BUSINESS AS USUAL

BUSINESS IS BUSINESS ; la gauche au pied du mur

Business as usual

On venait d’apprendre un nouveau meurtre de sang-  froid d’un Noir américain par la police d’Atlanta. D Trump déclara fort à propos qu’il était le Président qui avait fait le plus pour les Noirs. Il en profita pour glisser que Abraham Lincoln « c’était bien mais ça se discutait ».

 En France on retenait son souffle … . « Les sanglots longs des couleurs de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone » , tels eussent  pu être les mots attendus d’une France de retour, libérée , adressant au monde un message de paix, de solidarité , de fraternité comme elle le fit si souvent dans son Histoire .

Auparavant, des bruits ineptes avaient circulé dans les rédactions mainstream ; Catherine Nay, la mieux informée des chroniqueurs de droite envoya ces billevesées par le travers. J’y avais, avant son verdict, accordé quelques méditations. Le verdict était partagé,  pas les   raisons ; elle ne voit pas pourquoi un personnage qui « fait le job » devrait se remettre en question. A y songer un instant, la chose m’était apparue absurde : l’aversion connue de la France pour le risque – entendez celle des banquiers- , le premier d’entre ces derniers n’allait en courir aucun ; avec ce peuple, on ne savait pas ce qui pouvait arriver ; trop de questions majeures avaient été mises en chantier pour les ruiner d’un coup de dé.

Cela étant, le pays était colère, une fois encore. On décida d’assaisonner la stratégie du choc d’une dose d’anesthésique : il fallait tenir encore un peu moins de deux ans ; cet horizon glorieux valait bien une messe. Les éditorialistes mainstream ne s’y trompèrent pas ; sous le propos lénifiant et creux, aucun terrain n’était laissé à la droite et pour cause. Les palinodies timides de Castaner avaient été sans conteste « désavouées » comme le releva le soir même Nathalie Saint Cricq, laquelle, fort diserte de coutume sur les poussières cachées sous le tapis politicien, ne trouva rien d’autre à se mettre sous la canine ce soir-là.

Les flots d’objurgations sur la dette, l’effort nécessaire qui s’étaient déversés la veille avaient reçu une réponse doucereuse mais sans ambigüité ; comme l’avait dit en son temps un responsable de la CFDT : « lorsque la décision  est prise , le reste  est affaire de pédagogie » ; les commentateurs n’y allèrent pas par 4 chemins dès 7 h du matin, mais ma serveuse du petit café où mon retour fut salué avec affection n’avait pas besoin de tels « pédagogues » ; elle , qui faisait le marathon de table en table , toujours souriante , d’une efficacité redoutable , n’avait retenu que cette phrase «  travailler plus » ;  la rage qui l’envahissait à y songer n’était pas à la mesure de mes mots .

Demain sera un « dies irae » …. Mais tout cela ne suffira pas à culbuter une bonne fois « business as usual » ; la gauche est au pied du mur.

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