LE BIG BANG nouveau est arrivé : « Le printemps du communisme »

Une lecture sauvage du texte prétendu alternatif au Projet de Base Commune

                                                   LE BIG BANG nouveau est arrivé : « Le printemps du communisme »
A l’université d’été du PCF j’eus l’occasion d’assister à une Conférence introductive aux particules élémentaires ; elle ne me satisfit pas. Mais j’eus l’occasion de répondre à la question « Qu’y a-t-il avant le big bang ? » ; question que tout un chacun se pose un jour ; je répondis que cette question n’avait pas de sens ; le temps et l’espace commencent au big bang ; il n’y a pas d’ « avant » ;la Matière n’existe pas sans Mouvement ; pas de temps ni d’espace sans matière ; j’avais trouvé ça tout seul en y songeant sérieusement et j’étais très fier ; je n’eus pas de contradicteur ; mais en fait , un livre récent me fit découvrir que ma réponse n’était pas satisfaisante : elle est vraie dans le cadre de la relativité générale mais ….Au voisinage du Big Bang , cette théorie ne s’applique plus et on ne dispose de rien qui s’y substitue . On fait toutes sortes de conjectures ; mais pour le moment, rien de sérieux n’existe à cet égard. C’est juste une introduction au propos qui suit.
Au moment où je tentais de me mettre à jour, arriva sur mon écran le texte intitulé « Pour un printemps du communisme » ; une chose pareille, on arrête tout vous comprenez ; je lus. Je résolus de ne rien écrire après avoir lu ; mais un ami cher attira mon attention ; il n’aimait pas ce texte plus que moi MAIS il y trouvait « des choses », des idées qui … En somme céder à mon péché mignon n’était pas de saison. Je relus ; il me fut impossible de m’en tenir à ma première décision.
1 ) Mais comment faire ? Voilà un texte de 23 pages ; il prétend être une base commune alternative à celle encore sous forme de projet – j’y insiste- présenté par ce que les Auteur.es appellent « la Direction » dont nombre d’entre elles et eux font partie. On ne m’en voudra pas de jauger de ce texte non pas à partir de ce qu’on « pourrait en reprendre » mais à partir de l’ambition affichée. Si les auteur.es avaient eu l’idée d’une Contribution, c’était une toute autre affaire ; eux et elles l’excluent ; ils et elles doivent avoir leurs raisons mais puisque telle est leur ambition, se compter , allons-y.
2) Le parcours surprend ; il ne se présente pas comme une réflexion autonome mais par rapport au projet de base commune déjà adopté. Dés le départ , on est averti : tout le texte présenté comme projet est mauvais , jetable ; on n’en peut rien conserver ; certes , les auteur.es trouvent bien ça et là quelques idées qui ressemblent à ce qu’ils et elles expriment mais finalement, non ; ou bien il s’agit de redites , ou bien c’est carrément à côté de la question ; redites ….Rappeler aujourd’hui que la Terre n’est pas fixe , n’est pas le centre de l’Univers est surement une redite ; en ces temps de régression massive intellectuelle , une redite comme celle là mérite déjà l’excommunication sinon le bûcher . Ne parlons pas des débats fondamentaux qui agitent les paléoanthropologues sur l’évolution de l’espèce humaine … Le capitalisme et les formes qu’il prend aujourd’hui ne méritent aucun développement ; le texte- projet enfonce donc sur 22 thèses au moins, des portes ouvertes. C’est pourquoi les auteur.es après avoir asséné que le texte projet de base commune ne méritait pas examen- ils et elles l’ont fait pour nous, on peut se dispenser de sa lecture mais…pas de celle de leur texte qui est censé , lui , offrir enfin quelque nourriture nouvelle à nos neurones fatigués et dissiper par la clarté et l’envolée de son propos les brumes et les cauchemars de nos esprits- ne croit pas bon de consacrer une ligne ni au capitalisme ni à sa crise ; aussi , la chose est-elle centrée sur « communisme » . De ce fait, le capitalisme est déjà dépassé au moins intellectuellement c’est-à-dire dans LEUR esprit. Ils et elles se rendent compte de temps à autre que dans le monde réel c’est un peu plus compliqué ; mais se libérer du capitalisme est simple au fond ; il « suffit » de penser « communisme » ; le texte n’est pas avare de tout ce qui dans la société témoigne de sa recherche d’une autre logique que celle des lois d’airain du capital . On perdrait son temps à faire la preuve que tout ce qu’ils et elles disent à ce sujet en surfant , se trouve in extenso dans le texte projet de base commune mais …avec un certain sens de l’élaboration ;il n’est personne de sérieux pour ignorer que les bases économiques , culturelles , sociales et j’en oublie , pour nous extraire du capitalisme ,existent dans la société actuelle ; il n’est personne de sérieux pour penser que une société nouvelle puisse sortir de la tête de Minerve ou de quelques esprits géniaux ; mais considérer ces prémisses comme un « déjà là » du futur est au mieux une vue de l’esprit ou pire ; on trouve cette mise en garde élaborée dans le texte projet de base commune et c’EST UN VRAI sujet de débat . Mais, puisque celle-ci doit être rejetée sans examen – ils et elles l’ont fait pour nous – qu’importe ?
3) Les auteurs.es ont de plus tout assimilé , tout compris ; ils ont relu K Marx et évidemment Antonio Gramsci mais pas au point de s’interroger sur la validité de la formule « quand une idée s’empare des masses elle devient une force matérielle » ce qu’au vu de l’expérience on devrait – l’idée n’est pas de moi et d’ailleurs je n’ai AUCUNE idée que celle de paraphraser « besogneusement » le projet de base commune, comme chacun sait – transformer en « Quand les masses s’emparent d’une idée , elle devient une force matérielle » , ce qui en change notablement le sens et la portée .
Donc « communisme » ; les auteurs.es ne rejettent pas la chose ; c’est déjà ça. Ils. Elles commencent par dire en long et en large ce qu’il n’est pas . Ce n’est pas seulement le texte projet qu’on déchire mais toute l’histoire antérieure. Dire cela, c’est évidemment s’exposer au bûcher ; le nostalgique pointe son nez. J’ose penser que les auteur.es ne songent pas à démolir la Commune de Paris laquelle fut âprement critiquée en son temps mais il est aussi vrai qu’à l’époque, même si l’échec fut terrible, il n’y avait ni PCF , ni direction du PCF , ni Pierre Laurent à qui s’en prendre( « Pourtant, comme l’idée communiste, celle de révolution nous identifie et nous portons le fardeau des expériences révolutionnaires qui ont échoué à se débarrasser du capitalisme. Souligné par OG ) » . On devine que l’exposé de ce que n’est pas le communisme prend une large place. C’est très utile en effet … d’autant que nous ne l’avons jamais dit et qu’heureusement les auteur.es y ont pensé. Critiquer avec sévérité le drame du siècle dernier n’est surement pas une formalité ; on nous fait la piqûre de rappel tous les jeudis du mois courant ; « songez -y , jeunes gens , le « communisme c’était ça » » . Il est contraire à la vérité que les auteurs.es ne s’emploient pas à nourrir un contrepoint et tentent d’échapper à la critique de proclamations incantatoires ; ils et elles décident que NDL était « un projet pharaonique » comme ils exigent la « sortie du nucléaire » ( certes « progressive » « au profit des « énergies renouvelables » ; pour une part , les auteur.es font comme si ce n’était pas ce que nous disons depuis un moment , pour une autre part , ils et elles font l’impasse sur la politique énergétique allemande ; ils n’ont pas lu Futuribles et la comparaison des deux scénarios ( Négawatt , auquel se raccroche Jean-Luc Mélenchon et Négatep , plus proche de ce que nous disons )) ; de cette façon nous PROUVONS que nous ne sommes pas des « productivistes » . Que telle soit leur opinion ne saurait leur être reproché, que leurs affirmations aillent de soi comme une évidence qui les frappent et qui devrait ainsi frapper tout le corps militant c’est une autre affaire. Je ne ferais pas ici le lien avec la campagne de Jean-Luc Mélenchon, ce serait facile et cruel. Ce dernier axa l’essentiel de sa critique sur celle du « productivisme » dont il fit le fondement de son rejet de …F Fillon ; mais la cause est entendue. Le PCF est productiviste aussi. Il faut être d’une grande naïveté pour penser que ces deux « décisions » nous exonéreraient de l’accusation suprême. Certes, ce serait des « actes » . La question n’est pas au premier chef de savoir où cela nous conduirait mais d’abord de savoir ce qu’en pensent les intéressé.es ; et même cela est infiniment trop court. Qu’est-ce qu’un « projet pharaonique » ? Le LHC – Grand Collisionneur de Hadrons- n’est- il pas pharaonique ? Les chantiers maritimes de Saint Nazaire et leurs vaisseaux géants ne le sont -ils pas ? Arrêtons ITER . Etc. Etc…
Sortir du nucléaire au profit des énergies renouvelables ? Les Auteurs.es tapent du pied ; « seront nous les derniers » ? N’importe quel esprit banal sait que derrière cette question se profilent les appétits du capitalisme vert (l’expérience finit toujours par parler… Vous achetez des panneaux solaires ? Non , vous achetez à pris d’or un CREDIT BANCAIRE ) – ce qui n’est pas un motif pour TOUT rejeter en bloc – et SURTOUT l’AUSTERITE HEUREUSE qui elle , est une toute autre question , vers laquelle s’orientent VERTS , PS , HAMON et …Jean-Luc Mélenchon ; de cela pas question.
DE TOUT CE TEXTE ON NE TROUVERA PAS UN MOT SUR LE DESARMEMENT ET LE DEVELOPPEMENT DES ARSENAUX NUCLEAIRES N’EST PAS DAVANTAGE CHEZ EUX QUE CHEZ JEAN -LUC MELENCHON un « PROJET PHARAONIQUE ». Dans un texte pour le printemps du communisme, il faut avouer que ce n’est pas mal réussi .

4) Tout ce qui précède n’est que hors d’œuvre .
« Sur les 48 « thèses » présentées, la plupart sont la pure et simple reprise d’idées bien connues des communistes et qui font accord entre eux, reprises depuis des années de congrès en congrès : analyse du capitalisme contemporain et exigence de ruptures, confrontation de classes en France et défense stratégique des « acquis », enjeux de la bataille idéologique et objectifs de rassemblement populaire, importance des luttes et de victoires mobilisatrices, nécessité d’une organisation communiste de masse et de l’amélioration de son efficacité, etc. Franchement, là n’est pas dutout l’objet du congrès « extraordinaire » décidé, au vu de la gravité de la situation, pour apporter
des réponses aux questions vitales qui nous sont posées : quelles sont les causes de la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons ? que devons changer de nous-mêmes, que devons-nous inventer et faire de nouveau pour redonner un avenir à notre combat ? A ces questions, le projet de «base commune » ne répond aucunement car il ne les pose même pas. Pour l’essentiel, il propose de continuer comme avant et même, sur la stratégie, de faire un bond en arrière de plus de trente ans. »
« Aurait pu être écrit exactement de la même façon il y a dix ou vingt ans » ! écrivent les auteur.es plus loin ; mais cela résume ce qui précède On se demande bien pourquoi en ces temps reculés nous ne l’avons pas fait . Sans doute est-ce parce que nous étions prisonniers de visions fausses qui contribuèrent puissamment à nous décrédibiliser ….. Le fait est que nous ne l’avons pas écrit , j’ajoute, et pour cause ; « idées bien connues des communistes » ? Je connais des initiateurs de ce texte prétendu « alternatif » dont je suis tout sauf certain qu’ils les « connaissent » telles qu’exposées aujourd’hui . C’est méchant mais après tout …ce qui est bien pire est que j’ai la conviction de l’expérience que ces thèses sont très loin d’être le patrimoine du collectif militant . Affirmer que le communisme frappe à la porte n’a AUCUN SENS hors de la connaissance de l’état réel du monde réel ; le texte qui nous est présenté comme alternatif n’est pas avare de stigmatisation : bien. Mais il se trouve que ladite stigmatisation a un sens. Elle spécule sur un « accord apriori » du collectif communiste ( tout cela est bien connu et/ou fastidieux ) , et selon les auteur.es , on peut donc s’en passer .C’est surement la tentation qui saisira nombre de nos militants.es ; à quoi veut-on donc les amener ? A se concentrer sur ce que les auteur.es appellent NOS problémes fondamentaux c’est-à-dire pour l’essentiel nos reculs et nos « échecs » . Avec cela on est certain d’entrainer la réflexion du corps militant vers deux objectifs simultanés :
1) La recherche de responsables à qui on doit « nos échecs »
2) Et une stratégie qui prétend rompre avec celle qui nous y aurait supposément conduit.
Nos « échecs » - voir à ce sujet ce que j’en ai dit , je n’y reviens pas – doivent être traités . Ce que nous n’avons JAMAIS fait après l’avoir écrit, est une action permanente et déterminée , organisée et impulsée pour que nos compatriotes et en en particulier celles et ceux qui sont les plus frappés et de tout côté par une politique inflexible qu’on m’épargnera de décrire , deviennent co-auteurs et co-décideurs de la politique alternative qui doit être construite et dans laquelle le PCF joue un rôle de ferment CONTRIBUTIF . C’est là le cœur absolu de notre démarche aujourd’hui et c’est elle qui inspire le texte-projet de base commune . Les Auteur.es du texte « alternatif » y sont ils opposés ? Dans les mots évidemment non. Beaucoup des signataires en avaient tout loisir de longues années et ne l’ont pas fait c’est peu dire. On y reviendra.
Ne pas voir que CETTE démarche que nous n’avons JAMAIS prise comme boussole auparavant, est liée de façon déterminante au stade où en est le capitalisme aujourd’hui, est au mieux de la cécité ; on ne décide pas de ce genre de démarche lorsque globalement « on s’en sort » ; et même aujourd’hui ladite démarche pose des exigences que nous ne soupçonnons pas en nous y référant . Nous pouvons penser que le communisme est l’avenir humain depuis des siècles , ça n’en fait pas une tâche politique , les auteur.es le savent mieux que quiconque . Nous pouvons penser que le moment est venu d’extraire l’humanité du capitalisme mais prétendre que c’est vrai depuis des siècles ou seulement même des décennies est au mieux une lubie .
3) Puisque la question de la crise est sans intérêt, que le capitalisme est pour l’essentiel « bien connu » qu’est ce donc qui a de l’intérêt ? La stratégie évidemment. Comprenez la séquence électorale précédente ; là , les choses deviennent plus claires. « Pour l’essentiel, il propose de continuer comme avant et même, sur la stratégie, de faire un bond en arrière de plus de trente ans » ; il faut beaucoup d’audace pour écrire cela mais poursuivons : «Nous pensons au contraire qu’il faut imaginer une construction politique nouvelle assurant la pleine autonomie et liberté d’action de chacune de ses composantes, tout en permettant de faire « Front commun » contre la droite et l’extrême droite. » Signer la Charte de France Insoumise est sans doute un modèle de « pleine autonomie et de liberté d’action pour chacune de ses composante » ………. Doit-on prendre les auteur.es au sérieux après ça ???
« Nous portons notre part de responsabilité dans cet échec. Nous n'avons pas voulu investir pleinement le Front de Gauche et créer les conditions d'un véritable élargissement à celles et ceux qui se considéraient comme Front de gauche sans pour autant vouloir en rejoindre une des composantes.
Nous n'avons pas fait le choix d'une démarche cohérente sur le plan national, donnant à voir une ambition et être identifié clairement. Nos stratégies à géométrie variable en fonction des scrutins et des territoires nous a rendu inaudible. Début 2016 nous avons commis des erreurs d'appréciation sur
la situation politique. Non seulement sur ce qu’était devenu le PS, mais aussi une part de ses électeurs, et l'ampleur du rejet du PS, ès qualité, par l'électorat. Par ailleurs en délaissant le FdG et en privilégiant les frondeurs, nous avons “libéré” un espace où LFI a pu se développer.
Cette erreur d'appréciation sur la réalité politique dans le pays a entraîné un sérieux désaccord stratégique puisqu'alors que la direction de notre parti cherchait un impossible rassemblement de toute la gauche, Jean-Luc Mélenchon voulait une rupture claire avec un PS rejeté par les classes populaires. L’impasse est venue de l’impossibilité d’apporter une solution à ce différend, conduisant à la rupture . »
a) « Nous n'avons pas voulu investir pleinement le Front de Gauche et créer les conditions d'un véritable élargissement à celles et ceux qui se considéraient comme Front de gauche sans pour autant vouloir en rejoindre une des composantes. » Cette phrase est une absolue contre-vérité ou ce qui n’est pas exclu signifie que les auteurs.es considèrent que le « plein investissement » supposait de transformer le Front de Gauche en organisation ; personne ne peut le leur reprocher si tel est leur avis mais qu’ils le disent !!!! En réalité, ils savent que cette prétendue « solution » n’en était pas une . Il ne peut être contesté par personne que de nombreux.ses compatriotes disséminé.es dans toute la France mais nullement de façon homogène et encore moins majoritaire , voyaient l’idée de l’ « adhésion directe » avec faveur . Il serait très long et fastidieux d’expliquer pourquoi c’était une fausse bonne idée. Je laisse VOLONTAIREMENT de côté le chiffon rouge de la « dilution du PCF » . La vérité est bien plus simple ; QUI aurait décidé des contours , du périmétre , du mode de fonctionnement de la dite nouvelle organisation ? QUI sinon un tout petit aréopage qui ne l’était que trop sans cela ( PETIT) ; parlez moi donc d’horizontalité et tutti quanti ……. Le Front de Gauche fut une tentative, pas assez pensée et avec tout un tas de défauts dont le principal n’était surement pas celui qui est pointé d’être « un cartel » . Mais vouloir le transformer en organisation nouvelle, préfigurant le mouvement gazeux qu’est FI, c’était conduire à son autodestruction bien pire que celle qui trouva sa place en définitive . Tout simplement PERSONNE n’y aurait trouvé son compte. Les chikayas de tout ordre auraient dévoré la substance de la chose et in fine en plus le PCF en serait sorti démoli.
b) « Nos stratégies à géométrie variable en fonction des scrutins et des territoires nous a rendu inaudible. Début 2016 nous avons commis des erreurs d'appréciation sur la situation politique. Non seulement sur ce qu’était devenu le PS, mais aussi une part de ses électeurs, et l'ampleur du rejet du PS, ès qualité, par l'électorat. Par ailleurs en délaissant le FdG et en privilégiant les frondeurs, nous avons “libéré” un espace où LFI a pu se développer. Cette erreur d'appréciation sur la réalité politique dans le pays a entraîné un sérieux désaccord stratégique puisqu'alors que la direction de notre parti cherchait un impossible rassemblement de toute la gauche, Jean-Luc Mélenchon voulait une rupture claire avec un PS rejeté par les classes populaires. L’impasse est venue de l’impossibilité d’apporter une solution à ce différend, conduisant à la rupture . »
Il faut à nouveau du cran pour écrire ça . « Nous avons privilégié les frondeurs » ? Quelle imposture ! . Ce n’est pas l’essentiel « Cette erreur d'appréciation sur la réalité politique dans le pays a entraîné un sérieux désaccord stratégique puisqu'alors que la direction de notre parti cherchait un impossible rassemblement de toute la gauche, Jean-Luc Mélenchon voulait une rupture claire avec un PS rejeté par les classes populaires. L’impasse est venue de l’impossibilité d’apporter une solution à ce différend, conduisant à la rupture . »
Discuter ce paragraphe est en soi impossible : il faudrait en reprendre chaque mot ; par contre vient au bout de ce long plaidoyer une simple question : la direction de notre parti recherchait un « impossible « rassemblement de toute la gauche » , « Jean-Luc Mélenchon voulait une rupture claire avec un PS rejeté … » IMPOSSIBLE …. Pourquoi IMPOSSIBLE ? Cet apriori ni ne tient la route factuellement ni ne peut servir pour la suite. Tout a été POSSIBLE, plusieurs fois ; chacun.e ensuite prend ses responsabilités . Etait -ce conforme à notre stratégie ? Evidemment ; une gauche éclatée ne pouvait que sortir démolie ; l’équation était- elle simple ? Sûrement pas ; y renoncer a priori eût pour nous été un désastre ( nous eussions perdu les DEUX groupes ) . Mais ma question simple est la suivante « Jean-Luc Mélenchon voulait une rupture claire avec le PS … » Certes ; que fallait-il donc faire selon nos auteurs.es ? On ne le saura pas. Mais comme leur texte explique que ce que nous recherchions était a priori « impossible » ( même si la description de ce que nous voulions n’est pas conforme à la réalité ) et qu’en outre une « erreur d’appréciation » nous conduisait a privilégier des alliances dépassées ( qu’ailleurs dans leur propre texte ils, elles ne rejettent d’ailleurs pas !!!!) c’est évidemment le PCF le grand coupable . Mais à supposer que nous n’ayions pas fait ce qu’on nous reproche, en quoi cela eût-il avancé le schmilblick ? Les auteurs.es résument la « stratégie » de Jean-Luc Mélenchon à la rupture claire avec le PS ; on se demande ici si ce n’est pas nos auteur.es qui « font une lourde erreur d’appréciation » ; Jean-Luc Mélenchon recherchait un BIG BANG à gauche et il voulait en être le démiurge , comme on peut le voir dans sa dérive actuelle dont on ignore jusqu’où elle ira ; malheureusement dans son cas il y a plusieurs siècles d’histoire sociale et politique ; LE TEMPS ET l’ESPACE ont existé avant lui . Après ce morceau de bravoure, nos auteur.es qui jouent avec le travestissement des positions que nous avons comme PCF défendues de part en part et même avec beaucoup de créativité s’emparent de la question du PCF ( après un passage sur la question européenne qui est au mieux un copié collé du texte projet ce que les auteur.es se gardent de dire !!!pour ne rien dire des incantations qu’ils lancent : il faut et yaka ) et de ses transformations ; je leur accorde que ce n’est pas là que le texte projet est le plus achevé ; et pour cause . D’abord nous ne pouvons pas aujourd’hui transformer comme il serait souhaitable en nous en tenant aux Statuts actuels ; on peut cependant faire beaucoup même dans ce cadre ; prétendre que le texte projet renoue avec la notion de parti- guide est dépasser toute mesure. On les met au défi d’illustrer quoi que ce soit de semblable ; il n’existe pas de communiste qui ne veuille un PCF mieux à même d’être dans le siècle et conquérant… mais justement PAS comme hier. Que disent-ils ? Leurs actes parlent ; on ne peut pas simplement « circuler, rien à voir » ; plusieurs d’entre les auteur.es ont signé la Charte de FI ; je ne vais pas leur mettre nos statuts sous le nez , je pourrais , ce n’est pas l’objet . Cette Charte ne pouvait être examinée qu’au plan national ; le CN la rejeta ; plusieurs et non des moindres en décidèrent autrement ; mais qu’ils nous expliquent alors ce qui peut bien tenir lieu de PCF si chacun adopte le même comportement c’est-à-dire en gros dans tous les sens et n’importe comment ? On ne voit pas ce qui interdit aux uns ce qui est permis à d’autres. Parler ensuite de démocratie , d’horizontalité, de stratégies lisibles et on ne sait plus quoi encore c’est se moquer des militant.es .
Jusque-là j’ai retenu mon clavier : mais trop c’est trop . Il y a dans la littérature scientifique une phrase célébre relative à une publication se voulant la révélation du siècle : « Tout ce qui est vrai est déjà connu et tout ce qui est prétendu nouveau est faux » ; c’est beaucoup trop abrupt évidemment . Si les auteur.es avaient voulu déposer une contribution ( ils tranchent ainsi de la question du salaire unique comme si la chose allait de soi ) on aurait pu sérieusement regarder ; ce n’est pas leur décision et à cause de cette attitude leur texte fera peut-être illusion ici et là mais en faire la base ou le projet d’une base commune du PCF , franchement , il prend envie de marcher à 4 pattes quand on les lit.

 

 

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