LA NUIT TOMBE

Il était une fois, il y a très longtemps un royaume de Danemark ; et comme sur tout royaume régnait un Roi ; celui-ci avait un frère ; lequel rongeait son frein , le cœur rempli de haine .Il eût voulu être Roi à la place de son frère ; aussi l’assassina-t-il ; en ces temps reculés, les hommes craignaient Dieu , le Diable , la foudre ; le monde hostile les effrayait .

 

                                                                         LA NUIT TOMBE.

 

Il était une fois, il y a très longtemps un royaume de Danemark ; et comme sur tout royaume régnait un Roi ; celui-ci avait un frère ; lequel rongeait son frein , le cœur rempli de haine  .Il eût voulu être Roi à la place de son frère ; aussi l’assassina-t-il ; en ces temps reculés, les hommes craignaient Dieu , le Diable , la foudre ; le monde hostile les effrayait ; commettre un meurtre provoquait un sentiment chez le pire criminel , le remords ; « erbarmlos » , sans pitié , n’existait pas encore ; les SS l’inventèrent  ;  sur la tombe encore fraîche de celui qu’il venait d’assassiner dans son sommeil , le Roi félon fut soudain saisi de remords ; il crut laver son âme souillée par la prière ; mais celle-ci ne parvint pas à franchir ses lèvres et il s’écria :

 

« La prière qui ne vient pas du cœur ne monte pas au ciel ».

 

Ainsi parla William Shakespeare dont l’œuvre entière est une longue méditation sur le pouvoir.  

 

Sur ce qui s’est passé hier, je n’ai rien besoin d’ajouter. William Shakespeare a tout dit.

 

Les député(es) sortant(es) du PCF et du Front de Gauche seront réélu(e)s ; on cherche vainement les raisons pour lesquelles ils et elles ne le seraient pas. Jour après jour, heure après heure, ils et elles labourent leur circonscription, il est douteux qu’une seule famille ne leur soit pas connue ; il est douteux qu’un(e) seul(e) de leurs concitoyen(ne)s en ignore le nom. Un(e) député(e) PCF ou Front de gauche n’est pas « Mr ou Mme le – la Député(e) » ; c’est NOTRE député(e).   Il est d’autres député(e)s dévoué(e)s mais seul(e)s celles et ceux du PCF Front de gauche ont droit d’être appelé(e)s ainsi.

 

La tragédie d’hier n’a donc rien à voir avec une sorte de crainte imbécile qui verrait le PCF trembler de peur de voir tomber ses sortant(e)s. Et il est même possible qu’il en gagne d’autres.

 

Ce qui s’est passé hier par contre exclut – si rien ne change – que, à l’Assemblée nationale  issue des élections de Juin , une imposante cohorte de député(es) d’une gauche de combat soit en mesure immédiatement d’empêcher ou d’enrayer le désastre programmé par la petite bande de corbeaux sur la plaine  environnant Gatsby le Magnifique dont l’unique crainte résidait justement là : avoir remporté une victoire à la Pyrrhus .

 

La colère des dirigeants du PCF ( ils ne seront pas seuls !)  ne s’explique que par les conséquences tragiques et prévisibles pour des millions de nos concitoyennes et concitoyens ; le PCF était prêt à tout, pas à manger son chapeau,pas à une soumission  ce qu’il ne demandait à personne au reste. C’était peine perdue. Une longue nuit va tomber sur la gauche de France ; les communistes seront en première ligne pour rebâtir ; n’en doutons pas ; il demeure que la nuit sera longue et l’aube lointaine.

 

Existe-t-il dans le vocabulaire français un mot, un seul pour dire les choses ? Aveuglement ? Inconscience ? Qui ne voit que ces mots sont à des lieues de la réalité ?

 

Un accord même minimal eût laissé de côté les tombereaux de haine recuite qui abreuvent les réseaux sociaux et autres lieux publics ; ces tombereaux avaient donc un sens. Ceux et celles qui les portent seront allé(e)s jusqu’au bout de la nuit.

 

« LA PRIERE QUI NE VIENT PAS DU CŒUR NE MONTE PAS AU CIEL » 

 

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