QUAND LE MONDE RETIENT SON SOUFFLE
Aujourd’hui changement de disque ! Le Grexit – qui reste une option sur la table – on n’en parle plus ; ce dont on parle par contre c’est de la prétendue « défaite » de G Tsipras lequel « aurait mangé son chapeau ». MAIS CE QU’ON NE DIT PAS est que maintenant, CE QUI EST SUR LA TABLE c’est LA RENEGOCIATION DE LA DETTE GRECQUE ; or de cela, il y a 24 heures A Merkel et d’autres salopards ne voulaient pas entendre parler. On dira plus loin ou dans un autre billet ce qu’il faut penser de F Hollande et du gouvernement français.
Pour le moment , les termes sont les suivants ; G Tsipras armé du vote grec a su comprendre qu’il fallait déplacer les curseurs ; jusque-là , il ne s’agissait que de mesures financières de survie immédiate ; ses ennemis , c’est-à-dire, répétons – le, toutes les forces du capital européen coalisées ne voulaient rien entendre ; saigner le peuple grec de quelque façon que ce soit et la pire étant le GREXIT , était leur seul Crédo ; G Tsipras a su analyser deux facteurs ; d’une part, la puissance des forces opposées à toute relance de l’économie grecque , d’autre part une opinion européenne peu favorable – un soutien encore trop faible - ; la conséquence était évidente si on comprend à peu près des enjeux planétaires : ou bien la réédition des propositions grecques précédentes et l’occultation des enjeux énormes devant l’opinion grecque et européenne d’un GREXIT ; c’était la voie du suicide . Mais c’était surtout pour le peuple grec la pire solution ; ou un changement de pied radical portant la question de la dette grecque – dont le gouvernement actuel grec n’est en rien responsable au centre de la question ; mais cela supposait de nouvelles concessions et des concessions qui ne soient pas cosmétiques ; ce changement de pied ne peut pas être sans coût politique ; nous verrons si le peuple grec peut comprendre qu’au lieu d’une reddition en rase campagne G Tsipras a d’abord et avant tout défendu jusqu’au bout ses intérêts en lâchant du lest sur le court terme et en misant sur le plus long terme ; sans renégociation de la dette c’est le garrot au sens propre et le GREXIT seule issue. S’il y a renégociation de la dette- c’est aujourd’hui le plus vraisemblable et hier encore, je le souligne à nouveau, ce n’était pas le cas, loin d’une défaite, c’est une immense victoire contre les banksters et les criminels de l’Union Européenne ; certes le peuple grec aura encore à souffrir mais souffrir n’EST PAS MOURIR ; et de plus le TEMPS joue contre cette politique insensée dans l’UNION Européenne ; rester dans l’UE , dans de telles conditions donne au gouvernement grec une influence nouvelle , une aura nouvelle ; chacun peut mesurer que le peuple grec s’est donné des dirigeants d‘immense envergure ; on ne le verra pas aujourd’hui peut –être mais demain , après-demain ; rester après avoir combattu de façon spectaculaire c’est déjà un affront aux forces du capital qui voulaient et LE GREXIT ET LA TETE DE TSIPRAS ; ils n’auront ni l’un ni l’autre .
Sans doute le déferlement des divisions médiatiques tentera de faire croire au peuple grec que, après avoir demandé et obtenu un appui populaire massif, Tsipras s’est couché ; qui peut le penser ? Dès lors qu’un accord intervient sur la dette immonde et injuste, c’est le peuple grec qui peut à nouveau vivre et travailler, respirer. Et le gouvernement Tsipras, s’il y perd momentanément des plumes( il n’existe pas de grande bataille gagnée sans pertes pour le vainqueur , encore faut-t-il qu’elles soient minimes , en tout cas MINIMISEES ) – et c’est à voir – saura faire pour regagner le terrain politique perdu. C’est là une GRANDE VISION et à ce stade, ce n’est pas acquis.
Restent à considérer quelques petites questions ; quelle différence entre le comportement des forces liguées pour obliger la Grèce à partir et accrocher la tête de Tsipras au bout d’une pique et celui des hitlériens d’hier ? En dépit de tout et du sentiment de dégoût qu’ils inspirent, tous sans exception, les Lagarde, les Juncker et les Dissjenbloem, les Schäuble, les Merkel et j’en passe, tous, à leur façon, celle des brutes et des salauds derrière un bureau, FONT DE LA POLITIQUE, plus exactement, G Tsipras les aura CONTRAINTS À EN FAIRE. La différence est là et seulement là. Dans un cas semblable, les hitlériens auraient décidé l’annihilation physique. La force armée aujourd’hui ne décide plus de grand ’chose, la POLITIQUE, SI.
Prononcer des DIKTATS en se parant de la démocratie, voilà à quoi sont réduits la bande de laquais de la haute finance.
Et quel rôle celui du gouvernement français et de son Président ? Peu glorieux en tout cas, mais ce ne fut pas de sa part l’hallali ; comme prévu, mais dans des conditions moins bonnes pour le peuple grec que prévues ici dans ces notes d’un citoyen ordinaire , Hollande va tirer les marrons du feu ; il les tirera doublement ; si G Tsipras était resté sur sa ligne de départ, il perdait à coup sur l’appui d’une branche pourrie , mais une branche, et on ne fait pas la fine bouche dans un cas semblable ; Hollande se donnera le beau rôle alors qu’il n’y est quasiment pour rien- mais il aurait pu jouer le pire- et surtout il sauve ainsi les apparences pour poursuivre le cours libéral de sa politique et demander un second mandat .Mais la France est la France et bien malin qui peut dire où nous en serons en 2016 lorsqu’il faudra dire autre chose que des contes de fées face à une droite déchainée.
Jamais on ne dira assez l’intensité de la bataille qui est en passe d’être gagnée STRATEGIQUEMENT par le gouvernement grec. Le monde retient son souffle mais Tsipras est déjà entré au Panthéon de l’Histoire.