SUR "UNE CONTRIBUTION IMPORTANTE "

On discute ici d'une Contribution parue sur le site" Printemps du Communisme"

Sur une Contribution « Importante » .
Sous ce titre , paraît dans le Blog de Printemps du communisme , un texte qui au lieu de se répandre en imprécations contre la direction du PCF , argumente sur une question qui , à défaut d’être le centre de gravité du Congrès , il s’en faut de beaucoup , est dans le paysage politique . Que les signataires du texte printemps n’ont-ils -elles commencé par là ? Une contribution s’examine et c’est ce que nous ferons ici . La question « importante » est mal posée ; elle ne peut pas avoir de bonne réponse . Adversaire ou alliée ? Les auteur(es ) de ce texte ne peuvent ignorer que les choses ne se présentent pas ainsi . Pendant l’Occupation , le PCF se confronta à des forces politiques qui furent à la fois des adversaires et des alliés . Indissociablement . Ce qui fit la différence ou plus exactement ce qui fit que la contradiction pencha d’un côté et pas d’un autre pendant une courte période fut à la fois l’initiative propre du PCF qui n’y renonça jamais mais la développa , ne s’y engloutit pas , ne fusionna pas , les initiatives du PCF pour trouver à tout moment les voies de l’action commune et ….le mouvement populaire lequel donna une impulsion déterminante à l’ensemble sans quoi , les forces à la fois alliées et adverses , auraient eu tôt fait de conduire à une toute autre solution que celle qui finalement prévalut . C’est la considération fondamentale et on pourrait se passer de la suite laquelle vise à discuter en détail ladite contribution .
Elle commence par reconnaître des faits ; elle n’en donne pas les plus saillants et en particulier ne décrit pas comme il conviendrait la STRATEGIE de JLM et de la force qu’il a constituée . Elle est condensée me semble t-il dans la formule : « Il ne s’agit pas de dépasser le PS mais de le remplacer » . A défaut de grives on mange des merles et commencer par détruire le PCF pouvait être considéré comme le début de la réalisation ,étant entendu que pour ce qui est du PS , il ferait en quelque sorte les choses de lui-même . Cette stratégie est en échec , ce que ne dit pas ce texte . Elle est en échec mais leurs initiateurs ne sont pas lucides au point de le reconnaître. Nous ne nous y étendrons pas pour le moment .
Le texte demande au PCF de considérer FI comme une force alliée . En tout cas d’y travailler ce qui déjà montre la faiblesse du titre . S’il faut que le PCF y travaille , c’est qu’elle ne l’est pas .
Le texte s’appuie sur plusieurs « raisons » ; examinons rapidement :
«Or il est indéniable que LFI est l’une de ces forces, et aujourd’hui de loin la plus importante. »
Est-il « indéniable » que FI soit de « loin la plus importante » des forces politiques ( « qui visent à transformer profondément l’ordre social existant » ????) Cette première affirmation péremptoire est plus que discutable . La séquence électorale précédente conduit à cette photographie instantanée qui perd beaucoup de sa valeur empirique si on tient compte de l’abstention .
Au passage le texte évoque les forces sociales qui … et les forces « politiques qui les représentent » ; cette façon de voir est antique . Elle peut faire illusion mais elle n’est plus d’actualité ; quelles sont les forces sociales représentées par FI ? Existe-t-il aujourd’hui des forces sociales qui considérent comme naturel d’être « représentées « par telle ou telle force politique ??? Cette seule question indique que les aplatissements à l’œuvre ici compliquent à l’envi la tâche du PCF et de son corps militant sans contribuer le moins du monde à faciliter les choses . Mais admettons pour un instant et poursuivons .
« Et sur le plan électoral, il est la force politique qui représente le plus l’électorat que nous visons à rassembler pour ouvrir une alternative. »
Cette affirmation est largement fausse . Je déteste parler de l’ »électorat » ; celui-ci n’est la propriété de personne ; nous avons des compatriotes qui à divers degrés ont des inclinations , des préférences politiques aimantées de façon variée suivant le type de scrutin et les choix à opérer . L’identification de classe existe et est inextricablement entrelacée dans ces inclinations ; de surcroît et c’est l’essentiel , la question centrale du point de vue du PCF n’est pas le changement de l’ordre social abstrait mais le dépassement du capitalisme d’aujourd’hui . Cette question est capitale ; elle ouvre le texte projet de base commune et est le seul à le faire. Il serait stupide d’ignorer que le dépassement du capitalisme suppose des aspects importants voire fondamentaux de changement dans l’ordre social mais là aussi il y a ENTRELACEMENT et il peut exister des changements d’ordre social qui préservent sous une forme ou une autre le capitalisme ; on en vit une figure à la Libération. FI n’est pas une force politique dont l’objectif fût-il second soit le dépassement du capitalisme . C’est aujourd’hui une force politique dans le champ de l’antilibéralisme .Quant à dire que c’est la force politique qui représente le plus etc….non.
Poursuivons :
« Et la troisième raison est que l’échec de LFI ne ferait en rien remonter l’influence de notre Parti. Bien que ce mouvement occupe un espace électoral qui fut jadis le nôtre, il n’y a pas de vases communiquant entre lui et nous. »
Que dire de cette affirmation si ce n’est un truisme .
Nous sautons à pieds joints sur la seconde « raison » qui mérite aussi développement mais on pourra y revenir et passons à la conclusion :
• « Porter en toutes circonstances l’exigence de rassemblement. Et cela, dès les européennes, en proposant et travaillant à des listes coordonnées à l’échelle européenne, avec LFI et toutes les forces de transformation sociale possibles. Nous pouvons pour cela :
• impulser partout la création d’assemblées citoyennes visant cet objectif, et qui poursuivraient leurs efforts au delà des européennes en vue des élections ultérieures.
• Ouvrir un débat public très large avec toutes celles et tous ceux qui souhaitent la convergence de toutes les forces de transformation sociale dans un Front commun.
• Retrouver les conditions d’un débat politique serein avec LFI, en proposant de sortir de la logique de confrontation et de petites phrases.
• S’appuyer sur les tentatives récentes de LFI d’ouverture à gauche en proposant officiellement de discuter de la création d’un Front commun pour battre les forces néolibérales, la droite et l’extrême droite. »
On est un peu médusé devant la première proposition : on ne sait pas ce que sont « des Listes coordonnées » au niveau européen . FI n’en veut pas et le PCF a d’emblée exclu pour CES élections une alliance quelconque avec le PS pour des raisons évidentes ; mais on doit aller beaucoup plus loin : le positionnement de FI pour CES élections est le symétrique du PS ; ce dernier accepte tout de la construction actuelle de l’UE , FI se noie dans la valse-hésitation entre plan A et plan B , le premier n’étant que le cache sexe du second . La liste impulsée par le PCF aura et a déjà un tout autre cahier des charges à commencer par l’Immigration . Voulons nous rendre le paysage confus ? Un peu d’antieuropéisme ici , un zeste de refondation là ? Le début de la proposition ne résiste pas à l’examen .
Ce n’est pas que nous cherchions à établir des cloisons étanches ; il y aura des convergences pensables et d’autres non ; des actions communes au PE surement ; mais c’est grandement anticiper sur le possible aujourd’hui que de chercher à tout prix « des Listes coordonnées » . On ne sait pas mais c’est secondaire QUI COORDONNE ET COMMENT .
Le texte reprend une formule qui à mon sens est usée jusqu’à la corde : « L’union est un combat » ; cette façon de voir A GAUCHE est un désastre à mes yeux et je le redis : » A GAUCHE l’UNION EST UN DEBAT » .
A GAUCHE…le mot fatidique est prononcé ; la seule fois où le texte sous examen le prononce est dans la référence – NOUVELLE – à l »ouverture à gauche » de FI , ouverture qui comme chacun sait ne nous vise aucunement .
• La suite des propositions est un condensé outranciérement simplificateur de la démarche envisagée par le Projet de Base Commune . Il s’agrémente de vœux sympathiques et pieux ; ce n’est pas en nous enfermant à nouveau comme cette Contribution l’envisage dans un tête à tête entre FI et le PCF que nous pouvons contribuer à sortir de la situation que nous connaissons ; c’est une démarche qui nous a empoisonné des décennies avec le PS et dont nous ne sortons qu’à grand ahan . « Retrouver les conditions d’un débat politique serein avec LFI, en proposant de sortir de la logique de confrontation et de petites phrases. »
Qui peut bien ne pas applaudir ? Pour que ce vœu pieux pour le moment ait la moindre chance de se réaliser il faut que le mouvement populaire dise son mot , façon de parler ; c’est de ce MOT que tout dépend ; il s’agit de LIBERER L’INITIATIVE POPULAIRE, pas l’enfermer dans un nouveau carcan .
Ce n’est sans doute pas un hasard si cette « contribution importante » se situe dans la problématique du texte à vocation alternative « Printemps » ; mais ce serait polémiquer que d’attirer l’attention sur cet aspect et nous nous tiendrons pour le moment aux considérations qui précédent sans prétendre avoir le dernier mot .

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