CE SOIR LA

CE SOIR-LA…….

Avertissement : ce billet a largement été écrit bien avant d’être posté ; diverses questions y inclus d’ordre personnel m’ont empêché de terminer comme je l’aurais souhaité sa rédaction en temps et en heure  ; c’est chose faite même si cela peut apparaitre « décalé »

Lorsqu’il passa la porte de l’immeuble glacial et tout en vitres teintées de l’Euro groupe, on l’introduisit dans la salle de réunion où quatre molosses lui montrèrent aussitôt les crocs ; qu’il s’agisse de la Slovaquie , de la Finlande , de la Lettonie , de la Pologne , tous aux ordres de l’Allemagne , tous  lui firent comprendre ce qui l’attendait ; A Tsipras s’assit ; on lui montra « les  instruments » c’est-à-dire le nouveau mémorandum ; A. Merkel avait son sourire équivoque ; ses chiens de garde la dispensaient de parler ; W Schäuble lui décocha un regard qui signifiait » Und jetzt, Herr Tsipras , sprechen Sie endlich deutsch ? » ; Tsipras ne put de toute la réunion croiser celui de F Hollande qui regardait ailleurs ; quant à M Sapin , il était livide, mais c’était peut-être à cause de la lumière blafarde de la pièce . A. Tsipras fit mine de lire le document et pensa :

« Je leur jette cette ordure à la tête et je m’en vais ; bien. Qu’arrive-t-il ensuite ? Dans la minute où je sors, les téléscripteurs s’agitent ; la BCE envoie ses ordres aux banques grecques qui immédiatement placardent sur  leur devanture «  défaut de paiement  jusqu’à nouvel ordre ; aucune opération bancaire possible   » ; la nouvelle se répand aussitôt à Athènes et dans toute la Grèce ; les gens commencent à accourir de toutes parts et se rassemblent devant le Parlement Grec où les députés ont du mal à parvenir ; la Station Sto Kokkino est mise à sac par les nervis d’Aube Dorée , ainsi que la télévision nationale qui arrête ses émissions ; bien avant de pouvoir mettre le pied sur le sol grec , je n’ai plus de moyens de communications . Toute la presse internationale sort une édition spéciale «  La Grèce en faillite » ; F Hollande est rentré précipitamment à Paris et avant la revue du 14 Juillet, avant même que je ne mette le pied sur le sol grec ,  fait une brève déclaration : « A mon grand regret, A Tsipras a été intraitable et refusé tout compromis ; les règles européennes doivent s’appliquer ».

Dans les rues d’Athènes, et pas seulement chez les petits commerçants, la panique se transforme en colère : « Nous n’avons pas voté NON à l’austérité pour ça ! Tsipras a sacrifié la Grèce ; dehors Tsipras ! » De petits groupes de militantes et militants de Syriza essaient vainement de se faire entendre ; ils sont littéralement balayés. Les syndicats sont sous le choc ; les salaires, les retraites  ne seront pas payés et jusqu’à quand ?  ……… «  

Tout en feuilletant machinalement le document, A Tsipras respire un grand coup : «  Calme- toi, tout n’est peut-être pas si noir ; la Vouli pourrait décréter l’État de Siége….  mais ça servirait à quoi ? C’est la Vouli qui est assiégée par le peuple grec ; en quoi cette déclaration pourrait faire rouvrir les banques ? Qui peut savoir quelle sera l’attitude des Forces Armées Grecques ? Une situation comme ça se prête à un putsch. Qu’on ne vienne pas chanter au peuple grec le refrain de la « résistance » comme nombre de français de gauche des beaux quartiers m’en rebattent les oreilles ;   la Guerre Civile , le fascisme en Gréce ne sont pas des romans …. « 

A Tsipras se souvient des discussions avec Y Varoufakis ; aurait-il fallu mettre en œuvre la fabrication accélérée de billets de banque temporaires et les mettre aussitôt en circulation ? A Tsipras s’était opposé à ce scénario ; pour qu’il puisse être mis en œuvre il eût fallu l’annoncer plusieurs semaines à l’avance et publiquement ; le peuple grec devait être mis dans le coup ; or ça c’était justement exclu ; mais se priver de la participation populaire c’était courir à l’échec ; qui aurait pris ces billets sans valeur ? D’un autre côté, rendre ce dispositif public, c’était semer la confusion ; que veut le gouvernement Tsipras ? Sortir de l’euro ? De quel poids pouvaient être pareilles mesures ?   Cela signifiait avoir deux fers au feu ; négocier pour la forme et préparer la sortie de la Grèce de l’Union Européenne sur le fond. Jamais le peuple grec n’aurait accepté pareille tromperie. Ce n’était pas pour ça qu’ils avaient voté à 61% OXI .   

Nationaliser le secteur bancaire ? Ça ne faisait pas partie du programme sur lequel Syriza avait été élu ; mais même en admettant  que nécessité fasse loi, il ne suffit pas de décréter la nationalisation du système bancaire ; il faut mettre en œuvre ce décret ; avec quels moyens ? Toute l’Administration grecque est celle des régimes précédents ; on ne change pas les habitudes mentales en un tournemain ; les six mois de gouvernement auraient-ils suffi ? On peut en douter ; la Droite galvanisée aurait crié à l’économie administrée ; Aube Dorée aurait agité la peur du « communisme » etc……. «  A Tsipras revit toutes les discussions avec son Ministre des Finances ; il se convainquit facilement que ce choix n’était pas possible ; il ne l’était surement pas dans les circonstances présentes mais pas non plus avant.  A Tsipras continua de feuilleter le mémorandum ; dans la salle un silence pesant s’était établi ; la réflexion d’A Tsipras durait depuis une demi-heure ; il décida de prendre son temps ; il n’était pas pressé.

Il songea «  Toute la question est la réouverture des banques , cahin – caha , mais leur réouverture, si je claque la porte ; pour cela , il faut des fonds ; le FMI fermera sa porte à tout emprunt même usuraire ; la BCE , n’en parlons pas ,les marchés financiers refuseront l’achat de titres grecs ; au Parlement Européen il y aura du bruit sans doute … Il se souvint de son passage récent devant le PE ; une grande partie des députés le trouvaient sympathique bien au-delà de ceux qui lui étaient acquis mais s’il claquait la porte , que resterait-il de cette sympathie ? Tsipras aurait refusé tout compromis, voilà ce que les députés retiendraient ; le GUE serait complétement isolé, ne disposant pas des termes du document et la majorité ne pouvant se faire à l’idée d’un « coup financier » aussi énorme. »

 Il continua : » La Russie pouvait-elle être un recours au moins temporaire ?   Il avait rencontré V Poutine ; les relations étaient plutôt bonnes mais  cela ne mettait pas un kopeck dans les caisses des banques grecques ; au reste, V Poutine n’avait fait aucune avance de ce type à la Grèce ; ce n’était apparemment ni son intention ni son intérêt ; A Tsipras avait suivi attentivement l’affaire ukrainienne ; sur ses frontières, la Russie avait mis 15 Milliards d’euros sur la table. La Grèce avait besoin de plus de 80 milliards ….. Et à supposer que V Poutine soit disposé à prêter 15 milliards d’euros à la Grèce ……. Cela faisait aussitôt de la Grèce un client de la Russie …….. Ce n’était pas l’intérêt de la Russie qui avait d’autres chats à fouetter  mais ce n’était surement pas l’intérêt de la Grèce ; l’économie grecque travaillait avec la zône Euro, pas avec la Russie ; le changement de pied aurait aussitôt crée des problèmes géopolitiques considérables et de plus le peuple grec n’aurait jamais accepté de devenir un assisté de la Russie encore moins avec V Poutine qu’avec l’URSS qui avait lâché la Résistance grecque en son temps «.

A Tsipras était maintenant convaincu ; ce qui était indispensable  c’était que les souffrances du peuple grec soient allégées même de façon minime, il fallait que les banques grecques ouvrent le 14 Juillet, il fallait que l’économie grecque puisse repartir, en un mot il fallait gagner du temps sur le temps.

A Tsipras reprit le document depuis le début et parla ; il discuta chaque mot,  chaque virgule ;  en face, ses interlocuteurs ne bougeaient pas ; A Tsipras parla alors de la dette ; ses interlocuteurs comprirent ;  le deal s’esquissait. En face de lui , il vit les esprits s ‘agiter en tous sens ; la dette, on pouvait toujours promettre, ça n’engageait à rien ; par contre, si Tsipras, avec quelques modifications – histoire de dire – signait ce document, il signait en même temps son arrêt de mort politique ;   et ça, ça valait de l’or. Mais A Merkel ne voulait pas que Tsipras s’en tire à si bon compte en donnant le sentiment qu’il y avait eu une négociation et pas une reddition sans condition ; elle sortit avec F Hollande qui lui fit un dessin : le Grexit c’était le chaos en Grèce et la fin de A Tsipras mais c’était aussi le chaos dans la zône euro ; si Tsipras signait, c’était aussi sa fin politique mais sans les inconvénients ; il ne fallait pas le laisser reprendre l’avantage sur la question de la dette ; personne dans l’Euro groupe n’était dupe ; promettre n’est pas tenir    . Quand ils rentrèrent, la chose était pliée.

 A Tsipras rentra à Athènes ; les médias occidentaux avaient déjà sonné l’hallali : « Tsipras s’est couché, Tsipras a capitulé » ; un tweet circula  dans les médias grecs «  # this is a coup » ; mais dans ses propres rangs, les ravages commencèrent. Syriza se scinda ; à la Vouli ,  la  présidente du Parlement Zoé Konstantopolou démissionna en criant à la trahison ; plusieurs députés de Syriza firent de même. Y Varoufakis se mura dans une attitude hautaine et méprisante et évoqua son plan B refusé par Tsipras. La Grèce était sauvée, mais le prix politique exorbitant.

Un moment, il douta. Toutes ces années passées à faire grandir un mouvement nouveau, dégagé des dogmes anciens, mais intégrant ce que le sang et les larmes des martyrs du peuple grec avaient produit de plus pur, allaient- t’elles être réduites en cendres ? Les gnomes de Berlin et d’autres capitales européennes finiraient donc toujours par imposer leur loi à la volonté populaire déjà exprimée deux fois ? Des amitiés soudées dans les combats de mois entiers étaient détruites ; se pouvait-t-il qu’il se soit trompé à ce point ? Une fois de plus il revisita tout. Une fois de plus, il passa tout en revue ; non rien à faire, claquer la porte c’était l’ouverture vers le gouffre pour la Grèce et son peuple. Il se ressaisit soudain ; si c’était la volonté populaire   de voir s’achever dans la déroute la seule expérience de gauche dans une Europe minée par une crise sans fin, elle devait s’exprimer clairement : des élections étaient le seul moyen de tirer cette question au clair et il décida. Au fond l’expérience passée était utile : jusque-là, quand un gouvernement déplaisait, on s’en débarrassait comme au Chili….. Mais le mythe de l’Union européenne excluait ce type de solution ; écraser la Grèce dans le sang eût eu des conséquences sans fin pour les gouvernements dont la boussole était la thérapie de choc ; aussi avaient-ils pensé que l’arsenal technique bancaire et financier suffirait : le garrot, c’était sans risque. A Tsipras songea que dans les batailles, il n’y a pas de victoire sans l’infanterie ; les ressorts du capital financier avaient porté un coup terrible mais ces mêmes ressorts ne décidaient pas de ce que pensait réellement le peuple grec. Et si, lui, A Tsipras ne recourait pas à son intervention directe, cela voulait dire que réellement il avait capitulé.

Les élections furent annoncées pour le 20 Septembre ; la Grèce disparut alors des médias français ; elle avait tout simplement cessé d’exister ; L Delahousse s’étonna le 20 au soir que soudain la Grèce qui avait « mis l’Union Européenne en apnée » quelques mois plus tôt se retrouve aujourd’hui face à une « indifférence générale » ; le bon apôtre ! Comme si les médias français n’étaient pour rien dans cette « indifférence « ; il s’agissait de « faire oublier la Grèce »  et « on » s’y employa ; puis dans la semaine précédant le vote grec nous eûmes subitement droit à tout ; une droite au coude à coude avec Syriza ; l’éclatement de Syriza, une population désabusée ; tout sauf l’enjeu. Les médias grecs eux, ne se trompèrent pas ; faire battre Syriza devenait possible ; on joua de tout à nouveau.

Pendant ce temps dans la gauche française un débat enfla ; c’était une lecture française de ce qui s’était produit à Syriza ; après tout, Syriza était une formation grecque, pas française ; personne n’interdisait à quiconque de se situer dans ce qui animait la gauche grecque mais au moins devait- t-on le faire à partir d’éléments réels et non a partir d’a priori « stratégiques » dont certains, bien que soi-disant très marqués à gauche, allèrent soudain au caniveau.

La lecture française de ce qui s’était produit à Syriza souffrait de biais divers ; le premier de tous était que ce qui agita une partie de Syriza n’était pas du tout la question «  Euro ou pas Euro » même si cette question avait un certain poids mais l’essentiel était de savoir si le programme sur lequel Syriza avait été élu avait été trahi par A Tsipras ; la scission interne conduisant à un nouveau parti «  Unité Populaire » se fit d’abord sur cette base.

Et cette même question devait nécessairement agiter une partie de la population grecque qui avait toutes raisons de ne pas comprendre immédiatement comment un vote populaire à 61% contre tout mémorandum austéritaire avait abouti à un « accord » le 13 Juillet.  A Tsipras ne resta pas immobile devant cette question et dans une longue intervention à la chaîne « proche «  de Syriza , Sto Kokkino , il exposa très en détail ce que sous une contrainte terrible il s’était résolu à accepter «  sans y croire » ;  même si ce long entretien montrait que A Tsipras avait assimilé en profondeur les expériences révolutionnaires antérieures , citant Lénine à propos de Brest –Litovsk,  et pas pour en faire un morceau de rhétorique politicienne , on ne pouvait pas imaginer une seconde qu’une large partie de l’opinion populaire grecque allait se pénétrer de son discours ; pour cela il eût fallu un parti en mesure de s’en faire l’écho approfondi………… Syriza était jeune, peu expérimenté, traversé par des courants divers et en proie à une scission qui pouvait coûter cher. De ce fait, l’enjeu de ces élections était très élevé ; à cause de la campagne des médias de droite beaucoup pouvaient considérer que dorénavant si Tsipras avait accepté ce que la Droite grecque n’avait cessé d’envisager, autant laisser à celle –ci le soin de reprendre les rênes.

Mais une fois de plus, ce n’est pas ce qui se produisit, la victoire de Syriza contre ses adversaires fut éclatante en dépit de tous les pronostics ; la droite grecque fut battue encore plus nettement qu’auparavant ; toutefois Syriza perdit aussi des  plumes. Mais c’était minime ; la scission des irréductibles qui formèrent aussitôt un nouveau parti fit 3% ; c’était assez pour priver Syriza de la majorité absolue  à la Vouli mais somme toute, c’était le prix à payer. Y Varoufakis qui déclara urbi et orbi y inclus à la Fête de l’Humanité qu’il ne choisirait pas,  déclara, à la veille du scrutin qu’il appelait à voter pour le nouveau parti ;  celui-ci tenta une alliance avec le KKE, lequel fidèle à lui-même refusa, c’était lui ou rien ; ce fut « RIEN ».

Le prix politique ce fut AUSSI une abstention plus forte notamment dans la population la plus jeune.

N’y a-t-il vraiment aucune leçon à tirer de tout cela ? On pourrait le croire ; la Grèce a à nouveau disparu des radars français ; un éditorialiste de Nice Matin pas encore très connu se crut permis d’ironiser : » le peuple grec a choisi entre l’austérité et l’austérité ……….. plus humaine, plus équitable mais l’austérité « . Le bon sire ……… Supposons que l’austérité version Tsipras soit  seulement « plus humaine, plus équitable »  ce serait déjà une excellente raison …. Mais de la dette chez ce plumitif rigolard il ne fut pas question ; or c’est justement la partie B de ce qu’a obtenu Tsipras ; un engagement – à concrétiser – de rééchelonner la dette et en attendant un financement à hauteur de 86 milliards d’Euros au lieu de misérables   5 milliards prévus antérieurement ; laissons temporairement agir le gouvernement Tsipras II .

Pendant 6 mois, hors des enceintes parlementaires nationales et singulièrement en France et en Allemagne, on ne peut pas dire « Rien » mais peu s’en faut. Les intellectuels de la gauche radicale en France « supputèrent » à qui mieux mieux ; toute la discussion se tourna vers « Euro ou pas Euro » ; c’était facile, technique, donc d’apparence savante mais   complétement à côté de la plaque ; le lendemain de l’élection du 20 /09, toujours dans Nice Matin une interview de JL Mélenchon soi-même osa : » On paie parfois cher la fidélité à ses convictions » ; il parlait évidemment du résultat de la scission « radicale » de Syriza.   Ce qui nous amène à une question fondamentale : hors de la volonté populaire majoritaire, il n’existe aucune place pour quelque plan B que ce soit.

Il se trouva que le lendemain à Nice je participais à une Conférence – Discussion avec Shlomo Sand sur un tout autre sujet et n’ayant que peu de temps d’expression , je ne pus que m’opposer de façon fruste à l’évocation venue du public d’un État unique multinational en disant que , avant de faire des plans il fallait peut être savoir ce qu’était la VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE dans ce cas et que justement ni les israéliens ni les palestiniens dans leur immense majorité ne voulaient d’un seul État ; ma stupéfaction vint de Shlomo Sand lui-même qui critiqua vertement ce « concept » de VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE ; à ce compte s’écria-t-il , Marine le Pen EST AUJOURDHUI la volonté populaire majoritaire en France ! Cette volonté est telle aujourd’hui et peut changer demain ; elle est parfaitement volatile et ce serait là une référence à abandonner.

Comme mon interlocuteur de Nice n’est pas n’importe quel plumitif, on comprendra que ça vaille la peine de s’expliquer : la VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE existe et se manifeste non seulement mais AUSSI lors des scrutins même si ceux –ci sont largement faussés ; quand le peuple Français VEUT chasser Sarkozy, il LE FAIT ;  quand il veut dire NON au traité de Maastricht ,  il le dit ;  ensuite, hors de ce fait MASSIF, il faut comprendre ce qui la cristallise, ladite VOLONTE.

Par exemple, le même peuple français est profondément mécontent de la politique menée par F Hollande ; ceci est UN AUTRE FAIT ; on ne voit pas pourquoi le PS perdrait tous les scrutins si ce n’était pas le cas ; mais le MECONTENTEMENT POPULAIRE MAJORITAIRE ne DEFINIT PAS UNE VOLONTE ; et , en l’absence de réponse ESTIMEE CREDIBLE à ce mécontentement il peut y avoir une tentation de VENISE , c’est-à-dire l’abstention populaire et donc une montée en flèche du FN, lequel capte un vote d’extrême droite, INTERCLASSISTE, auquel se mêle la cas échéant un vote Minoritaire d’anciens  électeurs SOCIALISTES ; c’est un vote POPULAIRE mais à ce jour RIEN NE TRADUIT qu’il s’agit de LA VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE  .   

Shlomo Sand ne s’en tint pas là ; il s’écria qu’un tropisme caractéristique des communistes était de croire que « le peuple a toujours raison » ; je ne sais pas où il prend ça ;  pour le moment je ne vois que Sarkozy  pour s’exclamer à tout propos que «  par définition les français ne peuvent pas se tromper « ; il n’y a aucun « tropisme communiste » chez Sarkozy ……..

En tout cas, le « peuple n’a PAS TOUJOURS RAISON » c’est là une chose assurée MAIS ce n’est pas du tout pareil que la VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE ; cette dernière ne tombe pas du ciel et ne se manifeste pas sous l’empire de divinités. Elle est toute entière CONSTRUCTION.

Une telle CONSTRUCTION procède de l’action des PARTIS POLITIQUES et d’autres facteurs mais comme le premier est constamment relégué au second plan il est utile d’en parler.

LES PARTIS POLITIQUES constituent le cauchemar de la DROITE et de l’EXTREME DROITE et ce n’est pas un hasard ; se plier à leur nécessité est incontournable mais est considéré comme une gêne ; il n’est pas utile de nous y étendre ; un cauchemar voisin mais pas identique hante le PS. C’est beaucoup plus important.

Le PS ,quel que soit son itinéraire futur,  ne peut pas exister sans un parti ; ses rites cultivés depuis des décennies font que ledit parti se dote de documents importants et qu’en même temps , les mêmes rites érigés en principe , font que dès lors qu’il accède au pouvoir , le parti est piétiné ; il peut l’être de façon diverse et JC Cambadélis le premier voit la contradiction tout en étant incapable de la résoudre ; chaque passage au pouvoir décide d’une inflexion nouvelle du parti vers un horizon qui l’éloigne de ses racines de gauche .

Il serait inapproprié  de développer ici comment le PCF voit la question mais en tout cas ,la  VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE devrait être un point de référence obligatoire pour toute personne de gauche et tout parti de gauche ; nos concitoyennes et concitoyens ne sont pas des « moutons » , elles et ils ont LEUR réflexion propre en dépit du battage médiatique .

Si la question qui leur est posée est claire, peu importe comment les différentes forces politiques se sont positionnées auparavant,  nos concitoyennes et concitoyens savent répondre sans équivoque : ce fut le cas sur le Traité de Maastricht et sur bien d’autres questions ; la question de l’abolition de la peine de mort est un autre exemple significatif ; à cette époque , ladite abolition ne semblait pas majoritaire , MAIS LA QUESTION NE FUT JAMAIS POSEE ; elle fut « résolue » par un vote de l’Assemblée Nationale et ce vote se PASSA de l’expression de la volonté populaire majoritaire dont le parti majoritaire au pouvoir se méfia , comme c’est son habitude .

Les exemples fournis par le cas grec sont des étoiles au firmament de l’expression de laVOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE ; le Gouvernement Tsipras I remporta contre toute attente et haut la main les élections ; ensuite , devant une « négociation » qui s’enlisait dans les diktats , il y eut  recours au referendum ; les bons apôtres de l’Union Européenne s’écrièrent que la « bonne question » n’était pas posée ; on aurait dû demander «  êtes-vous pour ou contre le maintien dans l’Union Européenne » ; mais ça , c’était LEUR question et pas du tout celle que devait se poser le peuple grec , pas du tout celle qu’il se posait et A Tsipras ne s’y trompa pas ; aussi obtint -il une majorité écrasante de OXI !

On a vu plus haut le scénario qui s’ensuivit ; que fit A Tsipras ? Décida-t-il comme il eût pu le faire et comme TOUT DIRIGEANT AUTRE dans un autre pays de l’Union l’eût fait,  de dire «  la pilule est amère mais je ne vous demande pas votre avis ; je SAIS que c’est la bonne décision « ; au contraire : il reconnut publiquement qu’il n’avait pas le MANDAT pour poursuivre sans nouvelle consultation populaire , se tourna vers le peuple grec et en faisant campagne  récolta ce qu’il avait semé c’est-à-dire une CONFIANCE renouvelée , pas aveugle , pas dépourvue d’interrogations mais la CONFIANCE , à nouveau, déjouant tous les scénarios qui prédisaient sa fin politique .

Oser « » On paie parfois cher la fidélité à ses convictions » , c’est justement ne pas comprendre que, sans doute, quelque chose dans « vos convictions » heurtent frontalement la VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE ; je ne vais pas faire comme si ce n’avait jamais été le cas du PCF ; nous soutenions l’URSS contre vent et marées et POUR DE BONNES RAISONS mais « ces bonnes raisons » , avec le temps n’étaient plus du tout de nature à être comprises par nos concitoyennes et concitoyens et CES BONNES RAISONS se tournèrent en leur contraire et devinrent de MAUVAISES RAISONS. Nous payâmes très cher « la fidélité à des convictions » qui n’étaient plus étayées depuis longtemps et il était NORMAL d’en payer le prix ; on peut croire à ses convictions mais si c’est là heurter de front la VOLONTE POPULAIRE MAJORITAIRE, il peut devenir indispensable  de CHANGER de conviction ; dans le cas précis, ce changement ouvrit la voie à des changements d’une toute autre portée et nous eûmes l’occasion de mesurer le prix de « convictions » parfaitement hors du temps.  

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