Il devient Arlequin. La Finale approche. Il s’inquiète. « Quelle équipe supporter ?», cette question le taraude et lui fait des vertiges.

 

Il finit par choisir la Croatie parce que leur présidente Kolinda est humble et jeune contrairement aux présidents africains. Elle ne vient pas en costume officiel. Elle n’est pas entourée de policiers et de barbelés. Portant le maillot de son équipe, elle applaudit, réagit, et sourit de temps en temps aux caméras. Le grand paradoxe : l’Algérien cultive une relation maladive vis-à-vis de la femme dans son pays. Les exemples de misogynie sont copieux,  le plus récent étant celui du jogging de femmes à Alger.

 

Enfin, le match de la finale France-Croatie. Ce moment a secoué l’Algérie à cause des relations complexes entre l’Algérie et la France.

 

L’Algérie a vibré pour l’équipe croate. Celui  qui soutient les Bleus est boudé, pris même pour un « harki ». L’équation nationale de ce moment : ou   soutenir la Croatie pour hurler ou supporter la France en catimini. Ainsi, 90 minutes deviennent un complexe national. On parle alors de colonisation, d’identité, d’immigration. On bavarde de tout  sauf du match lui-même en tant activité sportive.

 

L’Algérien  colle donc le masque croate par haine envers  la France. La raison qui explique ce comportement complexe  est  la haine intergénérationnelle. En d’autres termes,  l’Histoire d’Algérie a été transformée en maladie.  Au  lieu de porter les évènements dans la mémoire, l’Algérien  les porte sur le dos jusqu’à se le  faire courber et arrêter la machine du temps. Il  n’arrête pas de philosopher  sur la colonisation  au point d’en faire une obsession, voire un complexe. Il n’arrive pas à vivre le présent et assumer son statut d’Indépendant parce qu’il  ne cesse de faire l’inventaire de l’Histoire. Il reste assis, contemplant le soleil d’Indépendance (réf. Ahmadou Kourouma). Le temps est figé sur le chiffre 1962.   Ainsi, pour justifier son impuissance à avancer, à vivre, l’Algérien cherche toujours un adversaire à accuser.

 

 « Un être indépendant est avant tout un être qui a choisi  de se définir lui-même, et, par voie de conséquence, d’assumer cette définition. Or, pour ce qui est d’assumer, les indépendances africaines ont laissé plus de malades que de guéris, plus de pays fantômes que de nations organisées »[1] . Une équipe de foot est un système cohérent de joueurs non de militaires. L’ennemi actuel de l’Algérien est Algérien comme lui.    

 

La défaite de la Croatie a  froissé l’Algérien plus que les Croates eux-mêmes. Il est blessé dans son talon d’Achille. Le lendemain, des  milliers d’Algériens font la queue, devant les bureaux de visa de France, devant l’Institut Français,   pour réaliser leur rêve de vivre en France.

 

Bref, la  victoire  de l’équipe française est méritée. L’équipe croate est à saluer car il n’est pas facile d’atteindre la finale parmi les géants du monde.

 

Félicitations pour toutes les équipes qualifiées au Mondial 2018 !

Félicitations pour  l’équipe algérienne d’avoir une saison de repos !

 

[1] -Alain Mabanckou, « Le Sanglot de l’Homme noir », Points, p119.

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