Visite Inédite à la Révolution chinoise.

Deux biographies jumelles .

 

Visite Inédite à la Révolution chinoise.

 

 

 

Le grand sinologue  et communiste français Alain Roux, qui me fait l’immense honneur de son amitié de longue date  a livré récemment deux œuvres jumelles par leur contenu mais pas du tout par le style ; il s’agit des biographies de Mao Zedong d’une part et de Chiang Kai Check d’autre part ; ce sont deux ouvrages absolument phénoménaux qui resteront des pierres miliaires pour tout communiste ; j’ai commencé le premier et les tribulations de la vie – si j’ose dire – m’ont jusque-là empêché d’en achever la lecture ; quant au second , je n’ai pas pu résister à l’entamer ; on ne peut pas s’arrêter une fois commencé . Les deux ouvrages – je me répète sont prodigieux. C’est un nouveau chapitre dans le genre de la Biographie ; je n’en dirais pas plus pour le moment. Aucun film, aucun visionnage ne permettrait d’atteindre ce niveau de détail dans une Histoire d’une infinie complexité dont l’Auteur maitrise chaque détail.

 

L’extrait qui suit m’est apparu comme relevant d’un « certain intérêt » ; il va de soi que toute ressemblance avec des événements actuels ou des personnages existants serait purement fortuite ……….. etc.

 

Suivant l’Auteur on notera GMD le parti Guomindang et PCC, le parti communiste chinois ; Chiang Kai Check sera noté familièrement Chiang pour la brièveté.

 

« Or au cours des années qui suivirent, les interventions politiques de Chiang, devenu à partir de l’année 1925 un des principaux décideurs du GMD, sont pour le moins déroutantes . Général rouge en 1925 face aux Britanniques et aux militaristes chinois, Chiang s’en prit en mars 1926, lors de l’affaire de la canonnière Zhongshan, aux communistes et aux conseillers soviétiques, puis sembla se réconcilier avec eux durant la première partie de l’expédition du Nord avant de déclencher contre eux en avril-mai 1927 une purge sanglante. L’explication classique de ce comportement se trouve dans « La tragédie de la Révolution chinoise » d’Harold Isaacs et diverses analyses des historiens communistes chinois même s’ils divergent sur les responsabilités des uns et des autres dans le désastre subi par les révolutionnaires. Dès le début de sa carrière politique, Chiang, on l’a vu, était lié au monde des hommes d’affaires chinois dont il défendra constamment les intérêts. C’est par ruse qu’il prit les traits d’un révolutionnaire entre 1922 et 1926, afin de construire une armée soumise à son autorité et d’asseoir sa légitimité sur le GMD. Le 20 mars 1926 il jeta le masque. Il fallut un certain aveuglement à Staline et aux communistes chinois pour se faire encore des illusions, qui seront dissipées tragiquement au printemps 1927. Le régime GMD allait être une dictature bureaucratique et militaire au profit des milieux d’affaires, des compradores et des propriétaires fonciers. Chiang incarnait la victoire provisoire de la contre révolution sur la révolution.

 

Cette thèse classique est discutée depuis un certain temps……..

 

Dans un article paru en 2002, Yan Tianshi, chercheur à l’Académie des sciences sociales à Pékin, pose le problème en termes nouveaux : j’en cite la conclusion «  Il n’est pas juste de voir dans la rupture entre Chiang Kaï Check et le PCC un antagonisme entre la  révolution et la  contre révolution .Il s’agissait plutôt de contradictions au sein du front révolutionnaire qui ont fini malheureusement  par aboutir à une lutte  à mort.  » » PP 83, 84 op cité .

 

Note de l’Auteur du Billet : le passage sauté après « un certain temps » ci-dessus est important pour la suite mais pas pour l’objet du Billet .

 

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